30/09/2007

Mosquitos : Le respect commence sur les murs du Palais Eynard !

Répondant à une question écrite que j'ai initiée et demandant comment la Ville de Genève a pu installer sur le Palais Eynard un dispositif répulsif anti-jeune- les fameux « Mosquitos » -, le Conseil Administratif dit n'avoir pas été consulté sur l'installation desdits appareils.

Outre le fait que l'exécutif municipal et les différents magistrats qui le composent sont censés surveiller les activités de leurs services, il est scandaleux que ces Mosquitos aient été installés sur ce qui est l'équivalent de la mairie de Genève, qui plus est dans un parc public dont la vocation est d'accueillir les enfants, adolescents ou jeunes adultes sortant d'Uni-Bastions.

L'installation des mosquitos visait à empêcher des déprédations sur et aux alentours du Palais Eynard, et la fausse analyse empirique de la situation fait donc de tout jeune de moins de 25 ans un « vandale » potentiel car seuls sensibles aux ultrasons. Une généralité qui n'a pas lieu d'être car chaque jeune s'approchant du Palais Eynard ne vient pas pour le vandaliser ou le salir...

Alors que le Conseil Administratif se fait donneur de leçons dans divers domaines depuis des années : payer des annonces dans le New York Times pour afficher son opposition à la guerre en Irak (2003), maire qui refuse d'inaugurer le salon de l'auto (2005) ou qui dit que « l'UDC pue » (2007), l'exécutif devrait d'abord s'assurer de respecter le précepte du respect avant de se mêler des affaires des autres...Et de surveiller ce qui se passe dans leurs services avant de donner des leçons au reste du monde !

Que les politiques respectent les jeunes s'ils veulent que les jeunes en fassent autant...et par là s'intéressent à la politique...

28/09/2007

Loi sur les ASM : encore un effort !

On l'a attendu, désiré, espéré. Le nouveau projet de loi sur les ASM est enfin là. Fruit des Assises de la Sécurité de février 2007, on était en droit d'attendre beaucoup de ce projet pour au final n'avoir qu'un ersatz des réformes attendues.

Disons le tout net, le projet de loi sur les ASM n'est pas satisfaisant en l'état et il est à espérer que la phase de consultation puis le vote du Grand Conseil ou encore celui du Conseil Municipal de la Ville de Genève (qui interviendra au mois d'octobre) corrigeront cet état de fait.

Car si on peut se réjouir de l'octroi de la palpation de sécurité, ce projet de loi n'admet toujours pas que le travail de l'ASM peut être dangereux et qu'il doit donc être équipé en conséquence via le bâton tactique ou le bâton tonfa.

Alors même que l'argumentation du Département des Institutions pour la palpation relève « l'évolution intervenue en matière d'incivilités et de délinquance » et justifie « d'octroyer cette compétence aux ASM afin de leur permettre d'assurer leur sécurité ». Il faut aller jusqu'au bout et donner un véritable moyen de défense aux ASM.

Enfin, si on va dans la bonne direction avec le changement d'uniforme et de dénomination pour les actuels Agents Municipaux (AM) que l'on ne confondra plus avec les ASM, on ne doit pas s'arrêter en si bon chemin et donner la dénomination matérielle de « Police Municipale » ou « Police de Sécurité Municipale » à l'ASM.

La sécurité personnelle de l'agent et sa visibilité ne doivent pas être prises à la légère, il en va simplement de sa crédibilité...et de la sécurité des citoyennes et citoyens !

Que dire enfin de la transformation d'une exception en une règle avec la possibilité que s'octroie le canton de donner des « devoirs spécifiques » aux ASM d'une commune sans passer par l'accord du Conseil Administratif ou du maire ?

Que penser de la possibilité que se garde le canton d'avoir accès à une partie des recettes des amendes jusqu'ici entièrement dévolues aux communes ? Alors que dans le même temps il ne juge pas adéquat de payer une prestation aux communes quand il utilisera les ASM de celles-ci ? Et le catalogue effectué ici n'est de loin pas exhaustif...

La nouvelle loi sur les ASM ne doit pas être un succédané de la précédente, elle doit adapter le cadre légal qui entoure le travail des ASM aux réalités d'aujourd'hui.

23/09/2007

Pour combattre la violence des jeunes en…1990

On apprend dans la presse dominicale qu'un parti jeune, moderne et connecté vers l'avenir entend proposer la taxation des jeux vidéo violents et des films pornographiques dans le cadre de la lutte contre la délinquance juvénile...lesdites propositions permettraient de ramener le niveau de la délinquance juvénile au niveau de 1990 !

