Politique Genevoise

  • Opération Cumulus : entre Mise au point et Antipresse

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    Deux mois après l’opération « Cumulus », qui est le nom de code (si, si vous avez bien lu…) donnée par certains éléments de la Police Judiciaire à la mascarade dont j’ai été la victime le vendredi 13 décembre 2019, chose qui est très bien illustrée par le dessin de Charly Calfelis, je suis heureux de constater que certains médias commencent à prendre un peu de recul sur cette affaire. Notamment en soulignant la disproportion totale entre la violence de l’action policière et les faits qui me sont reprochés (violation du secret de fonction), lesquels ne reposent sur rien. Jugez plutôt.

    Sur le volet police, on me reproche d’avoir cherché des informations dans une base de données à laquelle je ne me suis jamais connecté (chose que le 20 Minutes relaye ici). De même, j’étais en vacances, sans aucun accès à distance, le jour où je suis censé l’avoir fait. L’accusation ne tient donc pas la route un seul instant. A plus forte raison quand vous lirez ce troublant article de septembre 2018 qui montre que le scénario de cette histoire a été écrit bien en amont. Posez-vous la question à qui profite ce qui s'est passé et, surtout, pourquoi j'ai été traité ainsi à trois mois des élections municipales.

    Sur le volet des notes de frais, on me reproche d’avoir rendu public un rapport constatant les manquements du Conseil administratif et les abus de certains hauts-fonctionnaires. Ici, le délit est impossible vu que le document a été jugé non-confidentiel par le préposé cantonal à la protection des données. Par ailleurs, quand bien même je l'aurais fait, qui pourrait me reprocher d’avoir voulu rendre public le dilettantisme du Conseil administratif? Comment pourrait-on m'en vouloir d'avoir dit la vérité lorsqu'on reproche leurs mensonges à d'autres? Nous devons au contraire avoir le courage de rendre public les dysfonctionnements plutôt que de vouloir les cacher. Chose que je revendique haut et fort, n’en déplaise à certains qui ont manifestement beaucoup de choses à se reprocher vu leur comportement. Sinon comment comprendre ce qui m'est arrivé? Je n'ai en effet pas le souvenir que les différents magistrats à qui l'on reproche des faits autrement plus graves (acceptation d'avantage, gestion déloyale des intérêts publics, etc), respectivement des policiers (voir ici et ), aient été traité avec la même violence que moi. Et heureusement tant je ne souhaite à personne de vivre ce qui m'est arrivé. Mais ce n'est pas pour autant que je baisserais les bras dans mon combat politique et ma volonté de faire la lumière sur ce qui se passe dans notre Cité.

    Surtout, je relève que mon affaire a été entachée d’un nombre impressionnant de violations partielles et partiales du secret de fonction. Lesquelles ne semblent pas intéresser le Ministère Public vu qu’il n’a ouvert, à ma connaissance, aucune enquête contre ces infractions pourtant poursuivies d’office. Par ailleurs, alors que la presse sort chaque semaine des informations couverte par le secret de fonction, pourquoi un tel acharnement envers moi et pas sur les autres? Le dernier exemple en date étant la parution d’un article du Courrier (voir ici) qui relaye une information interne au Conseil administratif, sa publicité ne peut donc être le fait que d'un membre de l'actuel exécutif. Est-ce que le Ministère Public va ainsi ouvrir une enquête et faire saisir les téléphones des 5 auteurs potentiels ainsi que perquisitionner à leur domicile? Blague à part, pourquoi y a-t-il deux poids, deux mesures? Car c'est bien ce qu'on me reproche d'avoir fait avec le rapport sur les notes de frais excessives de l'administration. Avec une différence majeure cependant, celui-ci n'est pas confidentiel selon l'autorité compétente qu'est le préposé cantonal à la protection des données (voir ).

    Je vous invite ainsi à regarder le reportage de Mise au Point du 9 février 2020 et à lire l’excellente analyse de Slobodan Despot dans l’Antipresse du même jour (voir ici). Deux médias aux antipodes l’un de l’autre mais qui ont pris la peine de juger des faits plutôt que des conjectures. Ceux-ci font suite aux éditoriaux de Giancarlo Mariani du GHI (voir ici) et de Pascal Décaillet (voir ). Respectivement à mon portrait dans le Temps. Et de rappeler qu'en cas d'élection au Conseil administratif, ma première mesure sera de procéder à un audit complet du fonctionnement de la municipalité et de l'usage qui est fait des deniers publics, puis de le rendre public dans la foulée, afin de reconstruire sur des bases saines.

    Le 15 mars 2020, vous aurez l’occasion de montrer que tout ce qui s'est passé est anormal. Ceci en votant pour la liste 2 au Conseil municipal comme au Conseil administratif (voir ici). Je compte sur votre soutien.

    Avec l'accord de son auteur, vous trouverez ci-dessous l'article d'Antipresse sur mon affaire.

    LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot

    L’affaire Simon Brandt, un «signal faible» — mais assourdissant!

    Un scandale peut en cacher un autre. On découvre ici comment un espoir de la politique genevoise est devenu un dégât collatéral de la chute de son mentor, Pierre Maudet. Mais la persécution du lanceur d’alerte Simon Brandt par le procureur Jornot est bien plus choquante. Elle nous montre comment nous sommes médiatiquement dressés à voir l’accessoire plutôt que l’essentiel et comment l’intimidation morale l’emporte de plus en plus sur le langage des faits.

    L’«affaire Maudet» a été un feuilleton politique retentissant en Suisse romande. Pour mémoire, l’ambitieux conseiller d’État (ministre cantonal) Pierre Maudet a été pincé la main dans le sac à mentir de façon répétée sur un voyage à Abu Dhabi qui lui avait été offert par le cheikh du lieu. Entraîné dans une spirale de mensonges, l’enfant prodige de la politique suisse s’est retrouvé dans la position du paria encombrant de la société genevoise et en particulier de son parti, le PLR. Même s’il s’accroche à son poste, celui qui fut le plus jeune candidat au Conseil fédéral n’est plus aujourd’hui qu’un astre mort.

