14/03/2018

Budget municipal 2018 : un excédent en trompe l’œil

Début septembre 2017, le Conseil administratif de la Ville de Genève présentait un budget déficitaire de 20 millions de francs. Suite au refus d'entrée en matière par le Conseil municipal, l'exécutif est revenu courant novembre 2017 avec un budget excédentaire de 261'000 francs. Preuve que la majorité du Conseil municipal, le PLR en tête, avait raison de renvoyer le premier projet de budget à l'expéditeur. En effet, il n'était pas de la responsabilité du Conseil municipal d'équilibrer le budget à la place du Conseil administratif.

Si l'actuel projet de budget est meilleur que le précédent, il reste cependant inacceptable en l'état. En effet, son excédent n'est que de 261'000 francs pour un total de charges de 1'131'980'358 francs. On peut donc d'ores et déjà affirmer qu'il n'est que de façade vu qu'on sait déjà que les coûts engendrés par le retard dans le chantier du Grand-Théâtre, et le complément de subvention nécessaire pour son fonctionnement suite à l'absence de financement cantonal, se monteront à plusieurs millions.

Par ailleurs, on ne peut qu'être surpris que pour parvenir à cet équilibre, le Conseil administratif a budgété des recettes fictives. Notamment celles des horodateurs de stationnement pour un montant de 8.5 millions, qui étaient jusqu'alors dévolues au canton, et dont rien ne dit qu'elles seront effectivement versées à la Ville de Genève vu qu'il y a conflit sur cette question. Il est ainsi regrettable que l'équilibre budgétaire ne soit atteint qu'à travers l'utilisation de tels artifices. A plus forte raison que la somme en question figure dans le budget cantonal 2018, sans avoir été remise en question par aucun parti politique, et ne saurait donc être à la fois dans le budget de la Ville et celui de l’État.

Aujourd'hui, nous savons d'ores et déjà que le Grand-Théâtre de Genève doit recevoir un complément de budget suite au refus du Grand Conseil de voter la part cantonale mais aussi et surtout des frais engendrés par le retard du chantier de rénovation. Soit une somme avoisinant les 5 millions. Par ailleurs, suite au refus des économies budgétaires 2017 par la population, le Conseil administratif a la responsabilité d'intégrer cette somme dans le budget 2018 pour que ce vote ne soit pas totalement inutile. Comment allons-nous faire avec un excédent budgétaire de seulement 261'000 francs qui ne permet aucune marge de manœuvre? Car aujourd'hui, il y a une incertitude sur un montant d'une quinzaine de millions entre les nouvelles charges et les recettes non garanties.

Pour mettre fin à cette incertitude, le Conseil municipal a voté une motion urgente (voir ici) rédigée par mes soins et qui demande une réactualisation du budget 2018. La balle est maintenant dans le camp du Conseil administratif pour proposer un budget équilibré respectant la volonté populaire. Car même si les économies proposées étaient indolores, nous nous devons de respecter le verdict des urnes tout en essayant de cesser de vivre à crédit sur les générations futures. En effet, entre une dette qui a augmenté de 100 millions de francs depuis 2010 et qui va encore s'alourdir de 21.8 millions en 2018, un budget dont les dépenses sont chaque année poussées à l'extrême-limite et qui ont augmentées de plus de 100 millions en 10 ans, force est de constater qu'on continue de faire vivre la municipalité au-dessus de ses moyens.

Aujourd'hui, comme c'est le cas depuis le début de la législature, nous restons confrontés au refus constant de la majorité de gauche du Conseil administratif de discuter avec la majorité de droite du Conseil municipal. Alors même que ce n'est pas faute d'avoir essayé de notre côté, ceci en proposant de trouver un juste milieu entre les objectifs politiques de chacun.

A cet égard, il convient de relever que la conseillère administrative en charge des finances, Sandrine Salerno, porte une lourde responsabilité sur les blocages actuels vu qu'elle n'arrive pas à faire passer les intérêts de la Ville de Genève avant ceux de son parti politique. Qui peut ainsi légitimement penser qu'elle saura faire au Conseil d’État ce qu'elle est incapable de faire au Conseil administratif de la Ville de Genève? Soit de négocier et d'accepter de forger un compromis avec un autre bord politique que le sien sachant qu'en plus, elle n'aura pas davantage de majorité dans le futur Grand Conseil qu'elle n'en a au Conseil municipal actuel.

Alors que l'année 2018 est déjà bien entamée, un simple constat suffit pour voir que l'administration municipale a parfaitement fonctionné durant 2017 malgré ceux qui affirmaient que les 2.4 millions d'économies votées par le Conseil municipal mettraient en péril les prestations à la population.

Une preuve de plus que le projet politique que nous défendons ne met aucunement en péril les prestations à la population et le bon fonctionnement de la municipalité. A contrario, c'est bien le Conseil administratif en général, et l'actuel maire de la Ville de Genève en particulier, qui nuisent à ce bon fonctionnement. Tout d'abord par leur attitude dans l'affaire de la votation municipale annulée et maintenant leur refus d'adapter le budget 2018 aux nouvelles réalités financières. Est-ce ainsi si difficile pour l'exécutif municipal et ses affidés de comprendre que notre culture politique est basée sur le dialogue et le consensus? Manifestement oui.

Commentaires

salerno ne comprend rien aux chiffres, et elle ne sait pas lire un bilan!

Écrit par : Dominique Degoumois | 15/03/2018

Les commentaires sont fermés.