Simon says

  • Opération Cumulus : entre Mise au point et Antipresse

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    Deux mois après l’opération « Cumulus », qui est le nom de code (si, si vous avez bien lu…) donnée par certains éléments de la Police Judiciaire à la mascarade dont j’ai été la victime le vendredi 13 décembre 2019, chose qui est très bien illustrée par le dessin de Charly Calfelis, je suis heureux de constater que certains médias commencent à prendre un peu de recul sur cette affaire. Notamment en soulignant la disproportion totale entre la violence de l’action policière et les faits qui me sont reprochés (violation du secret de fonction), lesquels ne reposent sur rien. Jugez plutôt.

    Sur le volet police, on me reproche d’avoir cherché des informations dans une base de données à laquelle je ne me suis jamais connecté (chose que le 20 Minutes relaye ici). De même, j’étais en vacances, sans aucun accès à distance, le jour où je suis censé l’avoir fait. L’accusation ne tient donc pas la route un seul instant. A plus forte raison quand vous lirez ce troublant article de septembre 2018 qui montre que le scénario de cette histoire a été écrit bien en amont. Posez-vous la question à qui profite ce qui s'est passé et, surtout, pourquoi j'ai été traité ainsi à trois mois des élections municipales.

    Sur le volet des notes de frais, on me reproche d’avoir rendu public un rapport constatant les manquements du Conseil administratif et les abus de certains hauts-fonctionnaires. Ici, le délit est impossible vu que le document a été jugé non-confidentiel par le préposé cantonal à la protection des données. Par ailleurs, quand bien même je l'aurais fait, qui pourrait me reprocher d’avoir voulu rendre public le dilettantisme du Conseil administratif? Comment pourrait-on m'en vouloir d'avoir dit la vérité lorsqu'on reproche leurs mensonges à d'autres? Nous devons au contraire avoir le courage de rendre public les dysfonctionnements plutôt que de vouloir les cacher. Chose que je revendique haut et fort, n’en déplaise à certains qui ont manifestement beaucoup de choses à se reprocher vu leur comportement. Sinon comment comprendre ce qui m'est arrivé? Je n'ai en effet pas le souvenir que les différents magistrats à qui l'on reproche des faits autrement plus graves (acceptation d'avantage, gestion déloyale des intérêts publics, etc), respectivement des policiers (voir ici et ), aient été traité avec la même violence que moi. Et heureusement tant je ne souhaite à personne de vivre ce qui m'est arrivé. Mais ce n'est pas pour autant que je baisserais les bras dans mon combat politique et ma volonté de faire la lumière sur ce qui se passe dans notre Cité.

    Surtout, je relève que mon affaire a été entachée d’un nombre impressionnant de violations partielles et partiales du secret de fonction. Lesquelles ne semblent pas intéresser le Ministère Public vu qu’il n’a ouvert, à ma connaissance, aucune enquête contre ces infractions pourtant poursuivies d’office. Par ailleurs, alors que la presse sort chaque semaine des informations couverte par le secret de fonction, pourquoi un tel acharnement envers moi et pas sur les autres? Le dernier exemple en date étant la parution d’un article du Courrier (voir ici) qui relaye une information interne au Conseil administratif, sa publicité ne peut donc être le fait que d'un membre de l'actuel exécutif. Est-ce que le Ministère Public va ainsi ouvrir une enquête et faire saisir les téléphones des 5 auteurs potentiels ainsi que perquisitionner à leur domicile? Blague à part, pourquoi y a-t-il deux poids, deux mesures? Car c'est bien ce qu'on me reproche d'avoir fait avec le rapport sur les notes de frais excessives de l'administration. Avec une différence majeure cependant, celui-ci n'est pas confidentiel selon l'autorité compétente qu'est le préposé cantonal à la protection des données (voir ).

    Je vous invite ainsi à regarder le reportage de Mise au Point du 9 février 2020 et à lire l’excellente analyse de Slobodan Despot dans l’Antipresse du même jour (voir ici). Deux médias aux antipodes l’un de l’autre mais qui ont pris la peine de juger des faits plutôt que des conjectures. Ceux-ci font suite aux éditoriaux de Giancarlo Mariani du GHI (voir ici) et de Pascal Décaillet (voir ). Respectivement à mon portrait dans le Temps. Et de rappeler qu'en cas d'élection au Conseil administratif, ma première mesure sera de procéder à un audit complet du fonctionnement de la municipalité et de l'usage qui est fait des deniers publics, puis de le rendre public dans la foulée, afin de reconstruire sur des bases saines.

    Le 15 mars 2020, vous aurez l’occasion de montrer que tout ce qui s'est passé est anormal. Ceci en votant pour la liste 2 au Conseil municipal comme au Conseil administratif (voir ici). Je compte sur votre soutien.

    Avec l'accord de son auteur, vous trouverez ci-dessous l'article d'Antipresse sur mon affaire.

    LE BRUIT DU TEMPS par Slobodan Despot

    L’affaire Simon Brandt, un «signal faible» — mais assourdissant!

    Un scandale peut en cacher un autre. On découvre ici comment un espoir de la politique genevoise est devenu un dégât collatéral de la chute de son mentor, Pierre Maudet. Mais la persécution du lanceur d’alerte Simon Brandt par le procureur Jornot est bien plus choquante. Elle nous montre comment nous sommes médiatiquement dressés à voir l’accessoire plutôt que l’essentiel et comment l’intimidation morale l’emporte de plus en plus sur le langage des faits.

    L’«affaire Maudet» a été un feuilleton politique retentissant en Suisse romande. Pour mémoire, l’ambitieux conseiller d’État (ministre cantonal) Pierre Maudet a été pincé la main dans le sac à mentir de façon répétée sur un voyage à Abu Dhabi qui lui avait été offert par le cheikh du lieu. Entraîné dans une spirale de mensonges, l’enfant prodige de la politique suisse s’est retrouvé dans la position du paria encombrant de la société genevoise et en particulier de son parti, le PLR. Même s’il s’accroche à son poste, celui qui fut le plus jeune candidat au Conseil fédéral n’est plus aujourd’hui qu’un astre mort.

    La publication du livre de Philippe Reichen, Pierre Maudet, le vertige du pouvoir, vient raviver l’imbroglio. Elle m’a incité à me replonger dans ce «House of Cards» helvétique et dans les mirages médiatiques qui l’entretiennent.

    Préambule: le mot qu’on ne prononce pas en Suisse

    Le 5 septembre 2018, j’étais invité dans l’émission de débats Infrarouge pour commenter les déboires de Pierre Maudet. Je m’y retrouvais dans le camp des «accusateurs» aux côtés de la présidente du Parti socialiste genevois, Carole Anne Kast, et de Raphaël Leroy, le journaliste par qui le scandale Maudet est arrivé — avec le susnommé Philippe Reichen en appui. En face de nous, des éléphants de la droite bourgeoise, Christian Lüscher, le revenant Guy-Olivier Segond et le très consensuel ex-ministre vaudois Claude Ruey, qui, devant les caméras, ont vigoureusement réfuté mes interventions. En coulisses, le ton était fort différent. Avant de défendre avec ferveur l’honnêteté de son camarade de parti à la suite de ses aveux forcés, Christian Lüscher l’avait déclaré cliniquement mort. Un diagnostic qu’il allait valider lui-même en le lâchant quelque temps plus tard. Ce fut un moment baroque de la fourbe comédie humaine!

    Mon intervention n’allait pas rester sans suites. Le lendemain, j’étais interpellé par un jeune homme alors que je faisais mes courses. «Je vous ai vu hier soir. Vous avez dit un mot qu’on n’ose pas prononcer dans ce pays: corruption!» C’est vrai: j’avais dit qu’en Suisse la corruption était couverte d’un voile de pudeur, car systémique. Il aura fallu élaborer tout un dispositif d’œillères juridiques et d’alibis moraux pour la soustraire à la conscience des citoyens.(1)

    Il m’avait paru naturel de souligner cette réalité dans le contexte de l’affaire Maudet, sans trop m’appesantir dessus. La «lutte contre la corruption», on l’a vu tout au long de l’histoire récente, n’a souvent été qu’un prétexte au flicage et à la répression qui a fait plus de dégâts que le mal qu’elle prétendait combattre. Il n’empêche, mon mot a mal passé. Au retour du studio, dans le train qui nous emmenait vers Lausanne, Claude Ruey, qui fut lobbyiste en chef de SantéSuisse et donc un maître de l’action de coulisses, s’employa à me détailler l’argument qu’il avait brandi durant le débat: que le «surmoi» et l’éthique protestante» des hommes politiques suisses (non catholiques, donc!) étaient un véritable bouclier contre les tentations qui font trébucher le commun des mortels. Pour ma part, tenant la Suisse, sur ce chapitre, pour un pays comme un autre, j’en ai surtout conclu qu’une des meilleures manières d’ignorer un vice consiste à ne point le nommer.(2)

    Le jeune homme n’était pas le dernier client du confessionnal, ce jour-là. Un peu plus tard, je recevais l’appel d’un Genevois à qui je ne me souvenais pas d’avoir donné mon numéro de téléphone. Il me proposa une entrevue pour évoquer entre quatre yeux les affaires «sérieuses» du canton.

    Nous nous sommes rencontrés comme dans un roman de Grisham, au petit matin, dans une cafétéria de l’aéroport. Cet homme d’affaires excédé m’a déroulé une version business de l’air du Catalogue de Dom Juan. Madamina, il catalogo è questo/Della gente che comprò il padron mio… Genève est une plaque tournante mondiale, et pas seulement de la finance. Il trouvait vraiment «minable» de s’en prendre à Maudet pour un week-end à 60 ou 80’000 francs lorsque tel ou tel… La galerie pittoresque de corrupteurs et de corrompus qu’il m’a dépeinte donnerait du blé à moudre pour plusieurs années à une équipe d’enquêteurs.

    C’était gravissime et cocasse en même temps. L’image la plus drôle qui m’en est restée est celle de ce coffre-fort jamais verrouillé, dans une boîte où il avait travaillé, une caverne d’Ali-Baba où les cadres partant en mission dans le «tiers-monde» puisaient au jugé les boîtes de montres de luxe avant de sauter dans l’avion. Le retour sur investissement était, paraît-il, assuré. Rien ne séduit tant que la qualité suisse!

    Il est toujours bon de replacer les choses dans leur contexte. A la réflexion, j’avais été sévère pour Maudet. Son erreur — en tant que politique de vocation et de métier — était une faute professionnelle. Il lui eût peut-être suffi de déclarer la nature et les modalités de son déplacement. Combien d’élus suisses, avant et après lui, sont allés «consolider leurs réseaux» à l’étranger au frais de l’invitant? Et peut-on sérieusement reprocher aux élus de percevoir des avantages susceptibles de contreparties dans un pays où le financement des partis politiques est entièrement confidentiel? Pour un week-end dans le Golfe, combien de promesses — et pour quels montants? — faites aux bétonneurs, chaque année électorale, dans chacun des 26 cantons suisses? (Aucune, bien entendu! Le «surmoi et l’éthique protestante» protègent nos élus!)

    Le moteur caché

    Mais voici que débarque Philippe Reichen, le correspondant de la presse alémanique immergé dans la réserve d’Indiens romande. Reichen ne veut pas assassiner son sujet. Il en trace un portrait minutieux fondé, nous dit-il, sur des dizaines d’entretiens. Nous connaissons même la couleur de son fauteuil d’étudiant et le parfum (cigare et single malt) de ses péchés mignons.

    Sous la plume de l’enquêteur, M le Maudet apparaît comme le héros de cinéma qu’il deviendra peut-être un jour. Toute sa vie n’aura été qu’une préparation à la brillante trajectoire qu’un mensonge mesquin aura suffi à briser. On voit d’ici l’ado tête à claques qui, déjà, joue des coudes pour être le premier partout et se fait, à quatorze ans, appeler «Président». Le jeune Rastignac est «implacable» dans la construction de son pouvoir. Il est intelligent, volontaire, convenable mais point trop embarrassé de scrupules. Il incarne une nouvelle génération de carriéristes politiques qui n’ont plus grand-chose à voir avec les idéaux si helvétiques de service et de bien commun que défendaient leurs prédécesseurs.

    Happé par la lecture du livre, j’avais oublié de noter un détail qui, dans l’arrière-plan, me gênait un peu. Il a fini tout de même par émerger lors de notre entretien avec l’auteur aux Beaux parleurs de la RTS, le 2 février dernier. Comment avait-il monté son enquête? Ce procès-verbal d’audition chez le procureur Bertossa livré quasi verbatim, en p. 131–132, d’où Philippe Reichen le tenait-il? Ce ne pouvait être qu’une fuite venant d’un magistrat ou d’un avocat. «Protection des sources!» me répondit-on alors même que je n’avais rien objecté à cela. Le délit était du côté des informateurs: le journaliste pouvait tout au plus éprouver un cas de conscience, mais il en était loin. Personne, à mon grand étonnement, ne semblait voir «l’éléphant au milieu de la pièce», comme diraient les Anglais: le fait que le secret de l’instruction, dans l’affaire Maudet et ses ramifications, n’existe tout simplement plus. Cela me semblait infiniment plus important, sur le coup, que le sujet de couverture.