    La publication du livre de Philippe Reichen, Pierre Maudet, le vertige du pouvoir, vient raviver l’imbroglio. Elle m’a incité à me replonger dans ce «House of Cards» helvétique et dans les mirages médiatiques qui l’entretiennent.

    Préambule: le mot qu’on ne prononce pas en Suisse

    Le 5 septembre 2018, j’étais invité dans l’émission de débats Infrarouge pour commenter les déboires de Pierre Maudet. Je m’y retrouvais dans le camp des «accusateurs» aux côtés de la présidente du Parti socialiste genevois, Carole Anne Kast, et de Raphaël Leroy, le journaliste par qui le scandale Maudet est arrivé — avec le susnommé Philippe Reichen en appui. En face de nous, des éléphants de la droite bourgeoise, Christian Lüscher, le revenant Guy-Olivier Segond et le très consensuel ex-ministre vaudois Claude Ruey, qui, devant les caméras, ont vigoureusement réfuté mes interventions. En coulisses, le ton était fort différent. Avant de défendre avec ferveur l’honnêteté de son camarade de parti à la suite de ses aveux forcés, Christian Lüscher l’avait déclaré cliniquement mort. Un diagnostic qu’il allait valider lui-même en le lâchant quelque temps plus tard. Ce fut un moment baroque de la fourbe comédie humaine!

    Mon intervention n’allait pas rester sans suites. Le lendemain, j’étais interpellé par un jeune homme alors que je faisais mes courses. «Je vous ai vu hier soir. Vous avez dit un mot qu’on n’ose pas prononcer dans ce pays: corruption!» C’est vrai: j’avais dit qu’en Suisse la corruption était couverte d’un voile de pudeur, car systémique. Il aura fallu élaborer tout un dispositif d’œillères juridiques et d’alibis moraux pour la soustraire à la conscience des citoyens.(1)

    Il m’avait paru naturel de souligner cette réalité dans le contexte de l’affaire Maudet, sans trop m’appesantir dessus. La «lutte contre la corruption», on l’a vu tout au long de l’histoire récente, n’a souvent été qu’un prétexte au flicage et à la répression qui a fait plus de dégâts que le mal qu’elle prétendait combattre. Il n’empêche, mon mot a mal passé. Au retour du studio, dans le train qui nous emmenait vers Lausanne, Claude Ruey, qui fut lobbyiste en chef de SantéSuisse et donc un maître de l’action de coulisses, s’employa à me détailler l’argument qu’il avait brandi durant le débat: que le «surmoi» et l’éthique protestante» des hommes politiques suisses (non catholiques, donc!) étaient un véritable bouclier contre les tentations qui font trébucher le commun des mortels. Pour ma part, tenant la Suisse, sur ce chapitre, pour un pays comme un autre, j’en ai surtout conclu qu’une des meilleures manières d’ignorer un vice consiste à ne point le nommer.(2)

    Le jeune homme n’était pas le dernier client du confessionnal, ce jour-là. Un peu plus tard, je recevais l’appel d’un Genevois à qui je ne me souvenais pas d’avoir donné mon numéro de téléphone. Il me proposa une entrevue pour évoquer entre quatre yeux les affaires «sérieuses» du canton.

    Nous nous sommes rencontrés comme dans un roman de Grisham, au petit matin, dans une cafétéria de l’aéroport. Cet homme d’affaires excédé m’a déroulé une version business de l’air du Catalogue de Dom Juan. Madamina, il catalogo è questo/Della gente che comprò il padron mio… Genève est une plaque tournante mondiale, et pas seulement de la finance. Il trouvait vraiment «minable» de s’en prendre à Maudet pour un week-end à 60 ou 80’000 francs lorsque tel ou tel… La galerie pittoresque de corrupteurs et de corrompus qu’il m’a dépeinte donnerait du blé à moudre pour plusieurs années à une équipe d’enquêteurs.

    C’était gravissime et cocasse en même temps. L’image la plus drôle qui m’en est restée est celle de ce coffre-fort jamais verrouillé, dans une boîte où il avait travaillé, une caverne d’Ali-Baba où les cadres partant en mission dans le «tiers-monde» puisaient au jugé les boîtes de montres de luxe avant de sauter dans l’avion. Le retour sur investissement était, paraît-il, assuré. Rien ne séduit tant que la qualité suisse!

    Il est toujours bon de replacer les choses dans leur contexte. A la réflexion, j’avais été sévère pour Maudet. Son erreur — en tant que politique de vocation et de métier — était une faute professionnelle. Il lui eût peut-être suffi de déclarer la nature et les modalités de son déplacement. Combien d’élus suisses, avant et après lui, sont allés «consolider leurs réseaux» à l’étranger au frais de l’invitant? Et peut-on sérieusement reprocher aux élus de percevoir des avantages susceptibles de contreparties dans un pays où le financement des partis politiques est entièrement confidentiel? Pour un week-end dans le Golfe, combien de promesses — et pour quels montants? — faites aux bétonneurs, chaque année électorale, dans chacun des 26 cantons suisses? (Aucune, bien entendu! Le «surmoi et l’éthique protestante» protègent nos élus!)

    Le moteur caché

    Mais voici que débarque Philippe Reichen, le correspondant de la presse alémanique immergé dans la réserve d’Indiens romande. Reichen ne veut pas assassiner son sujet. Il en trace un portrait minutieux fondé, nous dit-il, sur des dizaines d’entretiens. Nous connaissons même la couleur de son fauteuil d’étudiant et le parfum (cigare et single malt) de ses péchés mignons.

    Sous la plume de l’enquêteur, M le Maudet apparaît comme le héros de cinéma qu’il deviendra peut-être un jour. Toute sa vie n’aura été qu’une préparation à la brillante trajectoire qu’un mensonge mesquin aura suffi à briser. On voit d’ici l’ado tête à claques qui, déjà, joue des coudes pour être le premier partout et se fait, à quatorze ans, appeler «Président». Le jeune Rastignac est «implacable» dans la construction de son pouvoir. Il est intelligent, volontaire, convenable mais point trop embarrassé de scrupules. Il incarne une nouvelle génération de carriéristes politiques qui n’ont plus grand-chose à voir avec les idéaux si helvétiques de service et de bien commun que défendaient leurs prédécesseurs.

