Conseil administratif : ramener la sécurité dans nos rues

A l'occasion des élections municipales du 15 mars, le Syndicat des polices municipales genevoises m'a interrogé sur ma vision en matière de sécurité. Vous en trouverez les réponses ci-dessous. Ma vision en la matière pouvant se résumer en deux mots : coordination et complémentarité entre les différents corps de Police. Sachant que ces questions étaient mon principal domaine de recherche à l'Université, je m'engage à améliorer la sécurité dans nos rues via la mise en place d'une police coordonnée entre la Ville et l’État.

1. Etes-vous pour une police municipale dont la formation aboutit à l’obtention du brevet fédéral de policier?

Oui. Sous réserve d’une analyse d’un ratio coût/opportunité. La question étant de savoir si on doit reprendre à zéro toute la formation ou si les modules de la formation d’APM sont acquis. Car il serait problématique, même par roulement, de devoir envoyer tout l’effectif faire une formation complète à Savatan. Mais nous devons dans tous les cas trouver une solution au problème de la reconnaissance intercantonale de la formation d’APM. La certification d’ASP pouvant être une piste.

2. Suite aux recommandations du rapport de la Cour des comptes, êtes-vous pour une police municipale : intégrée, ou unique (incorporation à la police de proximité cantonale) ou une police municipale sous l’autorité d’une entité infra-cantonale?

Je suis en faveur d’une police coordonnée entre la Ville et le canton. Les APM pourraient par exemple reprendre les missions de proximité de la Police cantonale qui se concentrerait alors sur les missions de Police-secours. Laquelle coordination pourrait être facilitée par des officiers de liaison de la Police cantonale qui rejoindraient l’état-major de la Police municipale et vice-versa. Je crois à la collaboration entre les corps de Police mais ne suis pas en faveur d’une tutelle absolue du canton.

3. Quelle est votre vision de la coopération entre la police municipale de la Ville de Genève et les polices municipales des communes limitrophes?

Je crois à l’interopérabilité des différents corps de Police, qu’ils soient municipaux ou cantonaux. Il ne serait pas inutile d’améliorer celle-ci via des accords inter-communaux, en particulier lorsque les nuisances de la commune voisine ont un impact sur la nôtre.

4. Êtes-vous pour équiper les polices municipales de feux avertisseurs (feux bleus) afin de pouvoir intervenir plus rapidement sur des objectifs précis. Ex. : collègues en difficulté.

Oui. Cela devrait déjà être le cas. Je crains cependant que cette question ne puisse être séparée du celle du Brevet Fédéral de Policier (BFP) bien qu’elle soit d’importance.

5. Les conditions de travail des agents de police municipale sont différentes du reste du personnel de la Ville de Genève. Pourtant, seuls les employés du Service Incendie et Secours (SIS) bénéficient d'un statut particulier. Êtes-vous, donc, pour attribuer aux agents de la police municipale un règlement, ou annexe, avec un statut différent que celui du reste des employés de la Ville?

Oui. Les corps uniformés ont un métier différent de celui du fonctionnaire lambda et doivent donc avoir des conditions de travail ad hoc. Certaines adaptations sont ainsi nécessaires sachant qu’il existe déjà un règlement pour la Police municipale (LC 21 411).

Commentaires

  • Sécurité à Genève, Suisse. Par des Suisses?

    Que prévoyez-vous au niveau du recrutement, centralisé, face à l'engagement majoritaire de français exerçant dans notre canton, dont parmi les salariés APM,

    quand nombre de candidats Suisses par ailleurs qualifiés et exerçant en Suisse, sont refoulés en raison du nombre de candidatures reçues par le centre de formation, ouvertes à tous ressortissants de l'UE.

  • Il n'y a aucun frontalier (permis GI parmi le personnel APM dès lors qu'un permis C est nécessaire pour les postulants ne possédant pas la nationalité Suisse. Il est cependant évident qu'à dossier égal, nous devons privilégier les Suisses pour occuper un poste ayant une fonction régalienne.

  • Je suis personnellement persuadé que vous êtes de bonne volonté et que votre démarche va dans le bon sens. Mais petit conseil gratuit: Votre article parle peut-être au syndicat de la police municipale, mais pour la majorité de la population souhaitant plus de sécurité dans les rues, je crains que vos points ne soient perçu que comme du blabla de bureaucrate.

  • Vous avez sans doute raison. Merci. Je vous confirme ainsi ma totale détermination à améliorer la sécurité dans nos rues et espère avoir l'occasion de répondre à vos doléances dans quelques mois.

  • A quoi servirait de rendre la police plus efficace si le manque de place en prison fait que les délinquants arrétés se retrouvent en liberté tres vite ? Pierre Maudet avait projeté la construction d`une nouvelle prison mais plus personne n`en parle aujourd`hui.

  • Franchement, pourquoi voulez-vous que je vote pour vous si vous n`etes meme pas fichu de publier une question sous forme de commentaire, a laquelle apparemment vous n`avez pas de réponse.

  • Cher Monsieur,

    Il faut juste me laisser le temps de répondre sachant que je ne suis pas derrière mon ordinateur 24h/24.

    Comme vous le soulignez, la prison fait partie de la chaîne sécuritaire et il est nécessaire d'en construire une supplémentaire afin de rendre à Champ-Dollon sa vocation de prison préventive. Le renforcement de la présence policière dans la rue, via une coordination des Polices, permettra cependant de mieux occuper le terrain et de gêner le trafic de drogue par exemple. Ceci via une présence accrue de patrouilles dans les secteurs sensibles, comme la Jonction ou les Pâquis, afin de mieux lutter contre le deal de rue C’est juste une question de volonté politique et de hiérarchisation des priorités. Et cette volonté, je l’ai.

  • Dire qu`une nouvelle prison est nécessaire ne la fera surement pas pousser du sol, d`autant que vous n`en parlez guere dans votre campagne. Il me semble que vos promesses se réduisent a des mesures superficielles de réorganisation de ce qui existe déja avec la contrainte assumée de ne surtout pas augmenter sensiblement les dépenses de la sécurité publique. Dommage, car au-moins vous ne snobez pas la question de la sécurité qui a l`air de paraitre trop prosaique pour la plupart des candidats. Je vous souhaite bonne chance.

  • La question de la construction de la prison est de compétence cantonale. Non municipale. Raison pour laquelle je n'en parle pas ici. Si besoin, je n'exclus pas d'augmenter le budget de la sécurité au niveau de la Ville de Genève mais je préfère d'abord faire un état des lieux complet et mieux organiser le corps des APM.

Les commentaires sont fermés.