    «Opération Cumulus», des méthodes totalitaires près de chez vous

    Lorsque l’illégalité crève les digues et qu’elle se répand partout, elle tient lieu de loi. J’ai repris contact avec Simon Brandt. Entre 2014 et 2018, Brandt a été un adjoint proche de Pierre Maudet avant d’être congédié par le ministre. Depuis, il travaille comme analyste à la Direction stratégique de la Police, où il mène des recherches académiques sur l’évolution de la criminalité, du terrorisme ou de la délinquance dans les communes genevoises. Avec sa silhouette longiligne d’éternel étudiant, sa mémoire sans failles et ses introversions surprenantes, Simon Brandt est un «haut potentiel» type. Humble et discret, il était à ma connaissance, dans les trentenaires de la vie publique suisse, l’un des derniers Mohicans passionnés par la lutte des idées et le bien commun. A ce titre, il comptait redorer le blason de son parti, le PLR, en se portant candidat à l’administration de la ville de Genève lors des élections du printemps qui vient.

    Ceci jusqu’à ce que le procureur Jornot le convoque pour un entretien. Il aurait pu le faire discrètement, par exemple à son poste de travail, dans un immeuble accessoirement truffé de policiers. Mais non. La méthode dit tout des intentions. La police genevoise, quoiqu’en en sous-effectif chronique, aura réussi à mobiliser onze inspecteurs pour arrêter le citoyen Brandt! On a même affecté un nom de code approprié à cette pantalonnade: «Opération Cumulus»!

    Le 13 décembre dernier, à 7h15 du matin, Simon sort de chez sa mère pour se rendre en tant que député à une session du Grand Conseil lorsqu’il est interpellé et emmené au poste de l’Inspection Générale des Services (IGS). Là, il est mis en cellule et menotté avant qu’on l’embarque dans une série de perquisitions: à son bureau, à son domicile, au domicile de sa mère et même chez son ex-compagne. On saisit son téléphone et la totalité du matériel informatique, y compris des appareils qui ne lui appartiennent pas. Son équipement ne lui sera rendu que six semaines plus tard, fin janvier, alors que toute sa documentation politique s’y trouve et qu’il est déjà en campagne.

    Mais il y a pire. De manière répétée, pendant sa détention, on présente à Simon un «deal» à l’américaine: tout se passera mieux s’il livre des informations sur Maudet. Un inspecteur l’humilie en le faisant mettre à nu et en le forçant à faire ses besoins naturels devant lui, et sous les yeux de sa mère. Simon en est encore effaré en me racontant l’épisode:

    «Un inspecteur est devenu très agressif lorsqu’il a trouvé à mon domicile une affiche en faveur de la Loi sur la Police dont les syndicats policiers ont été de virulents opposants. Il m’a traité de menteur en prenant son collègue à témoin et j’ai bien cru que j’allais me faire frapper tellement ils étaient en colère. La haine qu’ils avaient envers Pierre Maudet était palpable car c’est lui qu’ils visaient à travers moi.»

    C’est seulement une fois ramené en cellule, vers 16h30, qu’il comprend, avec l’arrivée de son avocat, la raison de ce déchaînement.

    Ce qu’on lui reproche? D’abord, d’avoir transmis à Pierre Maudet des éléments issus de la base de données de la police — donc une opération de hacking informatique. Ensuite d’avoir rendu public un rapport du Contrôle financier de la Ville de Genève sur les notes de frais excessives du Conseil administratif (exécutif de la mairie) et de certains hauts fonctionnaires.

    Simon Brandt a été libéré après six heures d’audition et de vérification, aux alentours de 22h30. Entre-temps, on a pu constater qu’il ne s’était jamais connecté à la base de données de la police. Le jour où il était censé l’avoir fait, il se trouvait en vacances et sans aucune possibilité d’accès à distance. Toutes les connexions laissent une trace permettant de déterminer la date du login ainsi que les recherches effectuées.

    Il n’a pas pour autant été blanchi de cette accusation. Au contraire, il doit encore subir une audition, probablement destinée selon lui à vérifier ses dires.

    «Ils savent aujourd’hui que je ne l’ai pas fait, me dit-il, et je ne comprends pourquoi cette procédure se poursuit, sinon parce que certains craignent de devoir rendre des comptes. La question doit être posée à l’inspecteur de police concerné qui soit a fait exprès soit a négligé de le faire. Dans les deux cas, son incompétence saute aux yeux, de même que se pose la question de son impartialité.»

    Le Procureur aurait pu faire effectuer ces vérifications élémentaires avant d’envoyer une brigade arrêter un citoyen manifestement inoffensif. L’autre chef d’accusation paraît encore plus absurde. Le rapport qu’on l’accusait d’avoir divulgué était considéré comme public par le préposé genevois à la protection des données. Épinglant le coûteux dysfonctionnement de l’administration, il était d’un intérêt public évident. Et il se trouvait de toute façon entre les mains des journalistes.

    La loyauté, cette tare…

    Brandt persiste. Il estime que la population à le droit de savoir l’usage qui est fait de l’argent public, à plus forte raison quand des magistrats ou des fonctionnaires abusent de celui-ci à des fins privées. Il est convaincu qu’on cherche à le punir pour avoir potentiellement dit la vérité et révélé des malversations, alors que ceux qui les ont commises n’ont pas été inquiétés. Dans sa campagne électorale, il a introduit un thème qui ne doit pas plaire à tout le monde. Il souhaite faire auditer le fonctionnement de la ville dans son ensemble, estimant que «les notes de frais ne sont que la pointe de l’iceberg». Est-ce pour écarter le danger qu’une partie du «deep state» genevois tente de le compromettre aussi spectaculairement? Est-ce pour le punir de sa loyauté irrationnelle envers Pierre Maudet, même après que celui-ci l’eut lâché? Or cette intégrité sans rétribution est peut-être le trait le plus estimable de son caractère.

    «J’ai eu l’impression d’une sorte d’hallali ou tout le monde a voulu participer à un assassinat public. Les plus folles rumeurs ont couru, des articles spécieux ont été écrits et tout le monde voulait aboutir à une conclusion: celle de la culpabilité judiciaire de Pierre Maudet avant l’heure. C’est l’une des raisons qui font que je l’ai soutenu à l’époque tant je ne supportais pas l’injustice qui se déroulait sous mes yeux.»

    Ce n’est de toute évidence pas par intérêt clanique ou personnel que Brandt a agi et réagi, mais par principe. Or au temps de la politique-spectacle, de la politique-people, ce mobile est devenu incompréhensible, pour ne pas dire incongru.

    Voilà en quoi l’«affaire Simon Brandt» est plus poignante, et plus révélatrice, que l’affaire Maudet. M, après tout, peut être vu comme un apparatchik sabordé par son hybris, sa propre folie des grandeurs. Le personnage, intérieurement, apparaît trivial. B, à ce titre, est son contraire. A cause de sa pureté, et non malgré elle, il constitue le bouc émissaire idéal — et un révélateur de la corrosion du système.

    Au premier abord, on est intrigué par la vacuité du dossier qui a motivé l’arrestation spectaculaire de Simon Brandt, et sidéré par la brutalité avec laquelle il a été traité. Puis l’on comprend que ces choses vont de pair. Plus le lanceur d’alerte est irréprochable, et plus il sera criminalisé.

    Cette épreuve aura définitivement fait sortir Simon Brandt de sa peau de jeune binocleux. Commentateur sagace des affaires genevoises, Pascal Décaillet lui a adressé un poignant hommage dans GHI, le 5 février:

    «Un homme qui tient, un homme qui se bat, un homme qui ne capitule pas, mérite non seulement notre respect humain, mais aussi notre admiration politique. Plongé dans une affaire qui rappelle les premières pages du Procès de Kafka, l’homme a traversé la tourmente. Il a tenu.»

    Mais les tribulations de Simon Brandt nous intéressent bien au-delà de son cas personnel.

    Avec le journalisme Pampers, le pouvoir peut dormir tranquille

    Comme dans la saga Maudet, le feuilleton médiatique est constamment alimenté par les fuites judiciaires. Sans elles, ces deux affaires auraient sans doute fait long feu. Les divulgations viennent aussi bien de l’intérieur du PLR, d’où l’on «exfiltre» des documents relevant parfois du secret de fonction, que de la magistrature et de la police. Dans le cas Brandt, les indiscrétions commencent le jour même de son arrestation. Son avocat est informé de son arrestation après les journalistes, lesquels étaient au courant des motifs de celle-ci avant l’intéressé lui-même. Lorsqu’il est relâché, tard le soir, Brandt a la surprise de constater que le contenu de son audition devant la police avait été transmis à la presse en temps réel. Des conséquences? Aucune. Les auteurs de cette violation du secret de fonction et de l’instruction sont pourtant facilement identifiables, vu qu’il n’y avait que trois policiers présents lors de l’interrogatoire. Aucune enquête non plus au sujet de la publication d’un échange de SMS par Le Matin, obtenu par une source, peut être policière, qui aura encore violé son secret de fonction.

    Dans ces affaires genevoises, la violation du secret de fonction et de l’instruction est devenue la règle. Elle est si ordinaire désormais qu’on ne la remarque même plus. Elle alimente, comme en France, un «journalisme Pampers» voué à recueillir les fuites et à présenter comme de l’enquête ce qui est en premier lieu une divulgation d’informations utilisées à des fins de chantage ou de pression.

    Dans un de ses derniers textes, le grand enquêteur Pierre Péan, décédé en 2019, dénonçait cette «alliance de circonstance entre une petite fraction du monde judiciaire et une tête d’épingle du monde médiatique». Il rappelle que l’exploitation des informations ainsi obtenues repose sur la violation de deux lois, la présomption d’innocence et le secret de l’instruction, au nom du droit à l’information.

    En ne poursuivant pas ces fuites qui semblent les arranger, les procureurs laissent ainsi se développer une justice de rue où les journalistes, comme l’a affirmé Philippe Reichen lors de notre entretien radio, s’attribuent une mission de «clarification» réservée à la justice. Par une pente naturelle, l’attention du public est focalisée sur les personnes visées par ces fuites, la présomption d’innocence vole en mille morceaux et — bien entendu — plus personne ne songe à inspecter les mobiles et les mécanismes d’une telle «information». L’accusé reste seul, broyé à la fois par la machine judiciaire et la machine médiatique qu’elle actionne.

    Dans les faits, le journalisme Pampers est devenu un auxiliaire de la dictature des magistrats qui tendent à personnaliser et moraliser toujours plus leurs enquêtes. Dans le cas Simon Brandt, l’action du procureur entrave manifestement le processus démocratique en maintenant une pression injustifiée, et spectaculaire, sur le citoyen-candidat. En ne poursuivant jamais les délits liés aux «fuites» et en déléguant ainsi la «clarification» des affaires aux journalistes, ces magistrats contournent l’État de droit et font de leur mission un outil de pouvoir.

    Les journalistes bénéficiaires de ces indiscrétions auraient pu s’interroger sur les mobiles de leurs informateurs. Ils auraient peut-être pu faire le lien entre le fuitage des sources policières et la mise au pas des syndicats de police genevois par Maudet. Ou se demander si le procureur Jornot, par ailleurs habitué aux débordements, n’aurait pas accumulé des griefs personnels contre Maudet, par exemple lors de sa récusation par la Chambre pénale de recours dans une affaire qu’il co-instruisait avec une procureure qui se trouvait aussi être sa concubine? Et aussi, pourquoi pas, superposer l’agenda des procureurs avec les échéances électorales des partis auxquels ils seraient potentiellement liés? Tout au moins auraient-ils pu dénoncer le traitement dégradant infligé à Simon Brandt lors de son arrestation, se demander s’il est vraiment proportionné à son «crime» et, si tel n’était pas le cas, ce que cet abus signifiait.

    Mais ce seraient là des efforts de pensée et de véritables enquêtes, coûteuses et risquées, du «banal journalisme lent», selon Pierre Péan. Qui constate qu’il est beaucoup plus simple d’«attendre une fuite». Entrer dans la profondeur des événements,voir «dans les choses plus que les choses» est devenu, semble-t-il,un luxe.

    Grâce à cette alliance stratégique entre une certaine presse et la magistrature, on assiste à un effacement progressif des contrepouvoirs internes au système judiciaire. Cette transformation de la justice démocratique en outil de règlement de comptes se déroule sous nos yeux et pourtant nous ne la voyons pas, accaparés que nous sommes par la feuilletonisation des affaires judiciaires et leur focalisation sur des problèmes de personnes. La dérive de la justice genevoise est autrement plus significative que les cafouillages d’un ministre à propos de ses billets d’avion. Mais nous sommes conditionnés à ne plus voir que des phénomènes sans jamais réfléchir aux principes et aux causes. Telle une foule primitive, nous réclamons sans cesse des sorcières à brûler en espérant que cela remettra l’ordre du monde à l’endroit.

    NOTES

    1. Ce sont curieusement les écrivains — les Frisch, Zorn, Dürrenmatt — ou les cinéastes qui ont déchiré le rideau de la «matrice». Un dévoilement qui, cependant, ne s’est pas traduit par des actes concrets. Il est — par exemple — parfaitement admis, aujourd’hui encore, que plus de 90% des parlementaires fédéraux, à peine élus, soient recrutés dans des conseils d’administration pour des raisons qui ne semblent pas toujours liées à leurs compétences professionnelles.
    2. Et, partant, que la charge subversive des prophètes et des poètes tient justement dans leur besoin incongru d’appeler les choses par leur nom!
  • Budget municipal 2020 : l'épitaphe d'une politique

    Quelques semaines après le vote du budget 2020 de la Ville de Genève, il convient de revenir sur les priorités et les choix affichés pour le dernier budget de la législature. Et de constater encore une fois le manque total de vision politique de certains partis qui préfèrent démolir des projets plutôt que d'en proposer des concrets.