    Happé par la lecture du livre, j’avais oublié de noter un détail qui, dans l’arrière-plan, me gênait un peu. Il a fini tout de même par émerger lors de notre entretien avec l’auteur aux Beaux parleurs de la RTS, le 2 février dernier. Comment avait-il monté son enquête? Ce procès-verbal d’audition chez le procureur Bertossa livré quasi verbatim, en p. 131–132, d’où Philippe Reichen le tenait-il? Ce ne pouvait être qu’une fuite venant d’un magistrat ou d’un avocat. «Protection des sources!» me répondit-on alors même que je n’avais rien objecté à cela. Le délit était du côté des informateurs: le journaliste pouvait tout au plus éprouver un cas de conscience, mais il en était loin. Personne, à mon grand étonnement, ne semblait voir «l’éléphant au milieu de la pièce», comme diraient les Anglais: le fait que le secret de l’instruction, dans l’affaire Maudet et ses ramifications, n’existe tout simplement plus. Cela me semblait infiniment plus important, sur le coup, que le sujet de couverture.

    «Opération Cumulus», des méthodes totalitaires près de chez vous

    Lorsque l’illégalité crève les digues et qu’elle se répand partout, elle tient lieu de loi. J’ai repris contact avec Simon Brandt. Entre 2014 et 2018, Brandt a été un adjoint proche de Pierre Maudet avant d’être congédié par le ministre. Depuis, il travaille comme analyste à la Direction stratégique de la Police, où il mène des recherches académiques sur l’évolution de la criminalité, du terrorisme ou de la délinquance dans les communes genevoises. Avec sa silhouette longiligne d’éternel étudiant, sa mémoire sans failles et ses introversions surprenantes, Simon Brandt est un «haut potentiel» type. Humble et discret, il était à ma connaissance, dans les trentenaires de la vie publique suisse, l’un des derniers Mohicans passionnés par la lutte des idées et le bien commun. A ce titre, il comptait redorer le blason de son parti, le PLR, en se portant candidat à l’administration de la ville de Genève lors des élections du printemps qui vient.

    Ceci jusqu’à ce que le procureur Jornot le convoque pour un entretien. Il aurait pu le faire discrètement, par exemple à son poste de travail, dans un immeuble accessoirement truffé de policiers. Mais non. La méthode dit tout des intentions. La police genevoise, quoiqu’en en sous-effectif chronique, aura réussi à mobiliser onze inspecteurs pour arrêter le citoyen Brandt! On a même affecté un nom de code approprié à cette pantalonnade: «Opération Cumulus»!

    Le 13 décembre dernier, à 7h15 du matin, Simon sort de chez sa mère pour se rendre en tant que député à une session du Grand Conseil lorsqu’il est interpellé et emmené au poste de l’Inspection Générale des Services (IGS). Là, il est mis en cellule et menotté avant qu’on l’embarque dans une série de perquisitions: à son bureau, à son domicile, au domicile de sa mère et même chez son ex-compagne. On saisit son téléphone et la totalité du matériel informatique, y compris des appareils qui ne lui appartiennent pas. Son équipement ne lui sera rendu que six semaines plus tard, fin janvier, alors que toute sa documentation politique s’y trouve et qu’il est déjà en campagne.

    Mais il y a pire. De manière répétée, pendant sa détention, on présente à Simon un «deal» à l’américaine: tout se passera mieux s’il livre des informations sur Maudet. Un inspecteur l’humilie en le faisant mettre à nu et en le forçant à faire ses besoins naturels devant lui, et sous les yeux de sa mère. Simon en est encore effaré en me racontant l’épisode:

    «Un inspecteur est devenu très agressif lorsqu’il a trouvé à mon domicile une affiche en faveur de la Loi sur la Police dont les syndicats policiers ont été de virulents opposants. Il m’a traité de menteur en prenant son collègue à témoin et j’ai bien cru que j’allais me faire frapper tellement ils étaient en colère. La haine qu’ils avaient envers Pierre Maudet était palpable car c’est lui qu’ils visaient à travers moi.»

    C’est seulement une fois ramené en cellule, vers 16h30, qu’il comprend, avec l’arrivée de son avocat, la raison de ce déchaînement.

    Ce qu’on lui reproche? D’abord, d’avoir transmis à Pierre Maudet des éléments issus de la base de données de la police — donc une opération de hacking informatique. Ensuite d’avoir rendu public un rapport du Contrôle financier de la Ville de Genève sur les notes de frais excessives du Conseil administratif (exécutif de la mairie) et de certains hauts fonctionnaires.

    Simon Brandt a été libéré après six heures d’audition et de vérification, aux alentours de 22h30. Entre-temps, on a pu constater qu’il ne s’était jamais connecté à la base de données de la police. Le jour où il était censé l’avoir fait, il se trouvait en vacances et sans aucune possibilité d’accès à distance. Toutes les connexions laissent une trace permettant de déterminer la date du login ainsi que les recherches effectuées.

    Il n’a pas pour autant été blanchi de cette accusation. Au contraire, il doit encore subir une audition, probablement destinée selon lui à vérifier ses dires.

    «Ils savent aujourd’hui que je ne l’ai pas fait, me dit-il, et je ne comprends pourquoi cette procédure se poursuit, sinon parce que certains craignent de devoir rendre des comptes. La question doit être posée à l’inspecteur de police concerné qui soit a fait exprès soit a négligé de le faire. Dans les deux cas, son incompétence saute aux yeux, de même que se pose la question de son impartialité.»

    Le Procureur aurait pu faire effectuer ces vérifications élémentaires avant d’envoyer une brigade arrêter un citoyen manifestement inoffensif. L’autre chef d’accusation paraît encore plus absurde. Le rapport qu’on l’accusait d’avoir divulgué était considéré comme public par le préposé genevois à la protection des données. Épinglant le coûteux dysfonctionnement de l’administration, il était d’un intérêt public évident. Et il se trouvait de toute façon entre les mains des journalistes.

