20/05/2014

Scrutin du 19 mai 2014 : Une organisation à revoir !

Depuis quelques années, j'ai le plaisir d'exercer la fonction de vice-président du local de vote de Florissant-Malagnou (21-07), cette activité est passionnante et le processus qui régit le scrutin est, d'habitude, réglé comme du papier à musique par le Service des Votations et Élections (SVE).

Je dis d'habitude car la votation du 19 mai 2014 a été entachée d'un gros couac que je me propose de relater ici et dont la Tribune de Genève s'est également fait l'écho dans son édition du jour.

Ainsi, suite à une modification de la loi sur l'exercice des droits politiques, plus précisément son article 49, entrée en vigueur le 1er mai 2014 et que vous pouvez trouver ici, le transport des urnes peut dorénavant être confié à une entreprise privée. Cette modification, qui est selon moi bienvenue, permet de décharger la police cantonale qui effectuait cette mission jusqu'à maintenant et c'est donc la société Protectas qui s'est vue confier le mandat par la Chancellerie d’État pour ce scrutin.

Si le but de cette sous-traitance est bienvenu (recentrer la police sur son activité de base qu'est la sécurité de la population), cette dernière ne doit pas se faire au détriment de l'efficacité du processus de vote comme cela a été le cas lors du scrutin du 19 mai 2014 avec une collecte des urnes qui n'a pas été à la hauteur. Chose que reconnaît le SVE dans un courrier envoyé ce jour, à l'ensemble des responsables des locaux de vote du canton, et qui montre que le sous-traitant n'a manifestement pas pris au sérieux l'exercice de son mandat, à moins que le contrat de prestation n'ait pas prévu un nombre suffisant de véhicules et de personnel, ce que je ne peux pas m'imaginer.

Dans le cas du local de Florissant-Malagnou, nous avons passé environ 45 minutes à dépouiller les 177 électeurs qui s'étaient déplacés pour voter mais attendu pendant presque 4 heures que l'on vienne prendre en charge les urnes, cela malgré des appels répétés à la centrale de Protectas qui vous assure à chaque fois qu'une voiture va arriver dans quelques minutes, puis de brancher le répondeur téléphonique face aux nombreux appels qu'elle recevait. Situation identique au local de vote de Champel (21-17), ainsi que dans une bonne partie des locaux de vote du canton, ce qui a non seulement retardé la vérification centralisée à Unimail mais aussi bloqué les responsables des locaux de vote une journée entière, lesquels n'avaient pour seule solution que d'attendre dans le préau de l'école ou dans le voisinage immédiat du local de vote. En effet, non seulement les bâtiments scolaires sont fermés à la fin du dépouillement mais en plus, il n'est pas autorisé d'aller attendre à son domicile, alors même que les responsables vivent souvent à proximité dudit local.

Qu'une société privée convoie les urnes de vote, qui ont été scellées par les responsables des locaux empêchant ainsi toute fraude lors du transport, n'est pas un problème en soi. Le problème est que la sous-traitance s'est faite ici au détriment de l'efficacité, voire même de la sécurité du processus électoral, pour les raisons vues ci-dessus. Le Service des Votations et Élections (SVE) doit ainsi prendre les mesures qui s'imposent pour s'assurer qu'une telle gabegie ne se reproduise pas, et surtout que l'attente pour le transport des urnes retrouve un délai raisonnable, soit une demi-heure entre la demande et la prise en charge effective de l'urne de vote. Car il n'est pas normal de passer davantage de temps à attendre la prise en charge qu'on en a mis à dépouiller les bulletins de vote.

A défaut de changer le prestataire du service de transport des urnes qui a bien mal inauguré son mandat, une solution serait peut-être d'autoriser les responsables des locaux de vote d'apporter eux-mêmes les urnes à Unimail ou à l'Hôtel-de-Ville. Chose que le SVE n'a pas permis ce dimanche malgré 4 heures d'attente dans le vide quand une demi-heure aurait suffi à venir en personne, voire de leur permettre de rentrer chez eux et qu'on vienne ensuite à leur domicile chercher l'urne.

Espérons donc que les leçons de ce fiasco seront tirées pour le prochain scrutin, chose qui paraît bien partie vu que la Chancellerie d’État, et le SVE qui en dépend, se sont engagés ce jour à le faire. Enfin, si on pouvait aussi réfléchir à revenir sur l'impossibilité récente de convoquer des jurés électoraux en deux parties (une pour la surveillance du scrutin et une pour le dépouillement), ainsi que sur la fin de la possibilité de voter dans un local qui n'est pas le sien dans le dernier quart d'heure du scrutin, cela ne pourrait que faciliter encore le processus de vote dans les locaux.