    Au surplus, alors que le Conseil administratif ne gouverne plus rien en Ville de Genève depuis plus d'une année, c'est une nouvelle fois le Conseil municipal qui a pris les devants pour doter la municipalité d'un budget en faisant le travail que l'exécutif n'a pas fait. Soit dégager des priorités, se mettre d'accord, et constituer une majorité pour ce faire. A ce titre, le PLR Ville de Genève a pris ses responsabilités en tant que plus grand parti du Conseil municipal non représenté au Conseil administratif.

    Nous avons ainsi proposé et obtenu l'octroi de subventions à des associations actives dans la réinsertion (Comptabilis, Integration pour Tous), la lutte contre l’homophobie et la transphobie (Antenne LGBTI Le Lab), la lutte contre l’antisémitisme (CICAD), la culture (Geneva Camerata, Orchestre Symphonique Genevois) ainsi que les soins aux animaux (Centre Ornithologique Genevois) et soutenu divers projets en faveur de la jeunesse et des seniors. De même, nous avons voté une augmentation des effectifs du Service d’Incendie et de Secours (SIS) dont le manque de personnel est problématique. A titre personnel, j'aurais aimé voté en faveur du rétablissement de la subvention de Post Tenebras Rock, qui avait été injustement coupée par le conseiller administratif socialiste Sami Kanaan, mais n'ai pas pu le faire en raison de mon absence involontaire et malencontreuse à la séance budgétaire du Conseil municipal. Raison pour laquelle je n'ai pas non plus réussi à sauver la subvention du Refuge de Darwyn, coupée pour la seconde année consécutive par les partis de gauche (PS-Ve-EàG) renforcés une nouvelle fois du PDC (voir ici).

    Une fois de plus, nous nous sommes opposés à la politique clientéliste du Conseil administratif de considérer les subventions municipales comme des droits acquis, ceci afin de permettre à d'autres de recevoir un soutien public. Pour preuve le fait que les entités susmentionnées n'avaient pas trouvé grâce auprès de l'exécutif municipal alors qu'elles le méritaient sans doute plus que d'autres.

    Pour rappel, lors du budget 2019, la principale proposition du PLR Ville de Genève avait été d'assurer le financement à l'année de l'accueil des sans-abris (1'500'000 francs) tant il est indigne que des gens dorment dehors dans notre Ville, nous avions aussi permis le subventionnement du Refuge de Darwyn malgré une coupe budgétaire intempestive des partis de la gauche municipale (PS-Ve-EàG) qui avaient amputé la subvention de 85% pour des motifs aussi fallacieux que mensongers. Raison pour laquelle nous sommes revenu à la charge cette année et obtenu en commission des finances l'octroi d'une pleine subvention, avant de voir une nouvelle fois une majorité PS-Ve-EàG-PDC réduire celle-ci en séance plénière. Pas mal pour des partis qui disent soutenir la biodiversité et l'inclusion sociale vous ne trouvez pas?

    Dans le même ordre d'idées, nous ne pouvons que regretter qu'une majorité du Conseil municipal ne nous ait pas suivi dans la création d'un fonds de 350'000 francs pour soutenir les associations locales actives dans la défense des animaux et de la biodiversité. Idem pour l'octroi d'une gratuite de loyer de la patinoire des Vernets au Geneve-Servette Hockey Club (GSHC) suite au non-respect de l'engagement des pouvoirs publics de lui construire une nouvelle patinoire. Certains ayant manifestement toujours de la peine à comprendre l'importance du sport pour notre Ville et, de manière générale, à joindre leurs actes à leurs promesses électorales.

    Enfin, nous avons proposé (sans succès) une baisse du centime additionnel afin de donner une bouffée d'oxygène aux contribuables de la Ville de Genève. Celle-ci était réalisable sans baisser aucune prestation à la population car il suffirait simplement, pour commencer, de diminuer des dépenses inutiles telles que les notes de frais excessives du Conseil administratif, leurs voyages ou encore certains frais de réceptions dont sont friands les actuels magistrats.

    Une nouvelle fois, le PLR Ville de Genève a été à la pointe du combat pour améliorer les prestations à la population tout en écoutant la volonté populaire de ne pas faire d'économies intempestives. Plus que jamais, nous sommes prêts à assumer à nouveau des responsabilités gouvernementales tant il est nécessaire de faire tabula rasa de la politique menée jusqu'alors. Je m'y engage avec un projet clair (voir ici).

    En cas d'élection au Conseil administratif, ma première mesure sera de procéder à un audit complet de la municipalité, puis de le rendre public dans la foulée, afin de reconstruire sur des bases saines. Ce n'est qu'à ce prix que nous parviendrons à retrouver un début de confiance et à ramener la sérénité en Ville de Genève. Je continuerais aussi à me battre pour la transparence de l'action publique malgré les menaces, les manœuvres dilatoires et les intimidations (voir ici et ) dont j'ai fait l'objet. Je revendique ainsi, n'en déplaise à certains, le fait de dire la vérité et de ne rien cacher sur l'usage qui est fait des deniers publics.

    Le 15 mars 2020, vous aurez l’occasion de reprendre le contrôle de votre Ville en votant pour la liste numéro 2 du PLR Ville de Genève et ses 34 candidats au Conseil municipal.

  • Conseil administratif : ma vision et mes projets pour Genève

    A l'occasion des prochaines élections municipales, le journal Tout l'Immobilier m'a interviewé sur les raisons de ma candidature au Conseil administratif dans son édition du 27 janvier. Si vous pouvez en retrouver l'intégralité ici, je vous propose aussi d'en retrouver le compte-rendu ci-dessous. Avec en exergue une volonté sans faille, celle de remettre de l'ordre dans des dysfonctionnements existants depuis trop longtemps.

    Première question qui s’impose après l’incroyable déploiement policier de l’an dernier contre un élu: comment allez-vous?

    Je vais bien. Je me réjouis de pouvoir de nouveau parler de politique après les événements du vendredi 13 décembre 2019 qui n’ont pas été faciles à vivre pour moi, ma famille et mon entourage. Je souhaiterais d’ailleurs remercier une nouvelle fois les centaines de personnes ayant pris la peine de me contacter directement ou indirectement pour me soutenir. Elles se reconnaîtront.

    Votre priorité en cas d’élection?

    Le déclenchement d’un audit général sur le fonctionnement de la Ville de Genève, cela en partenariat avec la Cour des Comptes. En effet, les frais professionnels du Conseil administratif, les notes de frais excessives de certains hauts fonctionnaires, l’usage abusif des cartes de crédit sous prétexte qu’on les confond ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Il faut faire table rase de ces pratiques et pour ce faire, il est nécessaire d’identifier les problèmes en procédant à un tel audit. Ce que refuse l’actuel Conseil administratif et la plupart des candidats qui y prétendent.

    Comment améliorer le fonctionnement de l’Administration?

    Les nombreux manquements identifiés ne l’ont été que parce que des gens ont eu le courage de les dénoncer, malgré les représailles qu’ils pouvaient craindre de la part de leur hiérarchie. A cet égard, je juge nécessaire de mettre en place un système de lanceurs d’alerte et de transparence au sein de l’Administration. Cela pour mettre fin aux dysfonctionnements avant qu’ils n’aient des conséquences graves. Un véritable système de contrôle interne doit aussi être instauré et les pouvoirs du Contrôle financier renforcés. Chose que j’ai proposé en juin 2018 via le PRD-183.

    Vous proposez aussi la baisse des salaires du Conseil administratif?

    Oui. En juin 2015, je déposais un texte (PRD-104) demandant leur diminution, au motif que les conseillers administratifs étaient mieux payés (255 398 francs annuels) que les membres du Conseil d’Etat du canton. Cette proposition a été refusée par la quasi-totalité des partis politiques, alors qu’il est nécessaire que la classe politique fasse aussi des efforts, vu qu’on en demande beaucoup à la population. Avec le recul, je ne peux que constater que les faits m’ont donné raison, vu l’incompétence manifeste dont certains magistrats municipaux ont fait preuve durant leur mandat. Si je suis élu au Conseil administratif, je proposerais ainsi à mes collègues une baisse de 10% de nos salaires, puisque le Conseil municipal ne souhaite curieusement pas entrer en matière! A titre personnel, je m’engage à verser chaque année un pourcentage de mon salaire à des œuvres caritatives pour les hommes ou les animaux. Ce n’est qu’à ce prix qu’on parviendra à ramener un minimum de confiance envers la classe politique.

    Que proposez-vous en matière d’environnement?

    Je propose la mise en place d’une filière complète de recyclage du plastique, en partenariat avec le secteur privé. La technologie existe, mais les pouvoirs publics trouvent que cela coûterait trop cher. Je prétends pour ma part que la sauvegarde notre planète n’a pas de prix. Il faut donc avoir le courage d’aller de l’avant et d’utiliser la principale ressource naturelle de notre pays, soit la matière grise.

    Vous avez également une proposition phare en matière culturelle?

    Oui. Je rêve d’ouvrir un Musée de la Bande Dessinée, afin de rendre hommage à nos auteurs locaux (Zep, Exem, le pionnier Töppfer, etc.) ainsi que les monstres sacrés que sont Hergé, Jacques Martin, Hugo Pratt ou encore Goscinny et Uderzo, qui ont tous fait passer leurs héros respectifs à Genève ou en Suisse.

    Et en matière de logement?

    La politique menée actuellement par la Gérance immobilière municipale (GIM) correspond à une forme de gentrification inversée, dès lors qu’on en a chassé la classe moyenne au profit d’usagers moins favorisés. Les dégâts sont lourds, avec en outre un règlement de la GIM qui facilite la résiliation des baux, utilisé comme moyen de pression afin que les locataires acceptent de partir. On traite les gens comme de simples dossiers, en oubliant qu’il y a des vies derrière ces numéros.

    Que proposez-vous pour y remédier?

    Je suis partisan de la fusion des régimes existants au sein de la GIM (loyers libres et sociaux) en une seule et unique catégorie, sur le modèle des Habitations Mixtes (HM). Ce faisant, le loyer serait fixé selon la situation financière de chacun, avec l’immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsque leurs revenus dépassent un certain seuil. Ce faisant, nous pourrions créer de la mixité sociale, tout en augmentant les revenus du parc locatif. De même, il faut aussi cesser d’expulser les personnes à l’AVS, qui ne doivent pas perdre leurs repères personnels. Je veux aussi mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. La facilitation de la transformation de bureaux en logements est une partie de la solution, l’échange d’appartements en est une autre.

    Quid de l’entretien du parc immobilier?

    Le déficit d’entretien actuel des immeubles de la GIM est problématique, car il entraîne l’existence d’une dette cachée, vu qu’il faudra bien finir par rénover ceux-ci. Il amène donc un coût écologique, énergétique et aussi financier pour la Ville. Les bâtiments ne sont de loin pas aux normes de durabilité. Il existe pourtant des outils ad hoc, tels que le Fonds pour le logement d’utilité publique, le bonus à la rénovation (art. 17 LDTR) ou encore le bonus conjoncturel à l’énergie (art. 15A LEn). Il suffit juste d’avoir la volonté de les utiliser, plutôt que de reporter ce problème sur les générations futures.

    Et en matière d’aménagement?

    La priorité absolue est de revoir le Plan d’utilisation du sol (PUS). Pour cette raison, j’ai déposé au Conseil municipal (PRD-168) un projet visant à assouplir celui-ci. Soit d’introduire une possibilité de réversibilité dans certaines situations, vu qu’aujourd’hui, un changement d’affectation ne peut avoir lieu qu’une seule et unique fois. Cela offrirait une vision à plus long terme et permettrait de s’adapter aux besoins des quartiers, en perpétuelle évolution. L’animation et l’attractivité des quartiers, voulues par les PUS, ressortiraient ainsi renforcées. Je propose aussi d’aménager une plage publique en continuité de l’actuel quai Wilson, vu le succès de celle inaugurée aux Eaux-Vives.

    Quelle est votre vision en matière d’urbanisme?

    La politique actuelle menée par des magistrats de gauche depuis 25 ans doit cesser. Je veux dire par là que nous devons privilégier la qualité de vie de nos citoyens, plutôt que de construire à tour de bras. Je défends une vision de construire à taille humaine et le respect de l’identité des quartiers. Ainsi que maintenir, mais aussi augmenter les zones vertes et les poumons de verdure que peut constituer la zone villas.

    Avez-vous aussi un plan B pour la nouvelle patinoire?

    Oui. Je me bats depuis dix ans pour ce projet et vois les promesses se succéder sans que rien ne se réalise. En cas d’échec du projet au Trèfle-Blanc, je propose ainsi de réaliser la nouvelle patinoire sur le site de la Voirie, adjacent à l’actuelle surface de glace des Vernets. Les avantages sont nombreux (terrains publics, absence de voisinage, mutualisation des coûts de fonctionnement) et cela permettrait de rester dans le périmètre historique. Surtout, on irait bien plus vite que le délai de 2028 annoncé jusqu’alors. J’en ferai une priorité en cas d’élection.

    Un dernier mot pour conclure?

    Je ne supporte pas l’injustice sous toutes ses formes et me suis toujours battu contre celles-ci. Et même si je ne pensais pas en vivre une aussi flagrante dans le cadre de ma vie personnelle et politique, je continuerai à me battre pour remettre de l’ordre en Ville de Genève.

  • Conseil administratif : reconstruire la confiance via la transparence

    En novembre 2018, la Cour des Comptes publiait un rapport sur les notes de frais du Conseil administratif (voir ici) qui ouvrait une crise politique majeure en Ville de Genève. Tout d'abord en raison de la violation des règles les plus élémentaires de la bonne gestion et de la transparence par le Conseil administratif mais aussi et surtout lorsqu'on apprenait qu'il avait tout fait pour empêcher la Cour des comptes de faire son travail (voir ici).

