14/04/2015

Conseiller Administratif : 254'000 francs par an, c'est trop !

Lors du débat budgétaire de décembre 2014, j'avais proposé au nom du PLR de baisser de 20% les salaires du Conseil Administratif (économie d'environ 250'000 francs par an) et de 20% les jetons de présence du Conseil Municipal. Le motif ? Tout simplement de faire participer les autorités que nous sommes à l'effort commun de réduction des dépenses. Ces propositions ne sont pas nouvelles car je les avais déjà faites lors de certains débats budgétaires des années précédentes.

Malheureusement, à ces diverses occasions, le PLR a été quasiment seul pour défendre une telle position. Il a été d'autant plus seul que les mêmes partis de gauche, qui sont prompts à donner des leçons de gestion au secteur privé, ne sont pas prêts à avoir la même réflexion lorsque cela touche les salaires de leurs propres magistrats. Lesquels touchent un salaire d'environ 254'000 francs bruts par an indemnités non comprises (voir ici un article de la Tribune de Genève de 2012 sur le sujet).

Le débat de fond est pourtant légitime, est-il ainsi normal de toujours faire des économies sur le dos de la fonction publique, et de la population, et ne pas donner l'exemple en commençant par nous-même ? Est-ce que les salaires et les jetons de présence du monde politique sont une vache sacrée intouchable ? Ce n'est en tout cas pas l'opinion du PLR qui souhaite que les autorités que nous sommes participent également à l'effort commun de réduction des dépenses et de la dette.

De plus, on ne peut s'empêcher de rappeler que la majorité des membres du Conseil Administratif de la Ville de Genève appartiennent à des partis qui ne cessent de s'attaquer à ce qui fait la richesse et la prospérité de notre canton. D'un côté, on peut critiquer l'existence des forfaits fiscaux, les salaires du privé et la présence des banques et multinationales à Genève. De l'autre, toucher un salaire élevé qui est payé en grande partie par ces mêmes milieux via l'imposition. Vous avez dit incohérence ?

A cet effet, on rappellera aussi la différence majeure entre les salaires d'un exécutif (qui plus est municipal) et ceux de dirigeants d'entreprises : soit le fait qu'un entrepreneur a pris des risques pour monter sa société et que son salaire est lié à la bonne marche de son entreprise. Car si on a le choix d'investir ou non dans une société, on n'a pas celui de payer ses impôts. Voit-on ainsi le Conseil Administratif baisser son salaire de lui-même lorsque la santé financière de la Ville est mauvaise ?

Jusqu'alors, les économies ne se sont jamais faites au niveau du fonctionnement des autorités. Cela doit changer. Cela doit d'autant plus changer que les autorités que nous sommes ont le devoir de donner l'exemple dans le contexte économique tendu que nous vivons. Ce n'est qu'à ce prix que nous recréerons le lien de confiance qui s'est distendu avec la population.

Enfin, sur un plan institutionnel, rappelons que pour des responsabilités moindres, un conseiller administratif de la Ville de Genève gagne quasiment le même salaire qu'un conseiller d’État. Est-ce normal ? Je vous laisse répondre à cette question et vous invite également à lire ici l'article du journal 20 Minutes de ce jour sur le sujet.

Commentaires

Je suis bien de votre avis.
Nos élus doivent être ceux qui donnent l'exemple.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 14/04/2015

La solution est le salaire au mérite mais il y a un problème, est-ce que ces personnes sont méritantes ? Je parie que certains d'entres eux devraient rembourser pas mal de pognon !

Écrit par : Gedeon Teusmany | 14/04/2015

Ah qu'ils sont touchants nos socialistes-verts-gauchistes bobos, cette "gauche" caviar qui se bat et glapit pour conserver ses acquis financiers !

Sans compter les avantages "en nature".... Combien le loyer de l'appartement où vit Mme Salerno ??

Comment voulez-vous qu'ils soient proches des électeurs qui peinent à boucler leurs fins de mois !

On comprend mieux que ce quartett pathétique s'accroche désespérément à ses sièges, où donc dans le privé, avec leur formation et leur CV pourraient-ils espérer une telle rémunération, les Salerno, Pagani, Alder et Kanaan ??

Écrit par : A. Piller | 14/04/2015

Les commentaires sont fermés.