    La loyauté, cette tare…

    Brandt persiste. Il estime que la population à le droit de savoir l’usage qui est fait de l’argent public, à plus forte raison quand des magistrats ou des fonctionnaires abusent de celui-ci à des fins privées. Il est convaincu qu’on cherche à le punir pour avoir potentiellement dit la vérité et révélé des malversations, alors que ceux qui les ont commises n’ont pas été inquiétés. Dans sa campagne électorale, il a introduit un thème qui ne doit pas plaire à tout le monde. Il souhaite faire auditer le fonctionnement de la ville dans son ensemble, estimant que «les notes de frais ne sont que la pointe de l’iceberg». Est-ce pour écarter le danger qu’une partie du «deep state» genevois tente de le compromettre aussi spectaculairement? Est-ce pour le punir de sa loyauté irrationnelle envers Pierre Maudet, même après que celui-ci l’eut lâché? Or cette intégrité sans rétribution est peut-être le trait le plus estimable de son caractère.

    «J’ai eu l’impression d’une sorte d’hallali ou tout le monde a voulu participer à un assassinat public. Les plus folles rumeurs ont couru, des articles spécieux ont été écrits et tout le monde voulait aboutir à une conclusion: celle de la culpabilité judiciaire de Pierre Maudet avant l’heure. C’est l’une des raisons qui font que je l’ai soutenu à l’époque tant je ne supportais pas l’injustice qui se déroulait sous mes yeux.»

    Ce n’est de toute évidence pas par intérêt clanique ou personnel que Brandt a agi et réagi, mais par principe. Or au temps de la politique-spectacle, de la politique-people, ce mobile est devenu incompréhensible, pour ne pas dire incongru.

    Voilà en quoi l’«affaire Simon Brandt» est plus poignante, et plus révélatrice, que l’affaire Maudet. M, après tout, peut être vu comme un apparatchik sabordé par son hybris, sa propre folie des grandeurs. Le personnage, intérieurement, apparaît trivial. B, à ce titre, est son contraire. A cause de sa pureté, et non malgré elle, il constitue le bouc émissaire idéal — et un révélateur de la corrosion du système.

    Au premier abord, on est intrigué par la vacuité du dossier qui a motivé l’arrestation spectaculaire de Simon Brandt, et sidéré par la brutalité avec laquelle il a été traité. Puis l’on comprend que ces choses vont de pair. Plus le lanceur d’alerte est irréprochable, et plus il sera criminalisé.

    Cette épreuve aura définitivement fait sortir Simon Brandt de sa peau de jeune binocleux. Commentateur sagace des affaires genevoises, Pascal Décaillet lui a adressé un poignant hommage dans GHI, le 5 février:

    «Un homme qui tient, un homme qui se bat, un homme qui ne capitule pas, mérite non seulement notre respect humain, mais aussi notre admiration politique. Plongé dans une affaire qui rappelle les premières pages du Procès de Kafka, l’homme a traversé la tourmente. Il a tenu.»

    Mais les tribulations de Simon Brandt nous intéressent bien au-delà de son cas personnel.

    Avec le journalisme Pampers, le pouvoir peut dormir tranquille

    Comme dans la saga Maudet, le feuilleton médiatique est constamment alimenté par les fuites judiciaires. Sans elles, ces deux affaires auraient sans doute fait long feu. Les divulgations viennent aussi bien de l’intérieur du PLR, d’où l’on «exfiltre» des documents relevant parfois du secret de fonction, que de la magistrature et de la police. Dans le cas Brandt, les indiscrétions commencent le jour même de son arrestation. Son avocat est informé de son arrestation après les journalistes, lesquels étaient au courant des motifs de celle-ci avant l’intéressé lui-même. Lorsqu’il est relâché, tard le soir, Brandt a la surprise de constater que le contenu de son audition devant la police avait été transmis à la presse en temps réel. Des conséquences? Aucune. Les auteurs de cette violation du secret de fonction et de l’instruction sont pourtant facilement identifiables, vu qu’il n’y avait que trois policiers présents lors de l’interrogatoire. Aucune enquête non plus au sujet de la publication d’un échange de SMS par Le Matin, obtenu par une source, peut être policière, qui aura encore violé son secret de fonction.

    Dans ces affaires genevoises, la violation du secret de fonction et de l’instruction est devenue la règle. Elle est si ordinaire désormais qu’on ne la remarque même plus. Elle alimente, comme en France, un «journalisme Pampers» voué à recueillir les fuites et à présenter comme de l’enquête ce qui est en premier lieu une divulgation d’informations utilisées à des fins de chantage ou de pression.

    Dans un de ses derniers textes, le grand enquêteur Pierre Péan, décédé en 2019, dénonçait cette «alliance de circonstance entre une petite fraction du monde judiciaire et une tête d’épingle du monde médiatique». Il rappelle que l’exploitation des informations ainsi obtenues repose sur la violation de deux lois, la présomption d’innocence et le secret de l’instruction, au nom du droit à l’information.

    En ne poursuivant pas ces fuites qui semblent les arranger, les procureurs laissent ainsi se développer une justice de rue où les journalistes, comme l’a affirmé Philippe Reichen lors de notre entretien radio, s’attribuent une mission de «clarification» réservée à la justice. Par une pente naturelle, l’attention du public est focalisée sur les personnes visées par ces fuites, la présomption d’innocence vole en mille morceaux et — bien entendu — plus personne ne songe à inspecter les mobiles et les mécanismes d’une telle «information». L’accusé reste seul, broyé à la fois par la machine judiciaire et la machine médiatique qu’elle actionne.

    Dans les faits, le journalisme Pampers est devenu un auxiliaire de la dictature des magistrats qui tendent à personnaliser et moraliser toujours plus leurs enquêtes. Dans le cas Simon Brandt, l’action du procureur entrave manifestement le processus démocratique en maintenant une pression injustifiée, et spectaculaire, sur le citoyen-candidat. En ne poursuivant jamais les délits liés aux «fuites» et en déléguant ainsi la «clarification» des affaires aux journalistes, ces magistrats contournent l’État de droit et font de leur mission un outil de pouvoir.