    Quelques semaines plus tard, en décembre 2018, un rapport du Contrôle financier sur les notes de frais de la fonction publique municipale a été envoyé à une cinquantaine de hauts-fonctionnaires puis à l'ensemble des 80 conseillers municipaux, lequel nous faisait constater des dysfonctionnements majeurs dans certains services de l'administration municipale. Des exemples? Des dépenses privées effectuées avec de l'argent public, des voyages aussi inutiles que dispendieux ou encore une absence quasi-totale de contrôle interne qui aurait pu empêcher cela.

    Aujourd'hui, en décembre 2019, ce rapport n'a toujours pas été rendu public par le Conseil administratif alors même que son intérêt pour la population est manifeste et permettrait de juger sur pièce de la situation sans aucun filtre. Pire que cela, le Conseil administratif a déposé plainte pénale suite à la publication d'éléments dudit rapport dans la presse (voir ici et ), chose qu'il s'est évidemment bien gardée de faire contre certains fonctionnaires ayant abusé de l'argent public. Vous avez dit deux poids, deux mesures? Il aurait été en effet cocasse de les voir sanctionner des fonctionnaires qui ont fait exactement ce que la Cour des comptes leur reproche.

    Cette attitude ne peut plus durer. Alors que le Conseil administratif a déjà tenté d'empêcher la Cour des comptes de publier son rapport sur leurs notes de frais, il continue à cacher quantité d'éléments ayant un intérêt public. Parmi lesquels ce rapport ainsi que jusqu'à récemment celui sur les notes de frais du Grand-Théâtre. Est-ce ainsi trop demander à l'exécutif municipal de faire preuve de transparence en publiant ce rapport pour que la population sache ce qui se passe en Ville de Genève? Manifestement oui. Il est vrai que ce serait tellement plus confortable pour eux de continuer à abuser de l'argent public en paix.

    Pour cette raison, le PLR Ville de Genève, par l'intermédiaire de son président Vincent Latapie, a fait une demande LIPAD auprès du préposé cantonal à la protection des données pour que ce document soit enfin rendu public. Malgré l'opposition du Conseil administratif, le préposé a rendu un préavis favorable courant novembre en soulignant que ce rapport n'était soumis à aucune confidentialité et que les informations qu'ils contenaient avaient un intérêt public manifeste.

    Alors qu'on aurait pu penser que le Conseil administratif respecterait ce préavis, celui-ci se borne dans son refus (voir ici) avec une attitude de déni analogue à celle utilisée contre la Cour des comptes. Alors même qu'il apparaît aujourd'hui clairement que la plainte pénale déposée était abusive et que les informations contenues dans le rapport d’intérêt public. Que souhaite ainsi cacher le Conseil administratif via son refus de respecter le préavis du préposé cantonal à la protection des données? Pourquoi refuser la transparence à nos concitoyens? Ce refus est d'autant plus scandaleux que les frais judiciaires seront encore une fois à la charge du contribuable qui va donc financer le recours visant à lui cacher ce qu'on fait de son argent. Pour toutes ces raisons, le PLR Ville de Genève (via son président Vincent Latapie) a déposé recours auprès de la Chambre administrative afin que le préavis du préposé cantonal à la protection des données soit respecté. Nous déposerons également une motion urgente au Conseil municipal afin d'exiger la publication immédiate de ce rapport, caché depuis trop longtemps à la population genevoise, ainsi que la mise en place d'une véritable culture de la transparence. De même, nous réclamons que l'exécutif  mette fin à sa politique de menace envers le Conseil municipal, la presse et la fonction publique lorsque leur sont demandés des comptes sur leur activité politique (voir ici mon intervention au Conseil municipal de septembre sur le sujet).

    Pour ma part, je pense que la population à le droit de savoir quel usage est fait de l'argent public et ainsi être informée du contenu des rapports du Contrôle financier comme ceux de la Cour des comptes. Le retour à la confiance ne se fera qu'en rendant public les nombreux dysfonctionnements et en prenant les mesures nécessaires pour y remédier, pas en les cachant et en menaçant comme le font les magistrats Sami Kanaan et Rémy Pagani. Il convient encore de souligner que la bonne marche de l'administration ne serait ainsi en aucun entravée par la publication dudit rapport, notamment au vu du coming-out public de la cheffe des bibliothèques municipales dans la Tribune de Genève alors même que son nom ne figurait pas dans le rapport (voir ici).

    En cas d'élection au Conseil administratif, ma première mesure sera ainsi de procéder à un audit complet de la municipalité, puis de le rendre public dans la foulée, afin de reconstruire sur des bases saines et transparentes. Ce n'est qu'à ce prix que nous parviendrons à retrouver un début de confiance et à ramener la sérénité en Ville de Genève.

  • Quiz pour les 60 ans d'Astérix : à vous de jouer!

    Résultat de recherche d'images pour "asterix chez les helvètes"Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas d'une allégorie des notes de frais de l'actuel Conseil administratif de la Ville de Genève mais bien d'un extrait de l'album Astérix chez les Helvètes.

    Pour faire suite à mon quiz sur Tintin en début d'année (voir ici), je souhaite profiter une seconde fois de ce blog pour partager ma passion pour la Bande Dessinée avec cette fois un quiz sur les aventures d'Astérix et Obelix à l'occasion de leurs 60 ans. Je gage que même les plus connaisseurs devront relire attentivement leurs albums pour pouvoir y répondre en totalité.

    Vous pouvez poster vos réponses dans la partie commentaires et je publierai la solution complète dès qu’une personne aura répondu juste à toutes les questions ci-dessous. Je vous souhaite ainsi de vous amuser à y répondre autant que j'ai pris à les faire.

    Les règles sont les suivantes. Il y a une question relative à chacun des 28 albums ci-dessous. Il n’est pas possible d’avoir deux réponses pour une même aventure. Pour être valide, la réponse doit également comporter le nom de l’album ainsi que la page.

    Voici un exemple :

    Question : Qu'est-ce qui est un scandale?

    Réponse : Cette vaisselle propre, Astérix chez les Helvètes, p.7.

    Les questions sont les suivantes. Elles ne sont bien entendu pas dans l'ordre des albums.

    1. Quel est l'ingrédient qui donne bon goût à la potion magique?

    2. Qui se sent las, las, las?

    3. Qu'est-ce qui ne tient qu'à un fil?

    4. Qu'est-ce qu'on peut utiliser pour graver ses rendez-vous mais qui est banal?

    5. A quelle page de quel album Asterix et Obélix rencontrent Idéfix?

    6. Qui est juste bon à attendre la crue du nil?

    7. En quoi consiste le "ballotage" électoral?

    8. Qu'est-ce qui est plus solide que le sternum?

    9. Qui est Pneumatix?

    10. Qui demande si c'est bien une auberge ici?

    11. Qu'est-ce qui ne peut faire que du bien?

    12. Qu'est-ce qui est rigoureusement interdit?

    13. Avec quoi peut-on acheter de la soupe à l'oignon?

    14. Qui retient sa respiration jusqu'à ce qu'il lui arrive quelque chose?

    15. Qui est l'homme le plus important du village?

    16. Qui veut le silence et la discrétion dans ses comptes?

    17. Qui est l'inventeur du « conduisez-dedans » et des « potions-tabernae » « où l'on trouve de tout?

    18. Où mange-t-on des queues de castors aux framboises?

    19. Qu'est-ce qui arrive après la pluie?

    20. Qui ne doit pas compter fleurette aux romains?

    21. Qu'est-ce qui est pire que d'être jeté aux lions?

    22. Qu'est-ce qui fait "glouglou"?

    23. Quel est le seul droit que possède l'esclave et qu'on ne peut lui enlever?

    24. Quel est le peuple le plus brave de toute la Gaule?

    25. Qu'est-ce que le SMIG?

    26. Qui se conduit comme un jeune marcassin qui aurait encore des dents de laie?

    27. Qui est Bellodalix?

    28. Qui rit de revoir Cybèle en ce miroir?

    Le plus simple étant de procéder par élimination, je vous conseille de noter au fur et à mesure les albums (voir ci-dessous) dans lesquels vous trouvez les réponses. L'un de ceux-ci se déroulant d'ailleurs partiellement à Genève avec Astérix et Obélix qui traversent la rade à la nage faute d'avoir un pont à emprunter. Si vous voyez lequel, c'est un bon début pour commencer à répondre aux questions.

    Astérix le Gaulois, Dargaud, Paris, juillet 1961

    La Serpe d'or, Dargaud, Paris, juillet 1962

    Astérix et les Goths, Dargaud, Paris, juillet 1963

    Astérix gladiateur, Dargaud, Paris, juillet 1964

    Le Tour de Gaule d'Astérix, Dargaud, Paris, janvier 1965

    Astérix et Cléopâtre, Dargaud, Paris, juillet 1965

    Le Combat des chefs, Dargaud, Paris, janvier 1966

    Astérix chez les Bretons, Dargaud, Paris, juillet 1966

    Astérix et les Normands, Dargaud, Paris, octobre 1966

    Astérix légionnaire, Dargaud, Paris, juillet 1967

    Le Bouclier arverne, Dargaud, Paris, janvier 1968

    Astérix aux Jeux olympiques, Dargaud, Paris, juillet 1968

    Astérix et le Chaudron, Dargaud, Paris, janvier 1969

    Astérix en Hispanie, Dargaud, Paris, octobre 1969

    La Zizanie, Dargaud, Paris, avril 1970

    Astérix chez les Helvètes, Dargaud, Paris, octobre 1970

    Le Domaine des dieux, Dargaud, Paris, octobre 1971

    Les Lauriers de César, Dargaud, Paris, janvier 1972

    Le Devin, Dargaud, Paris, octobre 1972

    Astérix en Corse, Dargaud, Paris, avril 1973

    Le Cadeau de César, Dargaud, Paris, juillet 1974

    La Grande Traversée, Dargaud, Paris, avril 1975

    Obélix et Compagnie, Dargaud, Paris, avril 1976

    Astérix chez les Belges, Dargaud, Paris, janvier 1979

    Le Grand Fossé, Albert René, Paris, avril 1980

    L'Odyssée d'Astérix, Albert René, Paris, octobre 1981

    Le Fils d'Astérix, Albert René, Paris, octobre 1983

    Astérix chez Rahàzade, Albert René, Paris, octobre 1987

    Vous trouverez aussi ici la proposition que j'ai déposée au Conseil municipal afin de réaliser un Musée de la Bande Dessinée à Genève. Le neuvième art mérite bien cela vu son succès chez les lecteurs de 7 à 77 ans.

  • Fête nationale : où est passé notre Drapeau?

    Comme chaque année, le titulaire de la fonction de maire de la Ville de Genève organise ce jour les festivités du 1er août. On serait cependant tenté d'en douter tant rien ne permet de rappeler, dans son organisation comme sa communication, que nous fêtons aujourd'hui l'acte fondateur de la Confédération. On se souvient de Rémy Pagani qui préféra mettre en avant le Bénin, avec qui nous partageons la date du 1er août comme jour de Fête nationale, mais qui avait au moins pris la peine de laisser figurer nos armoiries (voir ici). On aura ce jour Sandrine Salerno qui nous parlera des "Genevoises" (pas des Suissesses) avec une affiche qui réussit le tour de force de n'avoir aucun drapeau suisse visible (voir ). Le Conseil administratif a-t-il honte de notre pays au point de ne pas afficher ses couleurs le jour de sa fête? Il est ainsi doublement paradoxal de vouloir mettre en avant des questions féministes ce jour mais d'oublier la principale concernée qu'est notre mère patrie.

    Ce même exécutif rappelle à longueur de temps lutter contre les discriminations. Pourtant, il exclut aujourd'hui notre propre pays en omettant de l'inviter à sa propre fête. Une Fête nationale sans drapeau, cela revient à voir un match de football sans ballon, un défilé du 1er mai sans travailleurs ou une journée des femmes avec uniquement des hommes. On peine à comprendre une telle attitude sachant que la Suisse, n'en déplaise à certains, est sans doute le pays le plus démocratique au monde et très certainement l'un des plus ouverts envers les étrangers et les minorités. A cet égard, vu que Sandrine Salerno souhaite mettre en avant la question féminine, a-t-elle oubliée qu'Helvetia est l'un des symboles de notre pays au même titre que Guillaume Tell? On aurait ainsi pu concilier féminisme et patriotisme. Mais comme Helvetia est systématiquement représentée avec un bouclier frappé de la croix Suisse, cela ne pouvait pas convenir au Conseil administratif et son maire, au vu de la volonté manifeste de ne pas mettre en avant nos couleurs et armoiries nationales. Déconstruire les stéréotypes c'est bien, ne pas en créer d’autres de toutes pièces, en reniant notre identité et notre histoire, ce serait mieux.

    En 2014, l'absence du drapeau suisse sur l'affiche du 1er août avait questionné la presse (voir ici). Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui (voir ). Oserons-nous d'ailleurs encore organiser à Genève une Fête nationale en 2024? Il semble déjà que la seule existence du Mur des Réformateurs est une provocation honteuse pour certains milieux et qu'y commettre des actes de vandalisme est une performance artistique. Ce n'est pourtant pas en niant notre passé qu'on construira une société juste et équitable pour tout le monde. Certains feraient peut être bien de relire Romain Gary qui soulignait que "le patriotisme, c'est l'amour des siens. Le nationalisme, c'est la haine des autres" ou encore Jean-Jacques Rousseau qui voyait son père lui dire "Jean-Jacques, aime ton pays".