13/04/2008

Oui, la chasse aux dealers est une priorité !

On apprend dans le "Matin Dimanche" du jour que la Task Force Drogue (TFD) a vu ses effectifs réduits de près de 40% depuis janvier 2007, avec comme première conséquence un recul de 12% des arrestations sur la même période.

L'argument avancé pour justifier la réduction du nombre de policiers affectés à cette brigade est l’affectation de gendarmes pour la sécurité de l'Euro 2008, on peut cependant se poser des questions sur le caractère "temporaire" de la mesure qui a pris effet en janvier 2007, soit plus d'un an et demi avant le début de l'Euro, qui fait qu’on est en droit de s'interroger sur l’argument utilisé pour justifier le retrait de 7 gendarmes à la TFD.

Reste maintenant à espérer que les effectifs de la TFD seront remis à un niveau suffisant dés la fin de l’Euro, cela pour maintenir une pression forte sur le marché de la drogue mais aussi pour permettre aux policiers d’être en nombre suffisant pour faire face à tout type de situation lors de leurs interventions.

Comment comprendre cette décision quand on voit que le nombre de gendarmes déplacés constitue environ 1% de l’effectif total de la gendarmerie ? La marge de manœuvre est-elle si réduite ? Il serait ainsi injustifiable que l’effectif de la Task Force Drogue (TFD) ne soit pas augmenté après l’Euro…

La lutte contre le trafic de drogue doit être constante, continue et permanente. On ne saurait faire de quartier à l’insécurité aussi temporaire et minime soit-elle…la chasse aux dealers et la diminution de la criminalité ne doivent souffrir d’aucun répit dans un Etat de droit…

On peut aussi relever au passage que le problème est une fois de plus un souci d’effectifs, rappelons cependant que le budget actuel de la police permettrait déjà d’engager plusieurs dizaines de gendarmes supplémentaires mais qu’on n’en trouve pas du fait de la baisse d’attrait de la profession, des conditions de travail et du manque de soutien politique.

Que ce soit sur le plan des effectifs, de l’équipement ou de l’organisation, il est plus que temps de (re)donner à la police genevoise les moyens d’effectuer ses missions !

15/01/2008

Pas de demi-mesure dans la dépollution d’Artamis

Depuis plusieurs dizaines d’années, le site d’Artamis est laissé à l’abandon faute de projet et de volonté des diverses collectivités publiques concernées, cette zone est source de quantité de nuisances pour les riverains (sonores, sécurité, etc) et est donc indigne d’une cité comme Genève dans son aménagement et sa situation actuelle.

Si certaines activités présentes sur le site, tel le théâtre du Galpon, mériteraient d’être « relogées », il ne saurait en être de même pour chacun des occupants qui rappelons-le, le sont de manière illicite. Les personnes présentes sur ce site sont des squatters (coûtant chaque année près de 300'000 francs à la Ville en termes de manque à gagner) et ne sauraient donc être relogées systématiquement pour poursuivre leur activité. Oui à une ou deux exception mais non à une généralisation qui verrait une fois de plus la Ville soutenir des gens se moquer de la loi…

Cette évacuation est prévue courant 2008, notamment pour procéder à la dépollution et à la décontamination du site, lesquelles vont coûter prêt de 70 millions dans la variante maximaliste, ceci pour assurer un nettoyage et une remise à niveau totale du site.

Quand bien même le Conseil Administratif ou le canton hésitent sur la variante à adopter (minimale, maximale ou intermédiaire), il est inacceptable de mettre encore une fois la santé publique en danger en étant prêt à se contenter d’un nettoyage partiel…la décontamination et la dépollution doivent donc être pleines et entières ! L’une n’allant pas sans l’autre…

Durant la campagne municipale, les Radicaux ont proposé la construction d’un éco quartier sur le site d’Artamis, lequel devrait accueillir en priorité du logement mixte (en partie social, en partie à loyers libres) relativement densifié avec de la place pour quelques activités annexes à vocation culturelle ou artisanale, avec 0 places de parking extérieures mais un nombre suffisant de places dans un parking souterrain…et c’est ce pour quoi nous nous battrons lors de la séance du Conseil Municipal du 15 janvier !

02/11/2007

Des Badges d’identification pour les Gendarmes ?

