Changement climatique : osons nous mesurer à nos valeurs

Je suis avec attention les actuelles manifestations contre le changement climatique. J'assiste ainsi à la tentative grossière de récupération politique d'un mouvement dont la force devrait justement être son apolitisme tant cette cause dépasse les clivages partisans. Surtout, je suis étonné de voir à quel point les discours de certains sont en totale inadéquation avec leur comportement individuel.

A cet égard, je me suis posé la question de ma propre attitude et suis donc allé sur le site du WWF afin de voir si j'avais des progrès à faire en la matière et mesurer mes propres valeurs.

En préambule, je souligne que je ne possède pas de voiture ou d'engin motorisé et que je me déplace essentiellement à pied et en transports publics. Je ne prends aussi que fort rarement l'avion et ai été sensibilisé très tôt à l'importance du recyclage et du tri. Mon empreinte écologique est ainsi jugée de la manière suivante par le calculateur du WWF :

Félicitations, c’est parfait! Vous pouvez être fier(e) de vous. Malgré le poids individuel supplémentaire dû aux services publics et aux institutions, vous n’avez que très peu d’impact sur l’avenir de notre planète. Un grand merci, continuez comme ça!

Selon ce dernier, je possède un équivalent CO2 inférieure de moitié à la moyenne suisse (13.51 tonnes) et de 6% à la moyenne mondiale (7.41 tonnes). Je n'ai pourtant pas eu besoin d'injonctions politiques ou légales pour que mes valeurs personnelles soient en adéquation avec les principes du développement durable. Il convient ainsi de rappeler que chacun est différent et je ne prétends donc pas obliger les autres à se comporter comme moi. A l'inverse, je pense que l'addition des comportements individuels est au moins aussi importante que la volonté politique pour arriver à des résultats concrets. Surtout, j'estime que c'est à la classe politique de donner l'exemple et de faire les efforts qu'elle prétend imposer à la population. Soit d'assumer concrètement ses responsabilités.

A cet égard, est-ce que les thuriféraires locaux du changement de pratiques oseront rendre public leur propre empreinte écologique? J'en doute lorsque je constate que certains refusent même de donner la marque de leur voiture individuelle (voir ici). Peut-on ainsi être réellement pris au sérieux lorsqu'on que l'on réclame la fin de la voiture au centre-ville tout en roulant régulièrement, et pour de courtes distances, en 4x4? D'appeler à une restriction des vols de l'aéroport de Genève mais de partir à Bali ou à Cuba lors de ses vacances? Bref, de prôner pour les autres ce qu'on ne s'applique pas à soi-même? Cela reviendrait à être aussi crédible que l'actuel Conseil administratif de la Ville de Genève qui abuse de ses notes de frais d'un côté et prétend lutter contre les privilèges de l'autre.

J'encourage chacun à faire le test ici afin de voir de quelle manière le changement de notre comportement peut contribuer à diminuer le réchauffement climatique. De manière plus ludique, vous trouverez également un jeu de gestion qui nous rappelle que les ressources ne sont pas infinies et que celles-ci doivent être utilisées de manière raisonnable. Nous pouvons encore changer les choses et faire nôtre la devise du Capitaine Planète (voir ici) : «l'avenir ne dépend que de vous».

Commentaires

  • La responsabilité personnelle plutôt que la morale. Félicitations!

  • L'écologie est apolitique. Malheureusement, la droite en a fait un marqueur politique en ne faisant pas la différence entre une vision de société où se mélange idéologies et écologies (PS, Verts), avec l'écologie en elle-même.
    Favoriser la voiture électrique, ce n'est pas favoriser la gauche, mais c'est diminuer la pollution, donc diminuer les maladies induites par le bruit et l'air.

    Individuellement, un homme de droite n'est pas forcément indifférent, mais le PLR suisse oui. La Norvège est active, la Suisse avec la droite dominante, est resté avec cette notion du 20eme siècle, seule la loi du marché compte. Les chinois avalent les entreprises européennes et le PLR reste convaincu de cette loi économique, à l'image de la 5G chinoise, cheval de Troie dans l'économie suisse. Alors favoriser l'écologie...

    Les partis ont une lourde responsabilité sur le retard de la Suisse. Les norvégiens ne sont pas plus écolo que les suisses, ils ont juste une droite plus intelligente dans un pays de pétrole (60% de véhicule électriques/hybrides)

    L'impulsion et l'exemple doivent venir des politiques, je suis d'accord avec vous, reste à savoir si le PLR suisse est capable de donner cette impulsion, je le souhaite. Avec une droite plus impliquée, on peut penser qu'au niveau de l'individu, il y aurait une nouvelle dynamique.

  • Vous avez entièrement raison. Vous pourrez ainsi compter sur moi pour m'y atteler. L'une des pistes étant la fiscalité écologique (principe du pollueur payeur) ou encore l'amélioration de la filière du recyclage et des technologies non-polluantes. Relevons aussi que le PLR Suisse semble davantage prendre conscience de cette problématique depuis quelques temps.

    https://www.rts.ch/info/suisse/10216913-de-plus-en-plus-d-elus-plr-veulent-que-leur-parti-prenne-en-compte-l-ecologie.html

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