    Nous ne devrions pas avoir peur d'afficher haut et fort les couleurs nationales. Nous ne devons pas non plus avoir honte de rappeler notre histoire et de souligner à quel point notre Ville peut être fière d'appartenir à la Suisse. Car ce n'est pas en oubliant nos racines et notre culture que l’on construira le futur. Bien au contraire. C’est en puisant dans le passé qu’on peut bâtir un avenir heureux.

    Vive la Suisse et vive Genève!

  • Conseil administratif : ma vision pour Genève

    Alors que la plupart des partis politiques ont choisi leurs candidats au Conseil administratif de la Ville de Genève pour les prochaines élections municipales, le journal Tout l'Immobilier m'a interviewé sur les raisons de ma candidature dans son édition du 8 avril. Si vous pouvez en retrouver l'intégralité ici, je vous propose aussi d'en retrouver le compte-rendu ci-dessous.

    Il est indéniablement atypique. Réservé et sérieux, mais plein d’humour. Combatif et tenace, mais toujours calme et posé. Passionné de politique, mais honnête et loyal. Le président d’un autre parti l’avouait récemment à l’issue d’un débat télévisé: «Le plus convaincant parmi nous, c’était Simon Brandt». Cet élu municipal, puis cantonal, trentenaire pourrait passer pour un homme de dossiers – il les maîtrise généralement mieux que quiconque – mais il a tranquillement, avec beaucoup d’avance sur ses concurrents, conquis le statut de candidat PLR au Conseil administratif de la Ville en 2020 et d’ores et déjà constitué son programme et son équipe de campagne. Alors, nous aussi, prenons de l’avance et interrogeons-le!

    Simon Brandt, qui êtes-vous?

    J'ai 34 ans. Je suis né à Genève et ai grandi avec ma mère, originaire de Zurich, ainsi que ma sœur. Politologue de formation, je suis diplômé de l’Université de Genève (Bachelor en sciences politiques) et de l’Université de Lausanne (Master en sciences politiques). Dans ce cadre, je me suis spécialisé dans les domaines touchant à la sociologie du vote, au fonctionnement des administrations, mais aussi et surtout à la sécurité publique et aux organisations policières, dont j'ai fait mon domaine de recherche principal. Raison pour laquelle je travaille dans ce secteur aujourd’hui.

    Pourquoi vous présentez vous au Conseil administratif?

    Parce que j’ai la passion de la politique, à laquelle je consacre l’essentiel de mon temps libre depuis que j’ai le droit de vote. Je veux changer les choses et démontrer qu’il est possible de faire de la politique pour servir la collectivité et non pas se servir. L’affaire des notes de frais du Conseil administratif, qui voit deux élus de l’Exécutif municipal mis en prévention et deux autres appelés à donner des renseignements, étant l’exemple type de ce qui n’est pas acceptable. En cas d'élection au Conseil administratif, je prends l'engagement d'être extrêmement rigoureux avec l’argent de la collectivité et de ne jamais rien dépenser qui ne relève pas strictement de l'action publique; de rendre des comptes en tout temps à la population; surtout, de ne jamais confondre mon porte-monnaie privé et celui du contribuable!

    Justement. Quel regard portez-vous là-dessus?

    Un regard horrifié, tant il semble clair que comme on dit, «il n'y en a pas un pour rattraper l'autre». Pensez: un magistrat en charge de l'Aménagement qui prône la fin de la voiture au centre-ville mais se fait payer sa place de parking privée par le contribuable; une responsable des Finances qui n'a pas pris le temps de mettre à jour le règlement sur les notes de frais et omet de contrôler celles-ci, ou encore un conseiller administratif qui confond ses cartes de crédit privée et professionnelle (elles seraient paraît-il de la même couleur!)… Force est de constater que l’on a bel et bien là un problème institutionnel. Raison pour laquelle je pense qu’aucun des actuels magistrats ne devrait se représenter. Je m’étonne aussi de voir le fossé entre les actes et les paroles du parti socialiste, qui devrait adapter son slogan en «pour toutes et tous sans privilèges mais avec une carte de crédit».

    Vous avez la réputation d’être travailleur et de connaître vos dossiers sur le bout des doigts...

    Je m'y efforce en tout cas. A titre d'exemple, j'ai déposé avec mon groupe plus de 120 textes parlementaires depuis mon entrée au Conseil municipal en novembre 2005. J'ai présidé sa Commission des finances et ai aussi été rapporteur général sur le budget. Je tente toujours de trouver des solutions concertées pour que les dossiers avancent et m'implique à fond dans mon activité politique. A l'inverse, je peine à comprendre les personnes qui prétendent à un poste dans un Exécutif alors que leur activité politique est proche du néant. Qui peut donc croire que quelqu'un qui ne travaille pas au Conseil municipal le fera au sein du Conseil administratif?

    Quelle majorité au sein du prochain Conseil administratif?

    La sociologie électorale de la Ville de Genève est foncièrement différente de celle du canton. La force électorale du PLR Ville de Genève (actuellement 17,68%) ne lui permet ainsi pas de postuler à plus d'un siège au Conseil administratif dans lequel il n'est d'ailleurs plus représenté actuellement. Si nous pouvons espérer gagner un second siège au Conseil administratif avec le PDC dans le cadre de l'Entente, nous ne pouvons par contre pas prétendre à un troisième siège à moins d'élargir l'alliance à l'UDC et/ou au MCG, avec qui nous travaillons au sein de la droite élargie depuis le début de la législature, ce qui nous permettrait alors d'avoir la masse critique nécessaire pour réclamer la majorité à l'Exécutif municipal. Cette question devra ainsi être tranchée par nos partis respectifs qui devront déterminer quelle est la meilleure stratégie à adopter pour redonner le bon cap à notre Ville.

    Quelle est votre vision politique?

    Je crois sincèrement en la notion de justice sociale, ainsi qu'en la liberté d'entreprendre. Je pense qu'une société sans garde-fou engendre le chaos. Nous devons ainsi veiller à ne laisser personne de côté, tout en fixant des conditions-cadres adéquates à la création de la richesse qui permet de financer l’État. La prochaine votation sur la RFFA en est d'ailleurs l'exemple type; la RFFA doit être soutenue si l'on souhaite maintenir un tissu économique suffisamment fort pour aider ceux qui en ont besoin.

    En matière de logement?

    La politique menée actuellement par la Gérance immobilière municipale (GIM) correspond à une forme de gentrification inversée, dès lors qu'on en a chassé la classe moyenne au profit d'usagers moins favorisés. Les dégâts sont lourds, avec en outre un règlement de la GIM qui facilite la résiliation des baux, utilisé comme moyen de pression afin que les locataires acceptent de partir. On traite les gens comme de simples dossiers, en oubliant qu’il y a des vies derrière ces numéros. Les personnes âgées sont en tête des gens concernés, car certaines d'entre elles se sentent dépassées par les menaces de résiliation de bail et sont démunies pour y répondre. J'ai en tête l’exemple d’une nonagénaire ayant reçu une mise en demeure, avec menace claire d’une résiliation de bail, faute d’avoir transmis à temps un document sur sa situation financière, laquelle ne pouvait guère changer vu qu’elle vivait de la seule AVS depuis sa retraite. Ce n'est pas acceptable pour une régie publique!

    Que proposez-vous?

    Je suis partisan de la fusion des régimes existants au sein de la GIM (loyers libres et sociaux) en une seule et unique catégorie, sur le modèle des Habitations Mixtes (HM). Ce faisant, le loyer serait fixé selon la situation financière de chacun, avec l'immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsqu'ils leurs revenus dépassent un certain seuil. Ce faisant, nous pourrions créer de la mixité sociale, tout en augmentant les revenus du parc locatif. De même, nous devons aussi cesser d'expulser les personnes à l'AVS, qui ne doivent pas perdre leurs repères personnels. Surtout, nous devons mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. La facilitation de la transformation de bureaux en logements en est un, l'échange d'appartements en est une autre.

    Quid de l’entretien du parc immobilier?

    Le déficit d’entretien actuel des immeubles de la GIM est problématique car il entraîne l’existence d’une dette cachée, vu qu’il faudra bien finir par rénover ceux-ci. Il amène donc un coût écologique, énergétique et aussi financier pour la Ville. Les bâtiments ne sont de loin pas aux normes de durabilité. Il existe pourtant des outils ad hoc, tels que le Fonds pour le logement d’utilité publique, le bonus à la rénovation (art. 17 LDTR) ou encore le bonus conjoncturel à l’énergie (art. 15A LEn). Il suffit juste d’avoir la volonté de les utiliser, plutôt que de reporter ce problème sur les générations futures.

    Et en matière d'aménagement?

    La priorité absolue est de revoir le Plan d'utilisation du sol (PUS). Pour cette raison, j'ai déposé au Conseil municipal (PRD-168) un projet visant à assouplir celui-ci. Soit d'introduire une possibilité de réversibilité dans certaines situations, vu qu'aujourd'hui, un changement d'affectation ne peut avoir lieu qu'une seule et unique fois. Cela offrirait une vision à plus long terme et permettrait de s'adapter aux besoins des quartiers, en perpétuelle évolution. L'animation et l'attractivité des quartiers, voulues par les PUS, ressortiraient ainsi renforcées par l'adoption d'une telle mesure.

  • Star Wars : Genève doit construire son Étoile noire

    Alors que l'insécurité va grandissante et que la relance économique par les grands travaux a fait ses preuves, il est nécessaire d'avoir de l'ambition pour notre cité. Et si la Ville de Genève construisait ainsi l'Étoile noire de la saga Star Wars?

    - Cela ne coûterait que l'équivalent de 6'884'807 ans du budget municipal (voir ici)

    - Le magistrat en charge des constructions et de l'aménagement aurait une véritable raison de se représenter et de justifier les dépassements

    - On pourrait l'inaugurer en même temps que la nouvelle patinoire

    - On ne se poserait plus la question de l'armement de la Police municipale

    - Le Conseil municipal se mêlerait des affaires de la galaxie plutôt que de se cantonner à celles du monde et des basses problématiques de Genève

    - Les Ewoks empêcheraient les abattages d'arbres intempestifs

    - L'Opéra galactique de Coruscant ne serait plus qu'une salle secondaire

    - Genève à Chaud (GàC) deviendrait Galaxie à Chaud

    - Jabba le Hutt bénéficierait du forfait fiscal

    - L'argent public serait mieux géré. Allez ainsi expliquer vos notes de frais à Dark Vador qui est pourtant plus indulgent que l'Empereur

    Et vous, vous ne voyez pas aussi de bonnes raisons? N'hésitez pas à les poster ci-dessous. Que la force soit avec vous en ce 1er avril!

    Star Wars GE.jpg

  • Changement climatique : osons nous mesurer à nos valeurs

    Je suis avec attention les actuelles manifestations contre le changement climatique. J'assiste ainsi à la tentative grossière de récupération politique d'un mouvement dont la force devrait justement être son apolitisme tant cette cause dépasse les clivages partisans. Surtout, je suis étonné de voir à quel point les discours de certains sont en totale inadéquation avec leur comportement individuel.

    A cet égard, je me suis posé la question de ma propre attitude et suis donc allé sur le site du WWF afin de voir si j'avais des progrès à faire en la matière et mesurer mes propres valeurs.

    En préambule, je souligne que je ne possède pas de voiture ou d'engin motorisé et que je me déplace essentiellement à pied et en transports publics. Je ne prends aussi que fort rarement l'avion et ai été sensibilisé très tôt à l'importance du recyclage et du tri. Mon empreinte écologique est ainsi jugée de la manière suivante par le calculateur du WWF :

    Félicitations, c’est parfait! Vous pouvez être fier(e) de vous. Malgré le poids individuel supplémentaire dû aux services publics et aux institutions, vous n’avez que très peu d’impact sur l’avenir de notre planète. Un grand merci, continuez comme ça!

    Selon ce dernier, je possède un équivalent CO2 inférieure de moitié à la moyenne suisse (13.51 tonnes) et de 6% à la moyenne mondiale (7.41 tonnes). Je n'ai pourtant pas eu besoin d'injonctions politiques ou légales pour que mes valeurs personnelles soient en adéquation avec les principes du développement durable. Il convient ainsi de rappeler que chacun est différent et je ne prétends donc pas obliger les autres à se comporter comme moi. A l'inverse, je pense que l'addition des comportements individuels est au moins aussi importante que la volonté politique pour arriver à des résultats concrets. Surtout, j'estime que c'est à la classe politique de donner l'exemple et de faire les efforts qu'elle prétend imposer à la population. Soit d'assumer concrètement ses responsabilités.

    A cet égard, est-ce que les thuriféraires locaux du changement de pratiques oseront rendre public leur propre empreinte écologique? J'en doute lorsque je constate que certains refusent même de donner la marque de leur voiture individuelle (voir ici). Peut-on ainsi être réellement pris au sérieux lorsqu'on que l'on réclame la fin de la voiture au centre-ville tout en roulant régulièrement, et pour de courtes distances, en 4x4? D'appeler à une restriction des vols de l'aéroport de Genève mais de partir à Bali ou à Cuba lors de ses vacances? Bref, de prôner pour les autres ce qu'on ne s'applique pas à soi-même? Cela reviendrait à être aussi crédible que l'actuel Conseil administratif de la Ville de Genève qui abuse de ses notes de frais d'un côté et prétend lutter contre les privilèges de l'autre.