    Les journalistes bénéficiaires de ces indiscrétions auraient pu s’interroger sur les mobiles de leurs informateurs. Ils auraient peut-être pu faire le lien entre le fuitage des sources policières et la mise au pas des syndicats de police genevois par Maudet. Ou se demander si le procureur Jornot, par ailleurs habitué aux débordements, n’aurait pas accumulé des griefs personnels contre Maudet, par exemple lors de sa récusation par la Chambre pénale de recours dans une affaire qu’il co-instruisait avec une procureure qui se trouvait aussi être sa concubine? Et aussi, pourquoi pas, superposer l’agenda des procureurs avec les échéances électorales des partis auxquels ils seraient potentiellement liés? Tout au moins auraient-ils pu dénoncer le traitement dégradant infligé à Simon Brandt lors de son arrestation, se demander s’il est vraiment proportionné à son «crime» et, si tel n’était pas le cas, ce que cet abus signifiait.

    Mais ce seraient là des efforts de pensée et de véritables enquêtes, coûteuses et risquées, du «banal journalisme lent», selon Pierre Péan. Qui constate qu’il est beaucoup plus simple d’«attendre une fuite». Entrer dans la profondeur des événements,voir «dans les choses plus que les choses» est devenu, semble-t-il,un luxe.

    Grâce à cette alliance stratégique entre une certaine presse et la magistrature, on assiste à un effacement progressif des contrepouvoirs internes au système judiciaire. Cette transformation de la justice démocratique en outil de règlement de comptes se déroule sous nos yeux et pourtant nous ne la voyons pas, accaparés que nous sommes par la feuilletonisation des affaires judiciaires et leur focalisation sur des problèmes de personnes. La dérive de la justice genevoise est autrement plus significative que les cafouillages d’un ministre à propos de ses billets d’avion. Mais nous sommes conditionnés à ne plus voir que des phénomènes sans jamais réfléchir aux principes et aux causes. Telle une foule primitive, nous réclamons sans cesse des sorcières à brûler en espérant que cela remettra l’ordre du monde à l’endroit.

    NOTES

    1. Ce sont curieusement les écrivains — les Frisch, Zorn, Dürrenmatt — ou les cinéastes qui ont déchiré le rideau de la «matrice». Un dévoilement qui, cependant, ne s’est pas traduit par des actes concrets. Il est — par exemple — parfaitement admis, aujourd’hui encore, que plus de 90% des parlementaires fédéraux, à peine élus, soient recrutés dans des conseils d’administration pour des raisons qui ne semblent pas toujours liées à leurs compétences professionnelles.
    2. Et, partant, que la charge subversive des prophètes et des poètes tient justement dans leur besoin incongru d’appeler les choses par leur nom!
  • Grand Conseil : vision et perspectives pour Genève

    A l'occasion des élections cantonales, le journal Tout l'Immobilier m'a interviewé sur les raisons de ma candidature au Grand Conseil dans son édition du 19 mars. Si vous pouvez également en retrouver l'intégralité ici, je vous propose de prendre connaissance des points principaux ci-dessous :

    - Vous êtes depuis douze ans conseiller municipal de la Ville de Genève. Pourquoi vous présentez-vous au Grand Conseil?

    De par cette expérience politique au niveau communal, ainsi que ma formation de politologue, je pense avoir toutes les cartes en main pour pouvoir me rendre utile au niveau cantonal. Ceci même si ma fonction de Conseiller municipal me passionne encore plus qu'au premier jour et que quoi qu'il arrive, j'escompte continuer de m'impliquer pour améliorer les choses en Ville de Genève.

    - Vous plaidez toujours pour une gestion rigoureuse des finances publiques, mais quel grand projet, quel rêve avez-vous pour Genève?

    Si j'écoute ma raison, je dirais justement de cesser de vivre au détriment des générations futures par l'augmentation de la dette publique. Mais si j'écoute mon cœur, je dirais la construction d'une nouvelle patinoire pour le Genève-Servette Hockey Club (GSHC).

    - Quel est, à vos yeux, l’urgence numéro 1 à Genève?

    L'urgence numéro 1 est de proposer des solutions aux problèmes des Genevois. Parmi celles-ci, mettre fin à la hausse constante des primes d'assurance-maladie, permettre à l'ensemble de la population de se loger ou encore mettre fin à l'augmentation de la dette publique qui est un fardeau pour les générations futures. Ainsi que redonner du pouvoir d'achat à la population.

    - Le logement reste un casse-tête pour les Genevois. Que proposez-vous sur ce plan?

    La crise du logement résulte de l'inadéquation entre l'offre et la demande. Pour y répondre, il faut non seulement construire davantage mais aussi et surtout proposer des logements qui répondent aux besoins de l'ensemble de la population. Soit de la PPE, du loyer libre et pas uniquement du logement social, dont la classe moyenne est d'ailleurs exclue en raison des barèmes d'accès.

    A cet égard, je suis partisan d'une généralisation des Habitations Mixtes (HM) lors de la construction de logements par l’État. Avec ce système, le loyer est fixé selon la situation financière de chacun avec l'immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsqu'ils voient leurs revenus dépasser un certain seuil. Ce faisant, nous pourrons créer de la mixité sociale tout en augmentant les revenus du parc locatif. Surtout, nous devons mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. La facilitation de la transformation de bureaux en logements en est une.

    - Le Grand Genève suscite désormais beaucoup de méfiance : problème de transport, nombre de frontaliers, pression sur le prix des logements. Le Grand Genève est-il encore un objectif souhaitable?

    Il est non seulement souhaitable mais nécessaire car nous ne pouvons pas affronter ces défis de manière isolée. Nous devons au contraire renforcer notre collaboration pour relever ceux-ci. Par exemple en élargissant les coopérations dans les politiques publiques transfrontalières et, de manière plus concrète, en remettant sur le tapis la construction de P+R à la frontière.

    Si la libre-circulation a amené des externalités négatives que nous devons corriger à travers la mise en place de mesures d'accompagnements, je relève surtout qu'elle a permis à notre pays, comme à notre canton, de voir sa prospérité et sa richesse augmenter. L'absence de coopération avec nos voisins serait ainsi bien pire pour tout le monde car nous additionnerons nos problèmes plutôt que de tenter de les résoudre en commun.