Alors que le sentiment d'insécurité est grandissant à Genève, et que chacun y va de sa recette pour améliorer les choses, une idée dans l'air est de donner un numéro d'identification aux gendarmes visible sur l'uniforme pour que d'éventuelles plaintes contre eux puissent être diligentées directement et nominalement.

Nul ne nie que certains policiers dépassent parfois la mesure, mais faut-il généraliser ? Et que se passera-t-il si des criminels peuvent accéder par ce biais au nom et à l'adresse d'un policier ? Faut-il rappeler ce terrible événement qui avait vu il y a environ deux ans, la femme enceinte d'un douanier tessinois être assassinée par des truands ?

Ainsi, créer un numéro fixe qui serait attaché  à un gendarme comme identification publique (comme l'est le numéro AVS pour tout à chacun) n'est pas envisageable pour d'évidentes raisons de sécurité. Quand à créer des numéros « volants » qui changeraient chaque jour pour éviter ce genre de problèmes, cela revient à créer un système d'une lourdeur administrative telle que certains policiers devraient être affectés chaque jour à la préparation des numéros du lendemain. Or, un policier affecté à une tâche administrative, c'est un policier en moins dans la rue...

La seule chose qui est sûre, c'est que la sécurité dans les rues ne s'améliorera pas en donnant un badge d'identification à chaque gendarme.

Comment peut-on partir du principe que chaque policier doit être clairement identifiable car potentiel auteur de bavure ? Comment avoir un personnel de police motivé avec une telle mesure ? L'identification d'un policier ayant commis une bavure est déjà possible, ceci par la simple vérification de la liste des policiers engagés sur une opération et le recoupement auprès des policiers ayant participés à celle-ci, auquel on peut ajouter le témoignage de l'éventuel plaignant et autres protagonistes.

Mieux vaudrait lancer une véritable campagne de recrutement pour la gendarmerie et adapter le cadre légal nécessaire au travail et à l'organisation de la police si on veut améliorer la sécurité à Genève !

28/09/2007

Loi sur les ASM : encore un effort !

On l'a attendu, désiré, espéré. Le nouveau projet de loi sur les ASM est enfin là. Fruit des Assises de la Sécurité de février 2007, on était en droit d'attendre beaucoup de ce projet pour au final n'avoir qu'un ersatz des réformes attendues.

Disons le tout net, le projet de loi sur les ASM n'est pas satisfaisant en l'état et il est à espérer que la phase de consultation puis le vote du Grand Conseil ou encore celui du Conseil Municipal de la Ville de Genève (qui interviendra au mois d'octobre) corrigeront cet état de fait.

Car si on peut se réjouir de l'octroi de la palpation de sécurité, ce projet de loi n'admet toujours pas que le travail de l'ASM peut être dangereux et qu'il doit donc être équipé en conséquence via le bâton tactique ou le bâton tonfa.

Alors même que l'argumentation du Département des Institutions pour la palpation relève « l'évolution intervenue en matière d'incivilités et de délinquance » et justifie « d'octroyer cette compétence aux ASM afin de leur permettre d'assurer leur sécurité ». Il faut aller jusqu'au bout et donner un véritable moyen de défense aux ASM.

Enfin, si on va dans la bonne direction avec le changement d'uniforme et de dénomination pour les actuels Agents Municipaux (AM) que l'on ne confondra plus avec les ASM, on ne doit pas s'arrêter en si bon chemin et donner la dénomination matérielle de « Police Municipale » ou « Police de Sécurité Municipale » à l'ASM.

La sécurité personnelle de l'agent et sa visibilité ne doivent pas être prises à la légère, il en va simplement de sa crédibilité...et de la sécurité des citoyennes et citoyens !

Que dire enfin de la transformation d'une exception en une règle avec la possibilité que s'octroie le canton de donner des « devoirs spécifiques » aux ASM d'une commune sans passer par l'accord du Conseil Administratif ou du maire ?

Que penser de la possibilité que se garde le canton d'avoir accès à une partie des recettes des amendes jusqu'ici entièrement dévolues aux communes ? Alors que dans le même temps il ne juge pas adéquat de payer une prestation aux communes quand il utilisera les ASM de celles-ci ? Et le catalogue effectué ici n'est de loin pas exhaustif...

La nouvelle loi sur les ASM ne doit pas être un succédané de la précédente, elle doit adapter le cadre légal qui entoure le travail des ASM aux réalités d'aujourd'hui.