    J'encourage chacun à faire le test ici afin de voir de quelle manière le changement de notre comportement peut contribuer à diminuer le réchauffement climatique. De manière plus ludique, vous trouverez également un jeu de gestion qui nous rappelle que les ressources ne sont pas infinies et que celles-ci doivent être utilisées de manière raisonnable. Nous pouvons encore changer les choses et faire nôtre la devise du Capitaine Planète (voir ici) : «l'avenir ne dépend que de vous».

  • Budget municipal 2019 : du social plutôt que des privilèges

    Une légende urbaine tenace prétend que la gauche se préoccupe des plus pauvres et la droite des plus riches. Je crois cependant pouvoir dire que rien n'est plus faux suite au récent vote du budget de la Ville de Genève. En effet, ce dernier nous a permis de constater que les partis socialistes et écologistes, parfois renforcé par Ensemble à Gauche, sont davantage occupés à défendre les notes de frais excessives du Conseil administratif, et de certains fonctionnaires municipaux, plutôt que de se préoccuper d'améliorer le quotidien de nos concitoyens les plus faibles.

    Relevons donc quelques faits pour étayer cette thèse.

    Tout d'abord, le fait que c'est le PLR Ville de Genève qui a proposé – et obtenu - le financement à l'année de l'accueil des sans-abris (1'500'000 francs) tant il est indigne que des gens continuent à dormir dehors dans notre Ville, chose qu'une majorité du Conseil administratif n'a pas jugé prioritaire de réaliser alors même que quatre magistrats sur cinq sont issus des partis de gauche.

    Ensuite, le fait que c'est une majorité composée du Parti socialiste, des Verts, d'Ensemble à Gauche ainsi que de quelques PDC qui a décidé de réduire la subvention attribuée au Refuge de Darwyn de 150'000 à 25'000 francs (voir ici). Ceci pour des motifs aussi fallacieux que mensongers dès lors que cette proposition du PLR avait reçu le soutien de la totalité des partis politiques lors du vote en commission des finances. Ce projet était en effet convaincant. Il visait à financer l'insertion sociale d'enfants, de résidents d'EMS et de personnes handicapées, domiciliés pour nombre d’entre eux en Ville de Genève, à travers l'équithérapie. En d’autres termes, il permettait l’accès à la thérapie à travers des animaux à des populations fragilisées n'ayant pas les moyens et la possibilité de le faire actuellement.

    La raison de cette coupe budgétaire? Tout d'abord, le mépris de certains pour la cause animale ainsi que celle de l’insertion sociale de personnes fragilisées, mais aussi et surtout le besoin de trouver une économie équivalente afin de financer des associations n'ayant fait aucune demande formelle (au contraire du Refuge de Darwyn). Il est vrai que lorsqu'on est dans les bons papiers de certains partis, on n’a pas besoin de se justifier pour recevoir une aide financière. Et que les sans-abris, comme les animaux, ne votent pas au contraire de « clientèles » qui soutiennent des partis en fonction des subventions et des prébendes attribuées. Il est ainsi navrant que ce soit le Refuge de Darwyn qui en fasse les frais tant leur projet était utile et nécessaire.

    Ainsi, lorsque je lis aujourd'hui que des élus se plaignent de cette coupe, alors même que leurs propres partis ont démantelé ce magnifique projet, je ne peux que m'étonner devant cette tentative grossière de récupération politique. A cet égard, j'annonce d'ores et déjà que je proposerai à nouveau l'octroi de cette subvention lors du prochain exercice budgétaire et me réjouis de voir si la proximité des élections amènera certains partis à retourner leurs vestes. Les chevaux et les ânes vous en remercient déjà.

  • Quiz pour les 90 ans de Tintin : à vous de jouer!

    Une fois n’est pas coutume, à l’occasion des 90 ans de Tintin, je souhaite profiter de ce blog pour partager ma passion pour la Bande Dessinée en général et pour Tintin en particulier. Ceci en proposant le quiz ci-dessous qui devrait amener même les meilleurs des tintinophiles à devoir relire leurs albums pour pouvoir y répondre en totalité.

    Vous pouvez poster vos réponses dans la partie commentaires et je publierai la solution complète dès qu’une personne aura répondu juste à toutes les questions ci-dessous. Je vous souhaite ainsi de vous amuser à y répondre autant que j'ai pris à les faire.

    Les règles sont les suivantes. Il y a une question par album complet de Tintin (l'Alph-Art est donc exclu), soit un total de 23 questions. Il n’est pas possible d’avoir deux réponses pour une même aventure. Pour être valide, la réponse doit également comporter le nom de l’album ainsi que la page.

    Voici un exemple :

    Question : Ou se trouve l’hôtel Cornavin?

    Réponse : De l’autre côté de la rue, l’Affaire Tournesol, p.17.

    Les questions sont les suivantes. Elles ne sont bien entendu pas dans l'ordre des albums.

    1) Qu'est-ce qui est "bien visible"?
    2) Où parle-t-on de Boule de Neige?

    3) Qui sont "Sarah, Oriane et Sémiramis"?
    4) Comment soigne-t-on la fièvre éléphantesque?
    5) Qui s'est égaré et demande l'hospitalité?
    6) Qu'est-ce qu'il faut pour recevoir un pain?
    7) Quelle est la condition préalable pour "se voir rendre la liberté"?
    8) A quoi correspond T.O. 1026 S.C.?
    9) Dans quel pays l'eau minérale est-elle rudement bonne?
    10) Qu'est-ce qui "vient de sauter hors de l'eau là-bas"?
    11) Qu'est ce qui se passe à la verticale du radio-phare de Mataram?

    12) Qu'est-ce qui coûte 875 khors de droit d'entrée?
    13) Qui dort à quatre heures du matin?
    14) Qui était un grand éleveur d'escargot?
    15) Qu'est ce qui appartient à R. Legrand?
    16) Depuis quand les daims poursuivent-ils les pumas?
    17) Que sort-on au prochain diguedondon?
    18) Quel est le phénomène qui se produit tous les jours à 10h30?
    19) Où parle-t-on de C. Olsson?
    20) Quand est-ce que les sections de choc doivent occuper le champ d'aviation, la centrale électrique, l'usine à gaz, etc?
    21) Qu'est-ce qui est une grosse masse rocheuse d'environ 700 mètres de diamètre?
    22) Pour quoi sont connus les paysans de Pôh-Prying?
    23) Dans quelle chambre est descendu le professeur Tournesol?

    Le plus simple étant de procéder par élimination, je vous conseille de noter au fur et à mesure les albums (voir ci-dessous) dans lesquels vous trouvez les réponses. L'un de ceux-ci se déroulant d'ailleurs partiellement à Genève avec la présence du professeur Tournesol qui descend dans un célèbre hôtel. Si vous voyez lequel, c'est un bon début pour commencer à répondre aux questions.

    Tintin au pays des Soviets (1930)
    Tintin au Congo (1931)
    Tintin en Amérique (1932)
    Les Cigares du Pharaon (1934)
    Le Lotus bleu (1936)
    L'Oreille cassée (1937)
    L'Île noire (1938)
    Le Sceptre d'Ottokar (1939)
    Le Crabe aux pinces d'or (1941)
    L'Étoile mystérieuse (1942)
    Le Secret de la Licorne (1943)
    Le Trésor de Rackham le Rouge (1944)
    Les 7 Boules de cristal (1948)
    Le Temple du Soleil (1949)
    Tintin au pays de l'or noir (1950)
    Objectif Lune (1953)
    On a marché sur la Lune (1954)
    L'Affaire Tournesol (1956)
    Coke en stock (1958)
    Tintin au Tibet (1960)
    Les Bijoux de la Castafiore (1963)
    Vol 714 pour Sydney (1968)
    Tintin et les Picaros (1976)

    Vous pouvez aussi trouver ici mon interview sur Léman Bleu à l'occasion de ce 90ème anniversaire et ici la proposition que j'ai déposée au Conseil municipal afin de réaliser un Musée de la Bande Dessinée à Genève. Le neuvième art mérite bien cela vu son succès chez les lecteurs de 7 à 77 ans.

  • Budget municipal 2019 : le sens des priorités

    Alors qu'une procédure pénale pour gestion déloyale des intérêts publics a été ouverte en lien avec les dépenses des conseillers administratifs de la ville de Genève (voir ici), et que leur capacité à gouverner est donc clairement remise en cause, il convient de respecter le principe de la présomption d'innocence et de ne pas refuser des projets simplement parce que la confiance est rompue avec les membres de l'exécutif municipal. Car nous ne devons pas paralyser les institutions et punir la population qui n'est pas responsable des erreurs du collège gouvernemental municipal.

    Pour cette raison, le groupe municipal PLR s'est attelé à doter la Ville de Genève d'un budget responsable et utile au plus grand nombre. Nous sommes ainsi restés fidèle à nos valeurs tout en écoutant la volonté de la population de ne pas procéder à des coupes budgétaires. Nous n'avons donc proposé aucune économie mais uniquement des réaffectations afin de mieux cibler les dépenses et améliorer les prestations à la population.

    La principale mesure que nous avons proposée est le financement à l'année de l'accueil des sans-abris (1'500'000 francs) tant il est indigne que des gens dorment dehors dans notre Ville, chose qu'une majorité du Conseil administratif n'a pas jugé prioritaire, malgré la volonté politique de la conseillère administrative Esther Alder (et Manuel Tornare précédemment) de le faire. Il est ainsi temps de mettre fin à la politique clientéliste du Conseil administratif de considérer les subventions municipales comme des droits acquis, ceci afin de permettre à d'autres de recevoir un soutien public.

    Pour financer ce renforcement du tissu social en Ville de Genève, il était nécessaire de trouver une économie équivalente (voir ici) vu que le Conseil municipal n'a pas le droit d'alourdir les charges sans les compenser. La diminution de l'augmentation (sic) de l'indexation des fonctionnaires en était une mais nous en proposerons d'autres ce samedi afin de financer ce qui s'apparente à une réelle priorité et sur laquelle j'avais déjà attiré l'attention de l'exécutif municipal (voir ici).

    A cet égard, on ne peut que s'étonner de l'attitude du Conseil administratif qui semble davantage s'intéresser à défendre le maintien de ses frais professionnels qu'à doter la Ville d'un budget. Et alors qu'on a constaté la faillite totale du contrôle interne dans l'affaire des notes de frais du Conseil administratif, on découvre aujourd'hui que celui-ci a également failli à sa mission pour surveiller celles des fonctionnaires municipaux. Est-ce ainsi trop demander au Conseil administratif que de veiller à la bonne gestion des deniers publics? Ainsi que de constituer une majorité autour de son budget? Manifestement oui. Fort de ce constat, le groupe municipal PLR a déjà proposé de renforcer le pouvoir du Contrôle financier (voir ici) et nous réclamerons encore de doter celui-ci de postes supplémentaires afin qu'il puisse mieux faire son travail.

    Le PLR Ville de Genève appelle les partis de la gauche municipale, et le Conseil administratif, à prendre leurs responsabilités afin de doter la municipalité d'un budget vu que son équilibre est actuellement en danger suite à au refus de compenser les nouvelles charges budgétaires. A défaut, ceux-ci auront à expliquer pourquoi des personnes devront dormir dehors durant l'année 2019 faute d'avoir jugé cette proposition prioritaire pour notre Ville.

  • Conseil administratif : un devoir d'exemplarité

    Lorsque vous ne rendez pas le détail de vos revenus dans les délais, la Gérance Immobilière Municipale (GIM) menace de vous résilier votre bail. Quand vous oubliez un détail dans un dossier de subvention, votre association voit sa demande rejetée. Pareil pour les fonctionnaires mis en retraite forcée dont certains ont eu pour seul crime de ne pas faire une demande de prolongation dans les délais. Les exemples qui voient le Conseil administratif être impitoyable avec le citoyen lambda ne manquent pas.

    Ainsi, alors que l'audit de la Cour des comptes (voir ici) a ouvert une crise politique majeure en Ville de Genève, il est plus que problématique de constater à quel point les règles les plus élémentaires de la bonne gestion et de la transparence ont été violées par le Conseil administratif. A plus forte raison lorsqu'on apprend qu'il a tout fait pour empêcher la Cour des comptes de faire son travail.

    A cet égard, il semble clair qu'il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Entre un magistrat en charge de l'aménagement (Rémy Pagani) qui prône la fin de la voiture au centre-ville mais se fait payer sa place de parking privée par le contribuable, une responsable des finances (Sandrine Salerno) qui n'a pas pris le temps de mettre à jour le règlement sur les notes de frais et omet de contrôler celles-ci ou encore un Guillaume Barazzone qui confond sa carte de crédit privée et professionnelle, force est de constater que c'est bel un bien un problème institutionnel auquel nous sommes confrontés.

    En avril 2015, je proposais ainsi de baisser les salaires du Conseil administratif de 20% (voir ici et ) au motif que le montant total de leurs revenus (frais professionnels compris) étaient supérieurs à ceux du Conseil d’État. En dehors du PLR Ville de Genève, l'ensemble des partis politiques avaient refusé cette proposition avec, en prime, une intéressante déclaration de Sami Kanaan qui affirmait que : «le diminuer affaiblira aussi la fonction de conseiller administratif face aux lobbies privés». Faut-il lui rappeler que si une telle affaire avait eu lieu dans le secteur privé, c'est un licenciement pur et simple qui guetterait les cinq membres du Conseil administratif? On ne peut ainsi pas réclamer un salaire aligné sur le privé quand on refuse ensuite d'appliquer les règles éthiques de celui-ci.