Pourtant à la lecture des propositions, j'ai davantage l'impression de lire des propositions datant de 1990 ! Faites par des gens qui ne savent sans doute pas ce que c'est d'être jeune au XXIème siècle...

Prenons d'abord la proposition de taxer les films pornographiques, à l'heure d'internet ou l'accès à ce type de films est gratuit et téléchargeable anonymement on se rend compte que la seule utilité de cette idée sera de figurer au musée des anachronismes, mieux vaudrait faire des campagnes de préventions sur le sujet et surtout mettre à jour les cours d'éducation sexuelles dans les écoles...bref adapter la prévention aux réalités d'aujourd'hui et de demain et pas d'avant-hier !

Vient maintenant la deuxième proposition d'un Parti décidément bien Déconnecté : Taxer les jeux vidéo violents ! Mais qu'est-ce qu'un jeu vidéo violent ? Un jeu de stratégie comme Starcraft ou Command and Conquer ? Un jeu de tir subjectif comme Half-Life, Quake 3 ou Serious Sam ?

La seule chose que cette taxe entrainerait, c'est l'encouragement au piratage de ces jeux et d'empêcher des jeunes de se l'acheter faute de moyens financiers suffisants...l'achat d'un jeu vidéo violent serait donc réservé aux riches pour qui cette taxe n'aurait aucun effet réel...où est la pédagogie ? Où est le gain dans la lutte contre la violence chez les jeunes ?

Quiconque a joué une fois dans sa vie à un jeu vidéo « violent » sait que l'on ne devient pas violent en y jouant, bien au contraire, faire un jeu online (depuis chez soi ou dans une salle de jeu en réseau) fait appel à la coopération entre les joueurs, à l'élaboration d'une stratégie, bref une collaboration constante. En gardant le nécessaire second degré quand on fait un jeu vidéo, ce n'est rien de plus qu'une version moderne du « gendarme et des voleurs » ou du jeu de plateau « Risk ».

A ce moment-là, pourquoi ne pas taxer les pistolets en plastique dont les enfants se servent pour jouer aux gendarmes et aux voleurs ? Ou les Warhammers du fameux Wargame ?

Oui à une prévention de la violence chez les jeunes, non à une ségrégation du loisir ! La violence chez les jeunes découle dans l'écrasante majorité des cas d'un mal-être réel et non pas virtuel du à un jeu vidéo...

Des Propositions Déconnectées !

A l'heure où l'on parle de la création d'un département fédéral de la recherche, dans un pays qui a pour seule ressource « naturelle » et matière première la matière grise, un conseiller national PDC avait proposé de taxer emails et SMS dans le but de financer l'AVS.

Si le financement de l'AVS nous concerne toutes et tous, ce genre de proposition à l'emporte-pièce nous montre que la taxation des mauvaises idées politiques rapporteraient bien davantage aux caisses de l'Etat, celle-ci étant même capable de résorber l'actuel trou de l'AVS. Car si déficit de l'AVS il y a, il convient de ne pas ajouter celui du bon sens !

Taxer un email ? La simple introduction de cet impôt détruirait l'économie suisse basée sur les services et les nouvelles technologies, sans bien entendu parler de la mise en place d'un véritable Big Brother pour suivre et repérer tous les courriers électroniques envoyés en Suisse...ceux-ci étant gratuit actuellement, leur taxation entraînerait de facto la mise en place d'une usine à gaz administrative tueuse d'emplois. Quand au SMS, quand on sait que le prix réel pour l'opérateur est de 0.02 centimes, on se rend compte qu'à environ 20 centimes celui-ci est déjà bien assez cher.

Qu'un conseiller national d'un parti (PDC) ayant refusé la privatisation de Swisscom propose cela est relativement étrange, car si actuellement un SMS rapporte 10000% à l'opérateur (coût réel environ 0.02 centimes), c'est bien parce que la rente de situation dans un marché dominé et dirigé par une régie publique (Swisscom) ne permet pas de faire baisser les prix.

Dans un marché libéré des entraves du monopole, doté d'une loi d'application adéquate, nous pourrions envisager sans autre le système suivant : un SMS à 10 centimes, avec 2 centimes à l'opérateur (qui ne ferait plus que du 1000% de bénéfices...) et 8 centimes qui rentreraient dans les caisses de l'Etat. Mais bien entendu, cet argent ne devrait pas être intégralement reversé à l'AVS et pourrait voir une partie réinvestie dans la recherche (biotechnologies, etc), car une nation qui ne pense qu'à investir sur son passé (aussi glorieux et méritant soit-il) ne peut regarder vers l'avenir d'un esprit conquérant.

