23/09/2007

Des Propositions Déconnectées !

A l'heure où l'on parle de la création d'un département fédéral de la recherche, dans un pays qui a pour seule ressource « naturelle » et matière première la matière grise, un conseiller national PDC avait proposé de taxer emails et SMS dans le but de financer l'AVS.

Si le financement de l'AVS nous concerne toutes et tous, ce genre de proposition à l'emporte-pièce nous montre que la taxation des mauvaises idées politiques rapporteraient bien davantage aux caisses de l'Etat, celle-ci étant même capable de résorber l'actuel trou de l'AVS. Car si déficit de l'AVS il y a, il convient de ne pas ajouter celui du bon sens !

Taxer un email ? La simple introduction de cet impôt détruirait l'économie suisse basée sur les services et les nouvelles technologies, sans bien entendu parler de la mise en place d'un véritable Big Brother pour suivre et repérer tous les courriers électroniques envoyés en Suisse...ceux-ci étant gratuit actuellement, leur taxation entraînerait de facto la mise en place d'une usine à gaz administrative tueuse d'emplois. Quand au SMS, quand on sait que le prix réel pour l'opérateur est de 0.02 centimes, on se rend compte qu'à environ 20 centimes celui-ci est déjà bien assez cher.

Qu'un conseiller national d'un parti (PDC) ayant refusé la privatisation de Swisscom propose cela est relativement étrange, car si actuellement un SMS rapporte 10000% à l'opérateur (coût réel environ 0.02 centimes), c'est bien parce que la rente de situation dans un marché dominé et dirigé par une régie publique (Swisscom) ne permet pas de faire baisser les prix.

Dans un marché libéré des entraves du monopole, doté d'une loi d'application adéquate, nous pourrions envisager sans autre le système suivant : un SMS à 10 centimes, avec 2 centimes à l'opérateur (qui ne ferait plus que du 1000% de bénéfices...) et 8 centimes qui rentreraient dans les caisses de l'Etat. Mais bien entendu, cet argent ne devrait pas être intégralement reversé à l'AVS et pourrait voir une partie réinvestie dans la recherche (biotechnologies, etc), car une nation qui ne pense qu'à investir sur son passé (aussi glorieux et méritant soit-il) ne peut regarder vers l'avenir d'un esprit conquérant.

Taxer les nouvelles technologies uniquement pour financer l'AVS ? Autant introduire une taxe sur la jeunesse d'esprit...dont certains élus nationaux se verront exemptés d'office...

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