    En mars 2008, je demandais une forte restriction des voyages à l'étranger du Conseil administratif (voir ici) au motif que certains de ses membres abusaient du système et se rendaient dans des pays qui ne respectent pas les règles élémentaires de la démocratie et des droits de l'homme. Là-aussi, l'ensemble des partis politiques représentés au Conseil municipal avaient refusé cette demande. Est-ce à dire que la morale est à géométrie variable selon la couleur politique? Manifestement oui vu que certains ne trouvent rien à redire au récent voyage de Rémy Pagani au Nicaragua aux frais, là-encore, du contribuable.

    Ai-je eu raison trop tôt dans ces deux cas? Il semble que oui au vu de l'actualité. Mais une chose est sûre, je ne changerais pas mon fusil d'épaule au gré de la situation et je continuerais à défendre les valeurs qui ont toujours été les miennes. Notamment en réclamant que la totalité des notes de frais des années précédentes soient rendus publics afin de faire toute la lumière sur cette pratique aussi délétère que scandaleuse.

    Pour ma part, je souhaite rappeler que je ne suis pas responsable des erreurs des autres mais uniquement des miennes. Je ne dédouane ainsi personne dans cette triste affaire de frais professionnels mais, selon moi, il convient de faire la part des choses entre celui qui admet ses erreurs et ceux qui ne trouvent rien à redire à leurs tristes agissements. Car si on peut légitimement penser que celui qui se rend compte avoir fait faux ne recommencera pas, ce n'est pas le cas de ceux qui restent dans le déni de réalité en niant leurs errements.

    En cas d'élection au Conseil administratif, je prends ainsi l'engagement d'être extrêmement rigoureux avec mes notes de frais et de ne jamais rien dépenser qui ne relève pas strictement de l'action publique. De rendre des comptes en tout temps à la population et, surtout, de ne jamais confondre mon porte-monnaie privé avec celui du contribuable.

  • Frais professionnels du Conseil administratif : sans peur et sans vergogne

    Pour faire suite à l'audit de la Cour des comptes sur les frais professionnels du Conseil administratif, le PLR Ville de Genève souhaite faire part de sa plus vive désapprobation envers l'attitude des différents conseillers administratifs qui ont manifestement confondu leur porte-monnaie personnel avec celui du contribuable. Il est ainsi proprement scandaleux de voir que des dizaines de milliers de francs d'argent public ont été utilisés en frais de téléphonie, en bouteilles de champagne ou encore pour des trajets en taxi ne relevant pas de leur activité professionnelle.

    S'il est normal que des magistrats soient remboursés pour leurs frais de représentation, il ne l'est par contre pas qu'ils abusent de leurs fonctions afin d'en tirer avantage pour des dépenses personnelles dont le total cumulé représente, pour la seule année 2017, plus de 120'000 francs

    Alors que le Conseil administratif se fait le chantre d’une culture éthique exemplaire, il est navrant de constater qu'il a fallu une auto-saisine de la Cour des comptes pour mettre fin à des pratiques qu'on pensait révolues et qui vont à l'encontre de la bonne gestion des deniers publics. Nous attendons ainsi avec impatience la réaction de leurs partis politiques respectifs pour voir s'ils auront la même sévérité que celle dont ils font preuve sur d'autres affaires qui n'ont, jusqu'à preuve du contraire, pas coûté un seul franc d'argent public au contribuable.

    Lorsqu'on gagne plus de 250'000 francs par an, on a largement de quoi financer ses déplacements privés, ses repas personnels ou encore ses loisirs sans faire appel pour cela à l'argent public. Qui peut ainsi trouver normal un tel comportement? A plus forte raison lorsqu'on vient d'un parti dont le slogan est «pour toutes et tous sans privilèges», qu'on prétend défendre les classes populaires qui ont de la peine à boucler les fins de mois ou qu'on explique à la population qu'il faut se passer de sa voiture privée quand on passe en frais professionnels sa propre place de parking?

    Nous demandons ainsi que les conseillers administratifs concernés remboursent intégralement les sommes indûment dépensées tant il n'est pas possible de passer par pertes et profits de telles dépenses. Au besoin, nous proposerons de diminuer au prorata l'enveloppe salariale du Conseil administratif au budget 2019 afin que cet argent retourne dans les caisses publiques.

    Si le PLR Ville de Genève ne manquera ainsi pas de demander des comptes au Conseil administratif lors de la prochaine séance du Conseil municipal, notamment en lui demandant d'appliquer intégralement les recommandations de la Cour des comptes, il appelle le Conseil d’État à ouvrir une enquête disciplinaire contre les magistrats ayant confondu argent public et privé. Par ailleurs, au vu de la gravité des éléments soulevés par cet audit, nous réclamerons que la totalité de leurs dépenses en frais professionnels de ces dernières années soient rendues publiques.

  • Conseil administratif : les raisons d'une candidature

    Il y a maintenant une semaine, une très large majorité des membres du PLR Ville de Genève m'ont désigné afin de porter les couleurs de notre parti pour la prochaine élection au Conseil administratif. Je souhaite ici les remercier sincèrement pour leur confiance et les assurer que j'essayerais de m'en montrer digne. Ceci avec la même motivation que lorsque j'ai repris la présidence du parti municipal en juin 2015.

    Alors que le PLR n'est plus représenté au Conseil administratif depuis 2012, et l'élection de Pierre Maudet au Conseil d’État, il est aujourd'hui plus que temps pour notre parti de récupérer un siège à l'exécutif afin de pouvoir participer aux affaires de la cité.

    La raison n'est pas seulement politique. Elle est aussi institutionnelle. Aujourd'hui, l'équilibre politique voudrait que l'exécutif municipal comporte au moins deux sièges de droite afin d'être véritablement représentatif des forces en présence en Ville de Genève. Ce qui serait aussi un gage de meilleur fonctionnement de la municipalité par rapport à la présente législature municipale qui est pour le moins chahutée. Ceci en raison du déséquilibre total entre un Conseil administratif composé à 80% de magistrats de gauche et un Conseil municipal possédant une légère majorité à droite (43 sièges sur 80).

    L'arrivée d'un second élu de droite au sein de l'exécutif permettrait ainsi à notre Ville de retrouver un équilibre politique en adéquation avec celui du Conseil municipal. Ce serait alors le début de la fin des conflits car le Conseil administratif serait alors beaucoup plus représentatif des forces politiques en présence en Ville de Genève.

    Pour ma part, je souhaite montrer d'ici les prochaines élections que notre projet politique peut contribuer à améliorer la qualité de vie pour l'ensemble de nos concitoyens. Nous devons à la fois écouter la légitime volonté d'une majorité de la population de ne pas procéder à des coupes budgétaires intempestives, mais également ceux qui souhaitent voir une partie de l'argent public être mieux redistribué. Tant il n'est pas normal que ce soit toujours les mêmes qui profitent des subventions publiques.

    Pour étayer cet argument, on rappellera que le budget municipal n'était que de 978'543'374 francs en 2002, soit une augmentation de 250 millions de francs en 16 ans vu qu’il se monte à 1'228'408'191 francs pour le budget 2019. Le tout pour une population de 202'000 habitants. Est-ce que la qualité de vie est pour autant au rendez-vous pour chacun d'entre nous? Avons-nous vu notre cité s'embellir au vu des montants investis?

    En comparant l'évolution du budget municipal à celle de la population, on découvre qu'en 2003, on dépensait 5360 francs par habitant en Ville de Genève, ce montant atteignant 5802 francs en 2007. Celui-ci est ensuite passé à 5907 francs en 2012, avant de dépasser les 6000 francs et d'atteindre 6039 francs de dépenses par habitant en 2015.

    Aujourd’hui, nous en sommes à 6081 francs de dépenses prévisionnelles par habitants pour 2019. Vivons-nous pour autant mieux à Genève? La réponse est non. Nous ne devons cependant pas forcément dépenser moins mais dépenser mieux. Car si nous ne pouvons pas continuer à vivre à crédit (financier et écologique) sur le dos des générations futures, nous devons cependant garantir des prestations publiques suffisantes et répondre aux légitimes besoins culturels et sociaux de nos concitoyens.

    Dans les quelques 18 mois qui nous séparent des élections 2020, nous allons nous atteler à construire et proposer un projet politique afin d'améliorer les choses en Ville de Genève. Ceci dans la droite ligne de notre action au Conseil municipal et des différents retours que nous avons eu de nos concitoyens. N'hésitez donc pas à prendre contact si vous souhaitez faire part de vos préoccupations ainsi que de votre vision pour le futur de la Ville de Genève.

  • Budget municipal 2018 : mensonges et trahisons

    Alors que le MCG a renié l'ensemble de ses engagements envers ses alliés et ses électeurs, le PLR est resté fidèle à ses valeurs tout en écoutant la volonté de la population de ne pas procéder à des coupes budgétaires. Nous n'avons ainsi proposé aucune économie mais uniquement des réaffectations afin de mieux cibler les dépenses et améliorer les prestations à la population.

    Nous avons donc, sans succès, proposé d'augmenter la subvention du Grand-Théâtre dont l'équilibre financier est mis en péril par le retard dans le chantier de rénovation. Idem pour le soutien à une association active dans l'aide aux familles dont l'un des membres est gravement malade ou porteur de handicap qui n'a pas non plus trouvé grâce hier soir.

    Surtout, nous avons proposé la mise en place d'une rente-pont LPP pour les fonctionnaires municipaux injustement mis à la retraite de force à 62 ans. Et alors que le Conseil municipal a voté à l'unanimité une mesure permettant de continuer à travailler jusqu'à l'âge légal de la retraite en mars 2017, la nouvelle majorité de gauche MCG-PS-Ve-EàG a refusé de trouver une solution pour tous ceux qui ont été mis à la porte avant cette date.

    Un constat s'impose, cette majorité de bric et de broc a donc non seulement refusé d'améliorer les prestations à la population mais aussi d'aider les plus précarisés. Bref, cette victoire à la Pyrrhus est d'abord une défaite morale pour ces partis qui ont voté à l'encontre de leurs programmes. Le MCG en tête vu qu'il a voté le contraire de tout ce qu'il a fait et demandé jusqu'alors (voir ici).

    Sur la question des horodateurs, dont la somme de 8.5 millions a permis d'équilibrer le budget de la Ville de Genève, nous attendons de pied ferme la décision de l’État qui devra valider le budget et ne pourra décemment pas accepter que cette somme figure à la fois dans celui de la Ville et du canton. A croire que l'épisode de la votation municipale annulée n'a servi à rien.

    Enfin, tenant compte des propos de la conseillère administrative Sandrine Salerno qui affirme que la dette n'est plus un problème et que ce sont les comptes qui importent plutôt que le budget, nous avons proposé sans succès une baisse du centime additionnel afin d'alléger la pression fiscale sur nos concitoyens. Ceci pour redistribuer une partie de la richesse à ceux qui payent des impôts mais sans toucher aucunement aux prestations publiques au vu des derniers excédents comptables.

    Malgré la nouvelle donne politique, le PLR Ville de Genève continuera de se battre pour une municipalité moins dispendieuse et qui aide ceux qui en ont réellement besoin. Ceci sans a priori politique comme l'a fait la nouvelle majorité de gauche du Conseil municipal hier soir.

  • Grand Conseil : vision et perspectives pour Genève

    A l'occasion des élections cantonales, le journal Tout l'Immobilier m'a interviewé sur les raisons de ma candidature au Grand Conseil dans son édition du 19 mars. Si vous pouvez également en retrouver l'intégralité ici, je vous propose de prendre connaissance des points principaux ci-dessous :

    - Vous êtes depuis douze ans conseiller municipal de la Ville de Genève. Pourquoi vous présentez-vous au Grand Conseil?

    De par cette expérience politique au niveau communal, ainsi que ma formation de politologue, je pense avoir toutes les cartes en main pour pouvoir me rendre utile au niveau cantonal. Ceci même si ma fonction de Conseiller municipal me passionne encore plus qu'au premier jour et que quoi qu'il arrive, j'escompte continuer de m'impliquer pour améliorer les choses en Ville de Genève.

    - Vous plaidez toujours pour une gestion rigoureuse des finances publiques, mais quel grand projet, quel rêve avez-vous pour Genève?

    Si j'écoute ma raison, je dirais justement de cesser de vivre au détriment des générations futures par l'augmentation de la dette publique. Mais si j'écoute mon cœur, je dirais la construction d'une nouvelle patinoire pour le Genève-Servette Hockey Club (GSHC).

    - Quel est, à vos yeux, l’urgence numéro 1 à Genève?

    L'urgence numéro 1 est de proposer des solutions aux problèmes des Genevois. Parmi celles-ci, mettre fin à la hausse constante des primes d'assurance-maladie, permettre à l'ensemble de la population de se loger ou encore mettre fin à l'augmentation de la dette publique qui est un fardeau pour les générations futures. Ainsi que redonner du pouvoir d'achat à la population.

    - Le logement reste un casse-tête pour les Genevois. Que proposez-vous sur ce plan?

    La crise du logement résulte de l'inadéquation entre l'offre et la demande. Pour y répondre, il faut non seulement construire davantage mais aussi et surtout proposer des logements qui répondent aux besoins de l'ensemble de la population. Soit de la PPE, du loyer libre et pas uniquement du logement social, dont la classe moyenne est d'ailleurs exclue en raison des barèmes d'accès.

    A cet égard, je suis partisan d'une généralisation des Habitations Mixtes (HM) lors de la construction de logements par l’État. Avec ce système, le loyer est fixé selon la situation financière de chacun avec l'immense avantage de ne plus voir les baux des locataires résiliés lorsqu'ils voient leurs revenus dépasser un certain seuil. Ce faisant, nous pourrons créer de la mixité sociale tout en augmentant les revenus du parc locatif. Surtout, nous devons mettre fin au conflit stérile avec le secteur privé et travailler main dans la main avec lui pour résoudre le problème du logement. La facilitation de la transformation de bureaux en logements en est une.

