Budget municipal 2019 : du social plutôt que des privilèges

Une légende urbaine tenace prétend que la gauche se préoccupe des plus pauvres et la droite des plus riches. Je crois cependant pouvoir dire que rien n'est plus faux suite au récent vote du budget de la Ville de Genève. En effet, ce dernier nous a permis de constater que les partis socialistes et écologistes, parfois renforcé par Ensemble à Gauche, sont davantage occupés à défendre les notes de frais excessives du Conseil administratif, et de certains fonctionnaires municipaux, plutôt que de se préoccuper d'améliorer le quotidien de nos concitoyens les plus faibles.

Relevons donc quelques faits pour étayer cette thèse.

Tout d'abord, le fait que c'est le PLR Ville de Genève qui a proposé – et obtenu - le financement à l'année de l'accueil des sans-abris (1'500'000 francs) tant il est indigne que des gens continuent à dormir dehors dans notre Ville, chose qu'une majorité du Conseil administratif n'a pas jugé prioritaire de réaliser alors même que quatre magistrats sur cinq sont issus des partis de gauche.

Ensuite, le fait que c'est une majorité composée du Parti socialiste, des Verts, d'Ensemble à Gauche ainsi que de quelques PDC qui a décidé de réduire la subvention attribuée au Refuge de Darwyn de 150'000 à 25'000 francs (voir ici). Ceci pour des motifs aussi fallacieux que mensongers dès lors que cette proposition du PLR avait reçu le soutien de la totalité des partis politiques lors du vote en commission des finances. Ce projet était en effet convaincant. Il visait à financer l'insertion sociale d'enfants, de résidents d'EMS et de personnes handicapées, domiciliés pour nombre d’entre eux en Ville de Genève, à travers l'équithérapie. En d’autres termes, il permettait l’accès à la thérapie à travers des animaux à des populations fragilisées n'ayant pas les moyens et la possibilité de le faire actuellement.

La raison de cette coupe budgétaire? Tout d'abord, le mépris de certains pour la cause animale ainsi que celle de l’insertion sociale de personnes fragilisées, mais aussi et surtout le besoin de trouver une économie équivalente afin de financer des associations n'ayant fait aucune demande formelle (au contraire du Refuge de Darwyn). Il est vrai que lorsqu'on est dans les bons papiers de certains partis, on n’a pas besoin de se justifier pour recevoir une aide financière. Et que les sans-abris, comme les animaux, ne votent pas au contraire de « clientèles » qui soutiennent des partis en fonction des subventions et des prébendes attribuées. Il est ainsi navrant que ce soit le Refuge de Darwyn qui en fasse les frais tant leur projet était utile et nécessaire.

Ainsi, lorsque je lis aujourd'hui que des élus se plaignent de cette coupe, alors même que leurs propres partis ont démantelé ce magnifique projet, je ne peux que m'étonner devant cette tentative grossière de récupération politique. A cet égard, j'annonce d'ores et déjà que je proposerai à nouveau l'octroi de cette subvention lors du prochain exercice budgétaire et me réjouis de voir si la proximité des élections amènera certains partis à retourner leurs vestes. Les chevaux et les ânes vous en remercient déjà.

Commentaires

  • La Ville ne s'occupent en tout cas pas des SDF hommes et femmes qui sont dans nos rues! Je voyais une vieille dame dans un bus ce matin, elle dormait toute recroquevillée, contre ces bagages, on est à ce point incapable de trouver un endroit décent pour cette vieille dame, qui est obligée de prendre le bus pour avoir chaud???? C'est honteux!

  • Oui. C'est honteux. J'ose cependant penser que les services sociaux vont la prendre en charge dans les meilleurs délais.

  • Excellent billet!

  • Intéressant.

    En fait, ce que vous suggérez c'est que, ... dans le cadre défini par les deux angles diagonalement opposés que vous décrivez (les deux exemples que vous évoquez), ... ces machins, ... que vous identifiez plutôt à gauche, ... se préoccupent davantage à dépenser l'argent publique, ... prélevé sur les revenus des masses travailleuses, ... (argent publique assimilé à un "capital"), ... à entretenir leur propre image et leur réputation de défenseurs de masses pour s'assurer de rester au pouvoir, ... demain, ... et de profiter pendant tout ce temps de ses avantages, commodités et facilités l'accompagnant, ... plutôt que de transformer ce capital en infrastructure ... visant à héberger et protéger les pauvres et les abandonnés ... d'aujourd'hui.

    Ai-je bien compris ?

  • Pas exactement. Je prétends que ceux qui prônent à longueur de temps défendre les plus faibles ne le font pas en réalité. Pour preuve les éléments que je soulève ici.

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