05/02/2014

Naxoo : Décodage d'un dossier miné et d'un référendum biaisé

Dans quelques jours, soit le 9 février 2014, les habitants de la Ville de Genève auront à se prononcer sur la vente de Naxoo à la société UPC Cablecom par leur bulletin de vote.

Pourtant, alors même que le processus démocratique qu'est le référendum n'a pas atteint son terme, la même société UPC Cablecom a écrit à la clientèle de Naxoo en Ville de Genève qu'elle reprend la fourniture des services de TV numérique. Cela au mépris le plus total de la démocratie mais avec la bénédiction du Conseil Administratif de la Ville de Genève, par la voix de Sandrine Salerno, qui ne voit manifestement aucun problème (TdG du 3 janvier 2014 – voir ici) à violer le principe même du référendum qu'est le gel de la décision attaquée tant que la population ne s'est pas exprimée.

En autorisant le transfert du fichier client de Naxoo à UPC Cablecom, Sandrine Salerno a faussé l'ensemble du dossier en ne permettant pas aux différents acteurs de se prononcer sereinement, le tout en refusant d'assumer ses actes vu qu'elle a déclaré dans la presse (TdG du 11 janvier 2014 - voir ici) que "la période est mal choisie et l'action maladroite", elle a pourtant signé en mai 2013, en connaissance de cause espérons-le, une convention autorisant ce transfert de clientèle avec un calendrier précisant qu'il pouvait débuter dès novembre 2013.

Le pilotage politique désastreux de ce dossier va ainsi amener certains à voter non simplement pour montrer une mauvaise humeur bien compréhensible, ce qui ne doit pas faire oublier la question de fond : est-ce que Naxoo à un avenir s'il reste aux mains de la Ville de Genève ? La réponse est, hélas, négative, car non seulement le transfert de clientèle ne pourra pas voir de retour en arrière possible (sauf à payer des millions de francs que la Ville ne peut pas dépenser) mais la Ville de Genève se retrouvera aussi avec une société au bord du gouffre faute de posséder encore le nombre de clients nécessaires à sa survie future. Le maintien de l'emploi, comme celui de Naxoo en tant que tel, est ainsi tout sauf garanti en cas de refus de la vente devant le peuple.

Alors que l’initiative "Sauvons nos parcs" a été acceptée par une courte majorité de la population au mois de novembre 2013, le même front politique se dessine dans le dossier Naxoo avec le parti politique "Ensemble à Gauche" seul contre tous, et alors que ce précédent devrait inciter à une communication travaillée sur ce dossier, celle-ci se révèle totalement atone avec, en plus, une suite d'articles de presse qui montrent la gestion politique catastrophique de ce dossier par le Conseil Administratif et la magistrate en charge de ce dossier.

Bref, on voit que tous les ingrédients sont malheureusement réunis pour que la population refuse la vente de Naxoo, cela faute d'avoir voulu prendre les décisions qui s'imposent et qui, seules, permettaient de respecter le processus démocratique et de débattre de ce dossier avec toute la sérénité nécessaire. Par exemple en mettant fin, immédiatement, au transfert de clientèle entre Naxoo et UPC Cablecom jusqu'à la date de la votation et, ensuite, en faisant campagne de manière un peu plus sérieuse pour ce dossier plutôt que sur des objets fédéraux qui ne relèvent pas de la compétence du Conseil Administratif. Car si UPC Cablecom et Naxoo ont communiqué de manière catastrophique tout au long de la campagne, donnant ainsi du grain à moudre aux référendaires, la communication du Conseil Administratif dans cette campagne s'est révélée tout aussi mauvaise.

Que la population accepte ou refuse ce référendum, Sandrine Salerno aura des comptes à rendre pour son irresponsabilité politique dans ce dossier. Car si la vente est la seule issue pour donner un avenir à Naxoo, la manière dont le dossier est géré montre de plus en plus un amateurisme et un dilettantisme inquiétant à un tel niveau de responsabilité.