    - Le Grand Genève suscite désormais beaucoup de méfiance : problème de transport, nombre de frontaliers, pression sur le prix des logements. Le Grand Genève est-il encore un objectif souhaitable?

    Il est non seulement souhaitable mais nécessaire car nous ne pouvons pas affronter ces défis de manière isolée. Nous devons au contraire renforcer notre collaboration pour relever ceux-ci. Par exemple en élargissant les coopérations dans les politiques publiques transfrontalières et, de manière plus concrète, en remettant sur le tapis la construction de P+R à la frontière.

    Si la libre-circulation a amené des externalités négatives que nous devons corriger à travers la mise en place de mesures d'accompagnements, je relève surtout qu'elle a permis à notre pays, comme à notre canton, de voir sa prospérité et sa richesse augmenter. L'absence de coopération avec nos voisins serait ainsi bien pire pour tout le monde car nous additionnerons nos problèmes plutôt que de tenter de les résoudre en commun.

    - A 33 ans, vous avez déjà une longue expérience politique. Qu’est-ce que votre engagement politique vous a apporté et que pensez-vous pouvoir encore apporter à votre canton?

    Tout d'abord une profonde connaissance de nos institutions et du monde politique. Et l'envie toujours plus grande de m'impliquer pour améliorer les choses à Genève. Je pense ainsi pouvoir apporter mon enthousiasme et ma capacité d'écoute pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés par la population genevoise.

    - Quels sont vos hobbies?

    Mon principal hobby est la lecture, principalement d'ouvrages traitant d'histoire, de politique ou de sociologie ainsi que de bandes dessinées. J'apprécie également les longues balades à pied et me rendre à la patinoire des Vernets en tant que fan assidu du Genève-Servette Hockey Club.

  • Budget municipal 2018 : un excédent en trompe l’œil

    Début septembre 2017, le Conseil administratif de la Ville de Genève présentait un budget déficitaire de 20 millions de francs. Suite au refus d'entrée en matière par le Conseil municipal, l'exécutif est revenu courant novembre 2017 avec un budget excédentaire de 261'000 francs. Preuve que la majorité du Conseil municipal, le PLR en tête, avait raison de renvoyer le premier projet de budget à l'expéditeur. En effet, il n'était pas de la responsabilité du Conseil municipal d'équilibrer le budget à la place du Conseil administratif.

    Si l'actuel projet de budget est meilleur que le précédent, il reste cependant inacceptable en l'état. En effet, son excédent n'est que de 261'000 francs pour un total de charges de 1'131'980'358 francs. On peut donc d'ores et déjà affirmer qu'il n'est que de façade vu qu'on sait déjà que les coûts engendrés par le retard dans le chantier du Grand-Théâtre, et le complément de subvention nécessaire pour son fonctionnement suite à l'absence de financement cantonal, se monteront à plusieurs millions.

    Par ailleurs, on ne peut qu'être surpris que pour parvenir à cet équilibre, le Conseil administratif a budgété des recettes fictives. Notamment celles des horodateurs de stationnement pour un montant de 8.5 millions, qui étaient jusqu'alors dévolues au canton, et dont rien ne dit qu'elles seront effectivement versées à la Ville de Genève vu qu'il y a conflit sur cette question. Il est ainsi regrettable que l'équilibre budgétaire ne soit atteint qu'à travers l'utilisation de tels artifices. A plus forte raison que la somme en question figure dans le budget cantonal 2018, sans avoir été remise en question par aucun parti politique, et ne saurait donc être à la fois dans le budget de la Ville et celui de l’État.

    Aujourd'hui, nous savons d'ores et déjà que le Grand-Théâtre de Genève doit recevoir un complément de budget suite au refus du Grand Conseil de voter la part cantonale mais aussi et surtout des frais engendrés par le retard du chantier de rénovation. Soit une somme avoisinant les 5 millions. Par ailleurs, suite au refus des économies budgétaires 2017 par la population, le Conseil administratif a la responsabilité d'intégrer cette somme dans le budget 2018 pour que ce vote ne soit pas totalement inutile. Comment allons-nous faire avec un excédent budgétaire de seulement 261'000 francs qui ne permet aucune marge de manœuvre? Car aujourd'hui, il y a une incertitude sur un montant d'une quinzaine de millions entre les nouvelles charges et les recettes non garanties.

    Pour mettre fin à cette incertitude, le Conseil municipal a voté une motion urgente (voir ici) rédigée par mes soins et qui demande une réactualisation du budget 2018. La balle est maintenant dans le camp du Conseil administratif pour proposer un budget équilibré respectant la volonté populaire. Car même si les économies proposées étaient indolores, nous nous devons de respecter le verdict des urnes tout en essayant de cesser de vivre à crédit sur les générations futures. En effet, entre une dette qui a augmenté de 100 millions de francs depuis 2010 et qui va encore s'alourdir de 21.8 millions en 2018, un budget dont les dépenses sont chaque année poussées à l'extrême-limite et qui ont augmentées de plus de 100 millions en 10 ans, force est de constater qu'on continue de faire vivre la municipalité au-dessus de ses moyens.

    Aujourd'hui, comme c'est le cas depuis le début de la législature, nous restons confrontés au refus constant de la majorité de gauche du Conseil administratif de discuter avec la majorité de droite du Conseil municipal. Alors même que ce n'est pas faute d'avoir essayé de notre côté, ceci en proposant de trouver un juste milieu entre les objectifs politiques de chacun.

    A cet égard, il convient de relever que la conseillère administrative en charge des finances, Sandrine Salerno, porte une lourde responsabilité sur les blocages actuels vu qu'elle n'arrive pas à faire passer les intérêts de la Ville de Genève avant ceux de son parti politique. Qui peut ainsi légitimement penser qu'elle saura faire au Conseil d’État ce qu'elle est incapable de faire au Conseil administratif de la Ville de Genève? Soit de négocier et d'accepter de forger un compromis avec un autre bord politique que le sien sachant qu'en plus, elle n'aura pas davantage de majorité dans le futur Grand Conseil qu'elle n'en a au Conseil municipal actuel.

    Alors que l'année 2018 est déjà bien entamée, un simple constat suffit pour voir que l'administration municipale a parfaitement fonctionné durant 2017 malgré ceux qui affirmaient que les 2.4 millions d'économies votées par le Conseil municipal mettraient en péril les prestations à la population.

    Une preuve de plus que le projet politique que nous défendons ne met aucunement en péril les prestations à la population et le bon fonctionnement de la municipalité. A contrario, c'est bien le Conseil administratif en général, et l'actuel maire de la Ville de Genève en particulier, qui nuisent à ce bon fonctionnement. Tout d'abord par leur attitude dans l'affaire de la votation municipale annulée et maintenant leur refus d'adapter le budget 2018 aux nouvelles réalités financières. Est-ce ainsi si difficile pour l'exécutif municipal et ses affidés de comprendre que notre culture politique est basée sur le dialogue et le consensus? Manifestement oui.

  • Fêtes de Genève : double non à l'épitaphe

    L’initiative visant à limiter les Fêtes à 7 jours, de même que le contre-projet qui en propose 11, ne permettent pas la viabilité future des Fêtes de Genève. Car si les déficits des deux années précédentes sont imputables à la mauvaise gestion de celles-ci, c’est d’abord leur diminution à 11 jours qui a causé la situation que l’on connaît aujourd’hui.

    Comment pouvons-nous ainsi croire que ce qui n'a pas marché jusqu'alors fonctionnera demain? La seule restriction de la temporalité des Fêtes à 11 jours a entraîné deux déficits budgétaires successifs alors même que les comptes étaient équilibrés jusqu'en 2015 sous l'ancienne formule. Ce qui prouve bien qu'elles peuvent être autonomes financièrement si on leur en donne les moyens.

    Chaque année, ce sont plus de 1,2 million de visiteurs, dont 350'000 pour le seul feu d'artifice, qui fréquentent ces Fêtes et occasionnent près de 130 millions de retombées économiques. Parmi eux, de nombreux genevois mais aussi un certain nombre de touristes qui font vivre le commerce local. Nous devons ainsi tirer leçons des succès, comme des erreurs, du passé afin de donner un avenir pérenne et viable aux Fêtes de Genève. Il est ainsi possible d'organiser une manifestation autofinancée qui amène des touristes et contente les Genevois.

    Que leur durée soit fixée à 7 jours (initiative) ou 11 (contre-projet), c'est le contribuable qui finira par passer à la caisse. Et à terme, les Fêtes de Genève disparaîtront. Est-ce cela que nous voulons pour notre Ville? Il convient au contraire de trouver des solutions pour l'avenir de celles-ci plutôt que de simplement les critiquer ou de constater qu'elles sentent la naphtaline.

    Entre une initiative qui veut réduire les Fêtes de Genève à 7 jours, et déplacer les forains sur la plaine de Plainpalais, et un contre-projet qui propose 11 jours. Le point commun est qu'aucune de ces deux propositions ne propose un véritable concept pour les Fêtes. Alors même que c'est le projet qui doit déterminer la durée et non le contraire. Lequel doit intégrer un seul et unique élément : rendre les Fêtes de Genève aux genevois.

    Dans cette votation, le PLR Ville de Genève est le seul parti à proposer un projet viable et autonome financièrement. En effet, sur le modèle de la fan zone de Plainpalais, nous proposons de procéder à un appel à projet afin de confier la gestion des Fêtes de Genève à un mandataire privé avec comme condition préalable qu'il ne coûte rien à la collectivité et respecte la tranquillité des riverains ainsi que les espaces verts. Le tout accompagné d’événements culturels et musicaux qui pourraient animer la rade durant la période estivale. Cela ne vaut-il pas la peine d'y réfléchir en y associant les associations, les milieux culturels locaux ainsi que les partisans d'une restriction à 7 jours?

    Nous pouvons ainsi prendre le temps de construire un magnifique projet pour autant qu'on donne à celui-ci la possibilité d'exister. Et il sera toujours temps de revoter dans le futur si le nouveau concept ne plaît pas davantage à la population. Mais alors en connaissance de cause.

    Le 4 mars 2018, nous avons une chance unique de nous donner la possibilité de repenser de fond en comble le concept des Fêtes de Genève afin de rendre celles-ci à la population genevoise. Il convient donc de voter 2xNON, à l'initiative comme au contre-projet, afin de permettre aux acteurs publics, culturels et associatifs de trouver un nouveau concept digne de la cité. Soit d'organiser une manifestation autofinancée qui amène des touristes et contente les Genevois.

  • Référendums budgétaires 2017 : à votation obsolète, campagne inutile

    La campagne pour les votations municipales du 4 mars 2018 va bientôt débuter et les électeurs de la Ville de Genève vont avoir la chance de s’exprimer en 2018 sur le budget municipal de…2017. La faute à l’actuel maire de Genève Rémy Pagani dont les actes inconsidérés ont abouti à l’annulation de la votation populaire de septembre 2017. Ce vote sera ainsi avant tout symbolique vu qu’il n’aura aucun effet concret sur le budget 2018.

    Alors que les référendaires, le maire Rémy Pagani en tête, affirmaient que les économies votées par le Conseil Municipal allaient mettre en péril le bon fonctionnement de la municipalité, on ne peut que constater que les économies votées par le Conseil municipal ont été appliquées sur la totalité de l’année 2017 sans aucune conséquence néfaste pour la population. Preuve que celles-ci étaient indolores pour les prestations publiques. Avons-nous ainsi vu des bibliothèques ou des musées fermés ? Des préaux d’école ne plus pouvoir être nettoyés? Des organismes subventionnés ne pas pouvoir fonctionner ou encore une administration municipale en «shutdown»? Bien sûr que non. Ce qui montre bien qu’à l’épreuve des faits, le discours des référendaires ne tient pas.

    La seule question qui se pose aujourd’hui est de savoir si cette votation pourtant sur le budget 2017 a une utilité sachant que nous sommes en 2018. Pour notre part, la réponse est clairement non. Il convient au contraire de se concentrer sur les enjeux futurs pour notre municipalité. Pour cette raison, le PLR Ville de Genève ne fera pas campagne sur les référendums budgétaires, qui sont de facto obsolètes et dépassés, et se concentrera sur la votation municipale touchant les Fêtes de Genève qui représente un véritable enjeu pour l’avenir. Il laissera ainsi les partis de l’Alternative faire campagne sur le passé et expliquer à la population en quoi le zèle d’un de leur membre, ainsi que du Conseil administratif, a empêché que le vote ait lieu en 2017.

    Surtout, en cas d’acceptation des référendums budgétaires par la population, il sera de la responsabilité du Conseil administratif de réintégrer ces sommes dans le budget 2018 pour que les électeurs n’aient pas l’impression d’être dépourvu de leurs droits politiques une nouvelle fois. Nous invitons ainsi d’ores et déjà l’exécutif, et les partis de l’Alternative, à annoncer quelles économies seront faites afin d’intégrer ces potentielles nouvelles dépenses au budget 2018 vu que chaque nouvelle charge doit être financée par une économique équivalente. Et que l’actuel boni de 260'000 francs est insuffisant pour absorber 2.4 millions de charges supplémentaires.

    Ainsi, et comme chaque année depuis 2015, le PLR Ville de Genève réitère son appel à la discussion au Conseil administratif afin de pouvoir doter la municipalité d’un budget 2018 acceptable. Car si les référendums portent sur le budget 2017, c’est bien le budget 2018 qui importe aujourd’hui.