18/03/2015

Conseil Municipal : bilan et perspectives sur mon activité

A l'occasion des élections municipales, le journal Tout l'Immobilier m'a fait le plaisir de m'interviewer sur mon activité de conseiller municipal dans son édition du 16 mars. Si vous pouvez également en retrouver l'intégralité ici, je vous propose de prendre connaissance des points principaux ci-dessous :

Quels ont été les points marquants de votre activité au Conseil municipal ?

J’ai déposé beaucoup de projets sur des sujets divers et variés. Par exemple sur l’augmentation des compétences des Agents de la Police Municipale (APM), l’interdiction du cumul d’un mandat de conseiller municipal avec celui d’une commission extraparlementaire ou encore la suspension de la hausse des taxes du domaine public pour les commerçants. Je me suis aussi battu pour rénover la patinoire des Vernets et, à présent, pour construire une nouvelle patinoire à Genève.

Et dans le domaine de l’immobilier ?

Je m’oppose, en compagnie de mes collègues PLR, aux recours incessants de la Ville de Genève contre les surélévations d’immeubles. A l’heure où l’on connaît une pénurie, il n’est pas normal de s’opposer à la création de logements supplémentaires. De plus, je pense qu’il serait nécessaire de modifier le règlement de la Gérance Immobilière Municipale (GIM) pour permettre également à la classe moyenne d’avoir accès au parc locatif municipal.

On dit pourtant que la droite est devenue majoritaire en 2011 au délibératif municipal, une première après deux décennies de domination de la gauche...

Les apparences sont trompeuses. En 2011, les partis de droite et du centre (PLR-UDC-MCG-PDC) ont obtenu 42 sièges et ceux de gauche 38, un changement de majorité qui est une première depuis vingt ans. Mais très vite, deux élus PLR et un élu UDC ont quitté leurs partis respectifs pour siéger en indépendants et, le plus souvent, voter avec la gauche. La volonté populaire de 2011 a donc été tronquée avec des partis de gauche qui ont pu faire passer leurs projets par le renfort de ces élus indépendants. A titre d'exemple, deux budgets sur quatre durant cette législature ne sont passés que parce que ces indépendants, élus sur des listes de droite, ont voté avec la gauche.

Que voudriez-vous changer dans le règlement de la GIM ?

Tout d’abord, il faudrait modifier les barèmes d’accès afin de permettre à la classe moyenne d’avoir accès aux appartements de la GIM. Ensuite, il faudrait abaisser le pourcentage de logements sociaux (actuellement de 95%) afin d’offrir des logements en loyer libre à prix raisonnable. L’enjeu est d’enrayer le départ de la classe moyenne qui ne parvient pas à se loger en ville, alors que les loyers libres sont souvent trop élevés et les logements sociaux inaccessibles.

De plus, en augmentant la part de loyers libres, on ferait rentrer de l’argent qui permettrait de financer la construction de logements supplémentaires. Surtout, le fait de modifier les barèmes d’entrée et le pourcentage de logements sociaux permettrait d’avoir davantage de mixité sociale.

Vous reprochez paradoxalement à la GIM de pratiquer des loyers trop élevés...

Effectivement. Pour ce qui est de son parc social, la GIM applique son propre calcul pour le loyer, qui ne se base pas sur le RDU de l’Office cantonal du logement. Dans les faits, la GIM travaille depuis cinq ans en calculant les loyers sur la base d’un article transitoire de son règlement , et cela a fait monter les loyers d’une bonne partie des locataires, particulièrement les plus modestes, qui ont vu leur situation se péjorer avec ce nouveau règlement et la politique qui l'accompagne. Faire de la rentabilité est une chose, mais pas sur le dos des plus faibles.

Avec le RDU, on prend en compte les déductions de l’impôt cantonal, notamment les frais médicaux, ce qui fait des déductions plus élevées et surtout plus adaptées à la situation personnelle de chacun. La GIM, elle, prend le revenu brut moins 8%. Une bonne partie des locataires de la GIM paie donc un loyer plus élevé qu’ils ne devraient. Par ailleurs, une disposition transitoire n'a pas vocation à durer 5 ans, on peut donc dire que le règlement de la GIM n'est pas correctement appliqué.

On parle aussi d’expulsion de personnes âgées...

Le nouveau règlement de la GIM donne des moyens pour résilier les baux, qui sont ensuite utilisés comme moyen de pression pour que les gens acceptent de partir. On traite les gens comme de simples dossiers en oubliant qu'il y a des vies derrière ces numéros. Les personnes âgées en tête vu qu'elles n'ont souvent plus la distance nécessaire pour mettre en perspective les menaces de résiliation de bail. Je me remémore l'exemple d'une nonagénaire ayant reçu une mise en demeure, avec menace claire d'une résiliation de bail, faute d'avoir transmis à temps un document sur sa situation financière, laquelle ne pouvait guère changer vu qu'elle vivait de la seule AVS depuis sa retraite (voir ici si vous souhaitez en savoir plus).

Le cas de la villa Ambrosetti est aussi emblématique de certaines méthodes : on a voulu transformer des logements à loyers libres en foyer pour femmes battues. Les locataires qui auraient dû être expulsés, ont été sauvés par le Conseil municipal (contre l'avis des socialistes et des écologistes) et le foyer a finalement été fait ailleurs sans qu'on ait besoin d'expulser personne. C'était juste une question de bonne volonté. Je vous laisse imaginer la réaction de la gauche si un magistrat de droite ou un propriétaire privé avait procédé de la sorte.

Les enjeux budgétaires risquent d’être très présents lors de la prochaine législature...

Oui, je rappelle à cet effet que sur douze ans, le budget a augmenté trois fois plus vite que l’effectif de la population. Si jusqu’à présent, on est arrivé à financer ces dépenses, grâce notamment aux PME et à la partie de la population qui paie des impôts, on ne pourra pas continuer longtemps ainsi.

A cet égard, l’hypocrisie de la gauche est criante avec un discours politique qui critique les riches et les entreprises, lesquels sont pourtant bien utiles pour payer les dépenses excessives de la gauche.

Pour ma part, j’aimerais proposer un plan de remboursement de la dette pour ne plus la faire porter sur les générations futures. Dans l’idéal, on devrait pouvoir financer non seulement le budget courant mais aussi les investissements sans avoir à recourir à l’emprunt.

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