Taxer les nouvelles technologies uniquement pour financer l'AVS ? Autant introduire une taxe sur la jeunesse d'esprit...dont certains élus nationaux se verront exemptés d'office...

11/09/2007

Des logements pour les personnes sur la liste d’attente de la GIM !

Depuis des années, la Ville de Genève possède une quinzaine d'immeubles (Grottes 8 et 10, Industrie 8, 11 et 12), de villas (Jean-Louis-Prévost 15, Verseuse 8, Saint-François 4) ou de logements (Lissignol 10, Lausanne 23bis, Faubourg/Temple 6-8, Rousseau 14, Industrie 7-9,  Cite-de-la-Corderie 10) actuellement squattés ne faisant pas l'objet d'une convention spécifique avec elle alors même que de nombreux genevois ne trouvent pas à se loger et que la liste d'attente de la GIM compte plus de 3000 personnes

Chaque année, la perte pour la Ville de Genève s'élève chaque année à plusieurs centaines de milliers de francs en tant que manque à gagner, somme qui est clairement sous-évaluée quand on sait qu'un quatre pièces est estimé à 4000.- par an.

La mise sur le marché du logement de ces immeubles permettrait de loger un nombre important de personnes actuellement sur cette liste d'attente via une simple application des lois en vigueur et le respect des procédures d'attributions de logements. Dans le même temps, la  vocation sociale qu'à la Ville de Genève en matière de logement doit être poursuivie et même renforcée en mettant le plus de logements possibles sur le marché immobilier.
La Ville de Genève doit donc suivre  la politique volontariste du Conseil d'Etat  et du Procureur général pour mettre fin aux occupations illicites d'immeubles et déposer systématiquement plainte auprès du procureur général lors de l'occupation illicite d'un immeuble appartenant à la Ville de Genève et faire procéder à l'expulsion des squatters par la police quand ceux-ci refusent de quitter les lieux illégalement occupés.

Ensuite, le Conseil Administratif devra présenter dans les meilleurs délais au Conseil Municipal des propositions de rénovation et d'affectation de ces immeubles (logements, commerce, activités artistiques, etc) et attribuer les logements ainsi libérés aux personnes sur la liste d'attente de la GIM sans faire passer en priorité les squatters expulsés.

Tout cela, le groupe radical et ses alliés de l'Entente le demanderont ce soir à 17h00 au Conseil Municipal !

03/09/2007

Oui a l'externalisation du contrôle du stationnement !

Unique en Suisse, la Ville de Genève possède un corps d'Agents Municipaux uniquement formés et affectés au contrôle du stationnement. Au contraire des Agents de Sécurité Municipaux qui sont des professionnels de la sécurité, les Agents Municipaux ne constituent pas un facteur de sécurité en tant que tel et contribuent au sentiment que la Ville se préoccupe moins de la sécurité des personnes que de celle qui serait provoquée par des voitures en dépassement du temps de stationnement. La présence d'AM aux compétences très limitées mais aux uniformes quasiment similaires aux ASM est par ailleurs source de grande confusion auprès des citoyens. Et le ratio recettes/coûts des AM qui a diminué de moitié en 5 ans, continue à baisser un peu plus chaque année.

Comme dans de nombreuses autres villes de Suisse (Berne, Zurich), la Ville de Genève devrait externaliser la gestion du contrôle du stationnement. En collaboration avec l'Etat et la Fondation des Parkings, la Ville pourrait par exemple confier à des entreprises privées le contrôle du stationnement, sur la base d'un appel d'offres. Le partenaire ainsi choisi devrait remplir un cahier des charges précis et limité, consistant notamment à assurer une pression modulable sur les automobilistes en infraction de stationnement ; il assurerait la prestation demandée et l'entier de la gestion du personnel en échange d'une somme fixe. Ce qui permettrait un gain de visibilité pour les ASM qui deviendraient le seul corps uniformé municipal à patrouiller dans les rues ainsi qu'une augmentation des recettes pour la Ville via notamment une forte diminution des coûts marginaux.

La soixantaine d'AM (64 pour être précis) actuellement en fonction pourrait passer la formation d'ASM afin de répondre aux besoins de sécurité des Genevois ou alors rejoindre les rangs de la Fondation des Parkings, le transfert qui serait neutres pour eux sur le plan des acquis sociaux devrait aussi garantir un même plancher de recettes pour la Ville.

La première tâche d'une collectivité publique est d'assurer la sécurité de ses citoyens et pas de harceler les voitures mal parquées !