30/07/2007

Des violences inacceptables pour une cause qui ne l’est pas moins !

Alors que la manifestation de samedi en faveur des squats a donné lieu à des débordements, on se dit d'abord que ceux-ci sont le fait de casseurs totalement étrangers à la manifestation et on ne doute pas un instant que les organisateurs vont condamner les violences ayant eu lieu. On en vient même à regretter que la cause des squats puisse être « salie » par ces actes...

Mais que lit-on dans « Le Matin » quand on interroge l'un d'entre eux ? Propos repris par plusieurs médias ce jour (temps, tribune...)

Que la colère peut avoir de multiples formes d'expression, y compris donc l'action des casseurs...

Le Matin Dimanche

Quel regard porte l'ancien porte-parole des squatters, Maurice Pier, sur l'action des casseurs?

«La colère a de multiples formes d'expression. C'en est une. Quand les pouvoirs politique et judiciaire se coordonnent pour réprimer les droits d'expression des citoyens, il ne faut pas s'étonner que d'autres moyens d'expression émergent.»

Ainsi, briser les vitres du siège du Parti Radical Genevois dont le procureur général est membre, mettre le feu à une voiture ou renverser tous les deux-roues parqués sont une forme d'expression. Et jeter des pavés sur les forces de l'ordre c'est sans doute une œuvre d'art ?  Ah non, ça doit toujours être une forme d'expression...

Ce n'est même pas de l'angélisme, c'est de la complicité ! La violence doit être condamnée d'où qu'elle vienne et ne saurait connaître la moindre légitimation comme veut le faire ici le porte-parole de Rhino...

Les propos ainsi tenus sont absolument inacceptables et montrent clairement que certains défenseurs des squats ne se réfugient derrière les lois que quand ça les arrange...alors que la loi est la même pour tous, défenseurs des squats compris !

Espérons maintenant que les politiciennes et politiciens de gauche qui défendent le squat condamneront sans ambigüités les violences de samedi...

23/07/2007

Rhino évacué...Enfin !

Depuis environ 14h00 ce lundi 23 juillet, l'évacuation de Rhino suit son cours. Enfin !!!

Fini le temps ou la propriété privée et l'interêt public étaient bafoués, autant l'existence de Rhino pouvait trouver une certaine (et encore...) légitimité à ces débuts (absence d'affectation des locaux et lutte contre la spéculation), autant le squat Rhino d'aujourd'hui n'avait plus aucune raison d'être toléré. Un projet de construction de logements HBM est prévu par le propriétaire, il faut donc que celui-ci puisse le réaliser.

Après rénovation, c'est plusieurs dizaines de logements qui se verront attribués à des personnes sur une liste d'attente de régie. Le squat ne crée pas de logements, il tue le logement en transformant en dindon de la farce les habitantes et habitants de Genève qui respectent les lois et ne trouvent pas à se loger.

Une petite pensée aussi aux hommes et femmes de la gendarmerie genevoise qui sont en train d'assurer l'évacuation du squat et qui auront à maintenir l'ordre dans les rues si les troubles qu'on a connus lors de l'évacuation du squat de la Tour devaient se reproduire.  Les mêmes qui assurent au quotidien notre sécurité aux côtés de la police judiciaire, de la police de sécurité internationale et de la sécurité municipale. Bravo et merci !

22/07/2007

L'évacuation des squats

« Inacceptable », « illégale », tels sont les arguments s que certains avancent pour contester l'évacuation des squats par le procureur général Daniel Zappelli.

On reproche donc au gardien des lois qu'est le procureur général de faire appliquer celles-ci. En prenant tout simplement partie pour des propriétaires qui souhaitent récupérer leur bien.

Mais sur le plan politique de qui se moque-t-on ? Le squat de la Tour laissera la place à plusieurs logements subventionnés qui pourront accueillir des familles, ce qui sera aussi le cas de Rhino après son évacuation.
Est-ce scandaleux ? inique ? Apparemment oui pour une partie de la gauche qui se sert en plus de ce même manque de logements pour justifier le squat.

Toute évacuation est justifiée à partir du moment où les lieux occupés illicitement peuvent faire place à des logements.  Il n'est pas acceptable que des gens qui respectent les lois ( les personnes sur une liste d'attente de régie) passent après des squatters qui ne les respectent pas.

Libre à ceux qui veulent un mode de vie « différent »  de le vivre, mais que cela ne soit ni aux frais de la collectivité ni en violation de la loi.