23/09/2007

Pour combattre la violence des jeunes en…1990

On apprend dans la presse dominicale qu'un parti jeune, moderne et connecté vers l'avenir entend proposer la taxation des jeux vidéo violents et des films pornographiques dans le cadre de la lutte contre la délinquance juvénile...lesdites propositions permettraient de ramener le niveau de la délinquance juvénile au niveau de 1990 !

Pourtant à la lecture des propositions, j'ai davantage l'impression de lire des propositions datant de 1990 ! Faites par des gens qui ne savent sans doute pas ce que c'est d'être jeune au XXIème siècle...

Prenons d'abord la proposition de taxer les films pornographiques, à l'heure d'internet ou l'accès à ce type de films est gratuit et téléchargeable anonymement on se rend compte que la seule utilité de cette idée sera de figurer au musée des anachronismes, mieux vaudrait faire des campagnes de préventions sur le sujet et surtout mettre à jour les cours d'éducation sexuelles dans les écoles...bref adapter la prévention aux réalités d'aujourd'hui et de demain et pas d'avant-hier !

Vient maintenant la deuxième proposition d'un Parti décidément bien Déconnecté : Taxer les jeux vidéo violents ! Mais qu'est-ce qu'un jeu vidéo violent ? Un jeu de stratégie comme Starcraft ou Command and Conquer ? Un jeu de tir subjectif comme Half-Life, Quake 3 ou Serious Sam ?

La seule chose que cette taxe entrainerait, c'est l'encouragement au piratage de ces jeux et d'empêcher des jeunes de se l'acheter faute de moyens financiers suffisants...l'achat d'un jeu vidéo violent serait donc réservé aux riches pour qui cette taxe n'aurait aucun effet réel...où est la pédagogie ? Où est le gain dans la lutte contre la violence chez les jeunes ?

Quiconque a joué une fois dans sa vie à un jeu vidéo « violent » sait que l'on ne devient pas violent en y jouant, bien au contraire, faire un jeu online (depuis chez soi ou dans une salle de jeu en réseau) fait appel à la coopération entre les joueurs, à l'élaboration d'une stratégie, bref une collaboration constante. En gardant le nécessaire second degré quand on fait un jeu vidéo, ce n'est rien de plus qu'une version moderne du « gendarme et des voleurs » ou du jeu de plateau « Risk ».

A ce moment-là, pourquoi ne pas taxer les pistolets en plastique dont les enfants se servent pour jouer aux gendarmes et aux voleurs ? Ou les Warhammers du fameux Wargame ?

Oui à une prévention de la violence chez les jeunes, non à une ségrégation du loisir ! La violence chez les jeunes découle dans l'écrasante majorité des cas d'un mal-être réel et non pas virtuel du à un jeu vidéo...

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