    - A 33 ans, vous avez déjà une longue expérience politique. Qu’est-ce que votre engagement politique vous a apporté et que pensez-vous pouvoir encore apporter à votre canton?

    Tout d'abord une profonde connaissance de nos institutions et du monde politique. Et l'envie toujours plus grande de m'impliquer pour améliorer les choses à Genève. Je pense ainsi pouvoir apporter mon enthousiasme et ma capacité d'écoute pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés par la population genevoise.

    - Quels sont vos hobbies?

    Mon principal hobby est la lecture, principalement d'ouvrages traitant d'histoire, de politique ou de sociologie ainsi que de bandes dessinées. J'apprécie également les longues balades à pied et me rendre à la patinoire des Vernets en tant que fan assidu du Genève-Servette Hockey Club.

  • Scrutin du 19 mai 2014 : Une organisation à revoir !

    Depuis quelques années, j'ai le plaisir d'exercer la fonction de vice-président du local de vote de Florissant-Malagnou (21-07), cette activité est passionnante et le processus qui régit le scrutin est, d'habitude, réglé comme du papier à musique par le Service des Votations et Élections (SVE).

    Je dis d'habitude car la votation du 19 mai 2014 a été entachée d'un gros couac que je me propose de relater ici et dont la Tribune de Genève s'est également fait l'écho dans son édition du jour.

    Ainsi, suite à une modification de la loi sur l'exercice des droits politiques, plus précisément son article 49, entrée en vigueur le 1er mai 2014 et que vous pouvez trouver ici, le transport des urnes peut dorénavant être confié à une entreprise privée. Cette modification, qui est selon moi bienvenue, permet de décharger la police cantonale qui effectuait cette mission jusqu'à maintenant et c'est donc la société Protectas qui s'est vue confier le mandat par la Chancellerie d’État pour ce scrutin.

    Si le but de cette sous-traitance est bienvenu (recentrer la police sur son activité de base qu'est la sécurité de la population), cette dernière ne doit pas se faire au détriment de l'efficacité du processus de vote comme cela a été le cas lors du scrutin du 19 mai 2014 avec une collecte des urnes qui n'a pas été à la hauteur. Chose que reconnaît le SVE dans un courrier envoyé ce jour, à l'ensemble des responsables des locaux de vote du canton, et qui montre que le sous-traitant n'a manifestement pas pris au sérieux l'exercice de son mandat, à moins que le contrat de prestation n'ait pas prévu un nombre suffisant de véhicules et de personnel, ce que je ne peux pas m'imaginer.

    Dans le cas du local de Florissant-Malagnou, nous avons passé environ 45 minutes à dépouiller les 177 électeurs qui s'étaient déplacés pour voter mais attendu pendant presque 4 heures que l'on vienne prendre en charge les urnes, cela malgré des appels répétés à la centrale de Protectas qui vous assure à chaque fois qu'une voiture va arriver dans quelques minutes, puis de brancher le répondeur téléphonique face aux nombreux appels qu'elle recevait. Situation identique au local de vote de Champel (21-17), ainsi que dans une bonne partie des locaux de vote du canton, ce qui a non seulement retardé la vérification centralisée à Unimail mais aussi bloqué les responsables des locaux de vote une journée entière, lesquels n'avaient pour seule solution que d'attendre dans le préau de l'école ou dans le voisinage immédiat du local de vote. En effet, non seulement les bâtiments scolaires sont fermés à la fin du dépouillement mais en plus, il n'est pas autorisé d'aller attendre à son domicile, alors même que les responsables vivent souvent à proximité dudit local.

    Qu'une société privée convoie les urnes de vote, qui ont été scellées par les responsables des locaux empêchant ainsi toute fraude lors du transport, n'est pas un problème en soi. Le problème est que la sous-traitance s'est faite ici au détriment de l'efficacité, voire même de la sécurité du processus électoral, pour les raisons vues ci-dessus. Le Service des Votations et Élections (SVE) doit ainsi prendre les mesures qui s'imposent pour s'assurer qu'une telle gabegie ne se reproduise pas, et surtout que l'attente pour le transport des urnes retrouve un délai raisonnable, soit une demi-heure entre la demande et la prise en charge effective de l'urne de vote. Car il n'est pas normal de passer davantage de temps à attendre la prise en charge qu'on en a mis à dépouiller les bulletins de vote.

    A défaut de changer le prestataire du service de transport des urnes qui a bien mal inauguré son mandat, une solution serait peut-être d'autoriser les responsables des locaux de vote d'apporter eux-mêmes les urnes à Unimail ou à l'Hôtel-de-Ville. Chose que le SVE n'a pas permis ce dimanche malgré 4 heures d'attente dans le vide quand une demi-heure aurait suffi à venir en personne, voire de leur permettre de rentrer chez eux et qu'on vienne ensuite à leur domicile chercher l'urne.

    Espérons donc que les leçons de ce fiasco seront tirées pour le prochain scrutin, chose qui paraît bien partie vu que la Chancellerie d’État, et le SVE qui en dépend, se sont engagés ce jour à le faire. Enfin, si on pouvait aussi réfléchir à revenir sur l'impossibilité récente de convoquer des jurés électoraux en deux parties (une pour la surveillance du scrutin et une pour le dépouillement), ainsi que sur la fin de la possibilité de voter dans un local qui n'est pas le sien dans le dernier quart d'heure du scrutin, cela ne pourrait que faciliter encore le processus de vote dans les locaux.

  • Oui, la chasse aux dealers est une priorité !

    On apprend dans le "Matin Dimanche" du jour que la Task Force Drogue (TFD) a vu ses effectifs réduits de près de 40% depuis janvier 2007, avec comme première conséquence un recul de 12% des arrestations sur la même période.

    L'argument avancé pour justifier la réduction du nombre de policiers affectés à cette brigade est l’affectation de gendarmes pour la sécurité de l'Euro 2008, on peut cependant se poser des questions sur le caractère "temporaire" de la mesure qui a pris effet en janvier 2007, soit plus d'un an et demi avant le début de l'Euro, qui fait qu’on est en droit de s'interroger sur l’argument utilisé pour justifier le retrait de 7 gendarmes à la TFD.

