• Conseil administratif : reconstruire la confiance via la transparence

    En novembre 2018, la Cour des Comptes publiait un rapport sur les notes de frais du Conseil administratif (voir ici) qui ouvrait une crise politique majeure en Ville de Genève. Tout d'abord en raison de la violation des règles les plus élémentaires de la bonne gestion et de la transparence par le Conseil administratif mais aussi et surtout lorsqu'on apprenait qu'il avait tout fait pour empêcher la Cour des comptes de faire son travail (voir ici).

    Quelques semaines plus tard, en décembre 2018, un rapport du Contrôle financier sur les notes de frais de la fonction publique municipale a été envoyé à une cinquantaine de hauts-fonctionnaires puis à l'ensemble des 80 conseillers municipaux, lequel nous faisait constater des dysfonctionnements majeurs dans certains services de l'administration municipale. Des exemples? Des dépenses privées effectuées avec de l'argent public, des voyages aussi inutiles que dispendieux ou encore une absence quasi-totale de contrôle interne qui aurait pu empêcher cela.

    Aujourd'hui, en décembre 2019, ce rapport n'a toujours pas été rendu public par le Conseil administratif alors même que son intérêt pour la population est manifeste et permettrait de juger sur pièce de la situation sans aucun filtre. Pire que cela, le Conseil administratif a déposé plainte pénale suite à la publication d'éléments dudit rapport dans la presse (voir ici et ), chose qu'il s'est évidemment bien gardée de faire contre certains fonctionnaires ayant abusé de l'argent public. Vous avez dit deux poids, deux mesures? Il aurait été en effet cocasse de les voir sanctionner des fonctionnaires qui ont fait exactement ce que la Cour des comptes leur reproche.

    Cette attitude ne peut plus durer. Alors que le Conseil administratif a déjà tenté d'empêcher la Cour des comptes de publier son rapport sur leurs notes de frais, il continue à cacher quantité d'éléments ayant un intérêt public. Parmi lesquels ce rapport ainsi que jusqu'à récemment celui sur les notes de frais du Grand-Théâtre. Est-ce ainsi trop demander à l'exécutif municipal de faire preuve de transparence en publiant ce rapport pour que la population sache ce qui se passe en Ville de Genève? Manifestement oui. Il est vrai que ce serait tellement plus confortable pour eux de continuer à abuser de l'argent public en paix.

    Pour cette raison, le PLR Ville de Genève, par l'intermédiaire de son président Vincent Latapie, a fait une demande LIPAD auprès du préposé cantonal à la protection des données pour que ce document soit enfin rendu public. Malgré l'opposition du Conseil administratif, le préposé a rendu un préavis favorable courant novembre en soulignant que ce rapport n'était soumis à aucune confidentialité et que les informations qu'ils contenaient avaient un intérêt public manifeste.

    Alors qu'on aurait pu penser que le Conseil administratif respecterait ce préavis, celui-ci se borne dans son refus (voir ici) avec une attitude de déni analogue à celle utilisée contre la Cour des comptes. Alors même qu'il apparaît aujourd'hui clairement que la plainte pénale déposée était abusive et que les informations contenues dans le rapport d’intérêt public. Que souhaite ainsi cacher le Conseil administratif via son refus de respecter le préavis du préposé cantonal à la protection des données? Pourquoi refuser la transparence à nos concitoyens? Ce refus est d'autant plus scandaleux que les frais judiciaires seront encore une fois à la charge du contribuable qui va donc financer le recours visant à lui cacher ce qu'on fait de son argent. Pour toutes ces raisons, le PLR Ville de Genève (via son président Vincent Latapie) a déposé recours auprès de la Chambre administrative afin que le préavis du préposé cantonal à la protection des données soit respecté. Nous déposerons également une motion urgente au Conseil municipal afin d'exiger la publication immédiate de ce rapport, caché depuis trop longtemps à la population genevoise, ainsi que la mise en place d'une véritable culture de la transparence. De même, nous réclamons que l'exécutif  mette fin à sa politique de menace envers le Conseil municipal, la presse et la fonction publique lorsque leur sont demandés des comptes sur leur activité politique (voir ici mon intervention au Conseil municipal de septembre sur le sujet).

    Pour ma part, je pense que la population à le droit de savoir quel usage est fait de l'argent public et ainsi être informée du contenu des rapports du Contrôle financier comme ceux de la Cour des comptes. Le retour à la confiance ne se fera qu'en rendant public les nombreux dysfonctionnements et en prenant les mesures nécessaires pour y remédier, pas en les cachant et en menaçant comme le font les magistrats Sami Kanaan et Rémy Pagani. Il convient encore de souligner que la bonne marche de l'administration ne serait ainsi en aucun entravée par la publication dudit rapport, notamment au vu du coming-out public de la cheffe des bibliothèques municipales dans la Tribune de Genève alors même que son nom ne figurait pas dans le rapport (voir ici).

    En cas d'élection au Conseil administratif, ma première mesure sera ainsi de procéder à un audit complet de la municipalité, puis de le rendre public dans la foulée, afin de reconstruire sur des bases saines et transparentes. Ce n'est qu'à ce prix que nous parviendrons à retrouver un début de confiance et à ramener la sérénité en Ville de Genève.