    Reste maintenant à espérer que les effectifs de la TFD seront remis à un niveau suffisant dés la fin de l’Euro, cela pour maintenir une pression forte sur le marché de la drogue mais aussi pour permettre aux policiers d’être en nombre suffisant pour faire face à tout type de situation lors de leurs interventions.

    Comment comprendre cette décision quand on voit que le nombre de gendarmes déplacés constitue environ 1% de l’effectif total de la gendarmerie ? La marge de manœuvre est-elle si réduite ? Il serait ainsi injustifiable que l’effectif de la Task Force Drogue (TFD) ne soit pas augmenté après l’Euro…

    La lutte contre le trafic de drogue doit être constante, continue et permanente. On ne saurait faire de quartier à l’insécurité aussi temporaire et minime soit-elle…la chasse aux dealers et la diminution de la criminalité ne doivent souffrir d’aucun répit dans un Etat de droit…

    On peut aussi relever au passage que le problème est une fois de plus un souci d’effectifs, rappelons cependant que le budget actuel de la police permettrait déjà d’engager plusieurs dizaines de gendarmes supplémentaires mais qu’on n’en trouve pas du fait de la baisse d’attrait de la profession, des conditions de travail et du manque de soutien politique.

    Que ce soit sur le plan des effectifs, de l’équipement ou de l’organisation, il est plus que temps de (re)donner à la police genevoise les moyens d’effectuer ses missions !

  • Pas de demi-mesure dans la dépollution d’Artamis

    Depuis plusieurs dizaines d’années, le site d’Artamis est laissé à l’abandon faute de projet et de volonté des diverses collectivités publiques concernées, cette zone est source de quantité de nuisances pour les riverains (sonores, sécurité, etc) et est donc indigne d’une cité comme Genève dans son aménagement et sa situation actuelle.

    Si certaines activités présentes sur le site, tel le théâtre du Galpon, mériteraient d’être « relogées », il ne saurait en être de même pour chacun des occupants qui rappelons-le, le sont de manière illicite. Les personnes présentes sur ce site sont des squatters (coûtant chaque année près de 300'000 francs à la Ville en termes de manque à gagner) et ne sauraient donc être relogées systématiquement pour poursuivre leur activité. Oui à une ou deux exception mais non à une généralisation qui verrait une fois de plus la Ville soutenir des gens se moquer de la loi…

    Cette évacuation est prévue courant 2008, notamment pour procéder à la dépollution et à la décontamination du site, lesquelles vont coûter prêt de 70 millions dans la variante maximaliste, ceci pour assurer un nettoyage et une remise à niveau totale du site.

    Quand bien même le Conseil Administratif ou le canton hésitent sur la variante à adopter (minimale, maximale ou intermédiaire), il est inacceptable de mettre encore une fois la santé publique en danger en étant prêt à se contenter d’un nettoyage partiel…la décontamination et la dépollution doivent donc être pleines et entières ! L’une n’allant pas sans l’autre…

    Durant la campagne municipale, les Radicaux ont proposé la construction d’un éco quartier sur le site d’Artamis, lequel devrait accueillir en priorité du logement mixte (en partie social, en partie à loyers libres) relativement densifié avec de la place pour quelques activités annexes à vocation culturelle ou artisanale, avec 0 places de parking extérieures mais un nombre suffisant de places dans un parking souterrain…et c’est ce pour quoi nous nous battrons lors de la séance du Conseil Municipal du 15 janvier !

  • Des Badges d’identification pour les Gendarmes ?

    Alors que le sentiment d'insécurité est grandissant à Genève, et que chacun y va de sa recette pour améliorer les choses, une idée dans l'air est de donner un numéro d'identification aux gendarmes visible sur l'uniforme pour que d'éventuelles plaintes contre eux puissent être diligentées directement et nominalement.

    Nul ne nie que certains policiers dépassent parfois la mesure, mais faut-il généraliser ? Et que se passera-t-il si des criminels peuvent accéder par ce biais au nom et à l'adresse d'un policier ? Faut-il rappeler ce terrible événement qui avait vu il y a environ deux ans, la femme enceinte d'un douanier tessinois être assassinée par des truands ?

    Ainsi, créer un numéro fixe qui serait attaché  à un gendarme comme identification publique (comme l'est le numéro AVS pour tout à chacun) n'est pas envisageable pour d'évidentes raisons de sécurité. Quand à créer des numéros « volants » qui changeraient chaque jour pour éviter ce genre de problèmes, cela revient à créer un système d'une lourdeur administrative telle que certains policiers devraient être affectés chaque jour à la préparation des numéros du lendemain. Or, un policier affecté à une tâche administrative, c'est un policier en moins dans la rue...

    La seule chose qui est sûre, c'est que la sécurité dans les rues ne s'améliorera pas en donnant un badge d'identification à chaque gendarme.

    Comment peut-on partir du principe que chaque policier doit être clairement identifiable car potentiel auteur de bavure ? Comment avoir un personnel de police motivé avec une telle mesure ? L'identification d'un policier ayant commis une bavure est déjà possible, ceci par la simple vérification de la liste des policiers engagés sur une opération et le recoupement auprès des policiers ayant participés à celle-ci, auquel on peut ajouter le témoignage de l'éventuel plaignant et autres protagonistes.

    Mieux vaudrait lancer une véritable campagne de recrutement pour la gendarmerie et adapter le cadre légal nécessaire au travail et à l'organisation de la police si on veut améliorer la sécurité à Genève !

  • Loi sur les ASM : encore un effort !

    On l'a attendu, désiré, espéré. Le nouveau projet de loi sur les ASM est enfin là. Fruit des Assises de la Sécurité de février 2007, on était en droit d'attendre beaucoup de ce projet pour au final n'avoir qu'un ersatz des réformes attendues.

    Disons le tout net, le projet de loi sur les ASM n'est pas satisfaisant en l'état et il est à espérer que la phase de consultation puis le vote du Grand Conseil ou encore celui du Conseil Municipal de la Ville de Genève (qui interviendra au mois d'octobre) corrigeront cet état de fait.

    Car si on peut se réjouir de l'octroi de la palpation de sécurité, ce projet de loi n'admet toujours pas que le travail de l'ASM peut être dangereux et qu'il doit donc être équipé en conséquence via le bâton tactique ou le bâton tonfa.

    Alors même que l'argumentation du Département des Institutions pour la palpation relève « l'évolution intervenue en matière d'incivilités et de délinquance » et justifie « d'octroyer cette compétence aux ASM afin de leur permettre d'assurer leur sécurité ». Il faut aller jusqu'au bout et donner un véritable moyen de défense aux ASM.

    Enfin, si on va dans la bonne direction avec le changement d'uniforme et de dénomination pour les actuels Agents Municipaux (AM) que l'on ne confondra plus avec les ASM, on ne doit pas s'arrêter en si bon chemin et donner la dénomination matérielle de « Police Municipale » ou « Police de Sécurité Municipale » à l'ASM.

    La sécurité personnelle de l'agent et sa visibilité ne doivent pas être prises à la légère, il en va simplement de sa crédibilité...et de la sécurité des citoyennes et citoyens !

    Que dire enfin de la transformation d'une exception en une règle avec la possibilité que s'octroie le canton de donner des « devoirs spécifiques » aux ASM d'une commune sans passer par l'accord du Conseil Administratif ou du maire ?

    Que penser de la possibilité que se garde le canton d'avoir accès à une partie des recettes des amendes jusqu'ici entièrement dévolues aux communes ? Alors que dans le même temps il ne juge pas adéquat de payer une prestation aux communes quand il utilisera les ASM de celles-ci ? Et le catalogue effectué ici n'est de loin pas exhaustif...

    La nouvelle loi sur les ASM ne doit pas être un succédané de la précédente, elle doit adapter le cadre légal qui entoure le travail des ASM aux réalités d'aujourd'hui.

  • Des violences inacceptables pour une cause qui ne l’est pas moins !

    Alors que la manifestation de samedi en faveur des squats a donné lieu à des débordements, on se dit d'abord que ceux-ci sont le fait de casseurs totalement étrangers à la manifestation et on ne doute pas un instant que les organisateurs vont condamner les violences ayant eu lieu. On en vient même à regretter que la cause des squats puisse être « salie » par ces actes...

    Mais que lit-on dans « Le Matin » quand on interroge l'un d'entre eux ? Propos repris par plusieurs médias ce jour (temps, tribune...)

    Que la colère peut avoir de multiples formes d'expression, y compris donc l'action des casseurs...

    Le Matin Dimanche

    Quel regard porte l'ancien porte-parole des squatters, Maurice Pier, sur l'action des casseurs?

    «La colère a de multiples formes d'expression. C'en est une. Quand les pouvoirs politique et judiciaire se coordonnent pour réprimer les droits d'expression des citoyens, il ne faut pas s'étonner que d'autres moyens d'expression émergent.»

    Ainsi, briser les vitres du siège du Parti Radical Genevois dont le procureur général est membre, mettre le feu à une voiture ou renverser tous les deux-roues parqués sont une forme d'expression. Et jeter des pavés sur les forces de l'ordre c'est sans doute une œuvre d'art ?  Ah non, ça doit toujours être une forme d'expression...

    Ce n'est même pas de l'angélisme, c'est de la complicité ! La violence doit être condamnée d'où qu'elle vienne et ne saurait connaître la moindre légitimation comme veut le faire ici le porte-parole de Rhino...

    Les propos ainsi tenus sont absolument inacceptables et montrent clairement que certains défenseurs des squats ne se réfugient derrière les lois que quand ça les arrange...alors que la loi est la même pour tous, défenseurs des squats compris !

    Espérons maintenant que les politiciennes et politiciens de gauche qui défendent le squat condamneront sans ambigüités les violences de samedi...

  • Rhino évacué...Enfin !

    Depuis environ 14h00 ce lundi 23 juillet, l'évacuation de Rhino suit son cours. Enfin !!!

    Fini le temps ou la propriété privée et l'interêt public étaient bafoués, autant l'existence de Rhino pouvait trouver une certaine (et encore...) légitimité à ces débuts (absence d'affectation des locaux et lutte contre la spéculation), autant le squat Rhino d'aujourd'hui n'avait plus aucune raison d'être toléré. Un projet de construction de logements HBM est prévu par le propriétaire, il faut donc que celui-ci puisse le réaliser.

    Après rénovation, c'est plusieurs dizaines de logements qui se verront attribués à des personnes sur une liste d'attente de régie. Le squat ne crée pas de logements, il tue le logement en transformant en dindon de la farce les habitantes et habitants de Genève qui respectent les lois et ne trouvent pas à se loger.

    Une petite pensée aussi aux hommes et femmes de la gendarmerie genevoise qui sont en train d'assurer l'évacuation du squat et qui auront à maintenir l'ordre dans les rues si les troubles qu'on a connus lors de l'évacuation du squat de la Tour devaient se reproduire.  Les mêmes qui assurent au quotidien notre sécurité aux côtés de la police judiciaire, de la police de sécurité internationale et de la sécurité municipale. Bravo et merci !

  • L'évacuation des squats

    « Inacceptable », « illégale », tels sont les arguments s que certains avancent pour contester l'évacuation des squats par le procureur général Daniel Zappelli.

    On reproche donc au gardien des lois qu'est le procureur général de faire appliquer celles-ci. En prenant tout simplement partie pour des propriétaires qui souhaitent récupérer leur bien.

    Mais sur le plan politique de qui se moque-t-on ? Le squat de la Tour laissera la place à plusieurs logements subventionnés qui pourront accueillir des familles, ce qui sera aussi le cas de Rhino après son évacuation.
    Est-ce scandaleux ? inique ? Apparemment oui pour une partie de la gauche qui se sert en plus de ce même manque de logements pour justifier le squat.

    Toute évacuation est justifiée à partir du moment où les lieux occupés illicitement peuvent faire place à des logements.  Il n'est pas acceptable que des gens qui respectent les lois ( les personnes sur une liste d'attente de régie) passent après des squatters qui ne les respectent pas.

    Libre à ceux qui veulent un mode de vie « différent »  de le vivre, mais que cela ne soit ni aux frais de la collectivité ni en violation de la loi.